Roland, Yves SEVENOU
Matricule : 1043C39   
Spécialité : Radio   Dernier grade : Quartier-maître de 1ère classe
25 janvier 1921 BLOSSEVILLE-BONSECOURS (76)
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Etats de service...

Dates Evénements
- 1939 -
21/07/
5ÈME DÉPÔT TOULON - Embarquement
24/07/
Engagé volontaire 3 ans
27/07/
Incorporé après 18 mois de navigation au long-cours dans la marine marchande
05/09/
OCÉAN - Embarquement
01/10/
École des TSF
- 1940 -
01/04/
Radio
01/04/
École d'écoute
01/05/
CENTRE DES SOUS-MARINS (à) TOULON - Embarquement
31/05/
Certificat d'écouteur de bord
07/06/
KERSAINT - Embarquement
20/07/
GERFAUT - Embarquement
15/10/
LE TERRIBLE - Embarquement
- 1942 -
01/01/
Quartier-maître de 2ème classe
- 1945 -
01/01/
Quartier-maître de 1ère classe
01/03/
5ÈME DÉPÔT TOULON - Embarquement
28/08/
Démobilisé


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« Quand mon père était marin... » par Jacques OMNÈS
« Quand mon père était marin... »
         


Photographies, numérisations, etc.

© 2006-2018 ALAMER © 2006-2018 ALAMER
Ensemble de papiers d'identité (Roland SEVENOU)




Décorations...

  Médaille militaire
  Médaille commémorative de la campagne d'Italie 1943-1944 Médaille commémorative de la campagne d'Italie
  Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 Avec barrettes FRANCE, MÉDITERRANÉE et LIBERATION


@2603

Les événements sur le front méditerranéen du 06 Août 1944 au 27 Août 1944

Auteur Fiancée et future épouse de Roland SEVENOU le 18 novembre 2006

Dimanche 06 Août 1944


• Alerte de 07H10 à 08H30 sans tir de DCA
• Alerte de 09H30 à 12H20 sans DCA
• Alerte à 13H00, bombardement de LA SEYNE SUR MER à 1304 : 27 maisons démolies aux quartiers Peyron, avenue Gambetta et route de la Gare, 3 blessés
• Alerte de 18H00 à 19H30 sans DCA

Lundi 07 Août 1944


• Alerte de 08H15 à 09H50 avec violent tir de DCA
• Alerte de 10H00 à 11H15 avec violent tir de DCA
• Alerte de 17H55 à 18H10 avec violent tir de DCA

Mardi 08 Août 1944


• Alerte de 09H05 à 09H55 avec DCA
• Alerte de 10H30 à 10H45 avec DCA
• Alerte de 10H55 à 11H10 sans DCA
• Alerte de 17H35 à 17H45 avec DCA
• Alerte de 18H20 à 18H30 sans DCA

Mercredi 09 Août 1944


• Rien à signaler, temps bouché avec pluie

Jeudi 10 Août 1944


• Rien à signaler, temps bouché violent orage

Vendredi 11 Août


• Alerte de 11H40 à 11H50 sans DCA
• Alerte de 12H25 à 12H55 sans DCA
• Alerte de 17H45 à 17H54 avec DCA
• Alerte de 18H00 à 19H25 avec DCA et bombardement des forts de la presqu'île de SAINT-MANDRIER en formation serrée

Samedi 12 Août 1944


• Alerte de 09H35 à 12H35 avec bombardement en formation serrée des forts de SAINT-MANDRIER avec violente réaction de la DCA
• Alerte de 15H45 à 16H45 avec bombardement en formation serrée des forts et batteries de SAINT-MANDRIER avec violent réaction de la DCA
• Alerte de 18H05 à 19H25 sans bombardement – réaction de la DCA

Dimanche 13 Août 1944


• Alerte de 07H10 à 08H05 avec bombardement des forts de la côte et en particulier SAINT-MANDRIER avec violente réaction de la DCA
• Alerte de 09H30 à 11H30 même bombardement que précédemment avec même violente réaction de la DCA
• Alerte de 12H25 à 14H30 tir de la DCA pas de bombardement

Lundi 14 Août 1944


• Alerte de 09H35 à 11H30 sans bombardement et peu de DCA
• Alerte de 15H55 à 17H30 sans bombardement et pas de DCA
• Alerte de 22H20 à 23H40 sans bombardement pas de DCA

Mardi 15 Août 1944


• Alerte de 04H05 à 04H45 avec tir de DCA sans bombardement
• Alerte de 06H55 à 07H05 – rien à signaler
• Alerte de 07H10 à 07H40 – rien à signaler
• Alerte de 13H50 à 17H50 – rien à signaler
• Alerte de 19H55 à 22H40 sans bombardement violente réaction de la DCA

Ce jour nous avons appris le débarquement des troupes alliées à 04H00 sur la côte méditerranéenne, entre NICE et TOULON. A 10 km de CANNES, parachutistes, SAINT-RAPHAËL. Prise de l'aérodrome. Tentative échouée à Borme. Prise des îles d'HYÈRES. Débarquement à la Capte et aux Salines d'HYÈRES.

Mercredi 16 Août 1944


• Alerte toute la journée
• Bombardement des forts de la côte
• Électricité coupée à 09H20
• Plus de TSF
• Très violent bombardement des forts et batteries de SAINT-MANDRIER à plusieurs reprises au cours de la journée
• Le débarquement à Bormes le Lavandou a réussi

Jeudi 17 Août 1944


Toute la journée bombardement de la presqu'île de SAINT-MANDRIER par petite formation en piqué. Les quais et les installations portuaires des Forges et Chantiers de LA SEYNE, minés depuis quelques temps ont explosé. Deux gros incendies se sont déclarés – Même vandalisme pour les maisons environnantes qui sont plus ou moins détruites. Il en est de même de toutes les installations portuaires de TOULON.

Vendredi 18 Août 1944


Alerte toute la journée avec un terrible bombardement en piqué des forts de SAINT-MANDRIER, très violent tir de la DCA, les installations portuaires de LA SEYNE et de TOULON ont continué à sauter – une grosse grue des Forges et chantiers a sauté. Malgré plusieurs tentatives un ponton grue et le pont-levis des Forges et chantiers n'ont pu sauter.

« COMMUNIQUE INTERRALLIE DE 12H00 »
Le front s'établit comme suit, les troupes alliées sont à 10 km de CANNES et à moins de 15 km de TOULON. Elles tiennent bien en main les villes suivantes : SAINT-RAPAHAËL, SAINTE-MAXIME, CAVALAIRE et BORMES. La tête de pont atteint une profondeur de 40 km et les pointes avancées se trouvent dans les environs des villes suivantes qui sont aux mains des alliées : COLLOBRIÈRE, LE LUC, DRAGUIGNAN, les renforts ne cessent d'arriver et les Alliés ont fait 7.000 prisonniers dont un général et son état major._

Samedi 19 Août 2006


Toute la journée bombardement des forts et batteries de SAINT-MANDRIER en piqué avec très violente réaction de la DCA – Gros incendies à l'atelier des torpilles du Mourillon qui dure toute la nuit. Au cours de la nuit quelques tirs de la marine, fusées éclairantes et projecteurs sur la mer.

_PAROLE_COMMUNIQUE INTERRALLIE DE 12H00
Les troupes alliées continuent à évacuer sur tous les fronts et la tête de pont s'enfonce de plus en plus à l'intérieur. La 7è armée américaine venant de HYÈRES est arrivée au Nord et au Sud de SOLLIÈS-PONT, ne se trouve plus qu'a 9 km de TOULON. Les alliés sont à l'est et au sud-est de DRAGUIGNAN qu'ils ont dépassé de 3 kilomètres. SALERNES est occupée, BRIGNOLES également et les points avancés se trouvent à 8 km de ces dernières villes s'avançant dans les directions d'AIX et de MARSEILLE dont elles ne se trouvent plus qu'à environ 53 km. LA ROQUEBRUSSANNE est également aux mains des alliés Un général a été fait prisonnier pendant qu'il se terrait dans une tranchée croyant échapper aux obus des blindés qui avançaient. Le général et son état-major faits prisonniers et mentionnés dans le communiqué de la veille ont été pris à DRAGUIGNAN. Il a déclaré ne rien connaître de la situation. La superficie occupée par les alliés atteint actuellement mille nautiques. Les allemands s'étant servi de batteries se trouvant à bord des navires ancrés dans le port de TOULON, ces derniers ont été attaqués par des bombardiers en piqué qui ont coulé le cuirassé Strasbourg, un croiseur et un sous-marin._

Dimanche 20 Août 2006


• Depuis 0710 tirs de mer sur les forts et batterie de SAINT-MANDRIER. Tir de mitrailleuses. Bombardement en piqué de SAINT-MANDRIER. Un avion règle le tir des pièces marines
• À 14H30 un avion touché par la DCA est tombé au quartier des Nouissèquen, campagne Gattanée. Un parachutiste est tombé en mer en face du jardin de la ville. Deux autres parachutistes sont tombés au quartier Brégaillon
• De 15H00 à 16H30 trêve, aucun tir
• La canonnade reprend à 16 30 sur SAINT-MANDRIER, SAINT-KIME, FABREGAS. L'avion régleur de tir survole toujours la ligne des forts de TOULON LA SEYNE
• De 17H55 à 18H10 le tir reprend sur le fort de TOULON Peyras
• De 18H10 à 18H30 aucun tir
• À 18H30 roulement continu du canon

_PAROLE_COMMUNIQUE INTERRALLIE DE 12H00
Les forces alliées avancent rapidement vers l'ouest en un vaste mouvement enveloppant en direction de MARSEILLE dont elles ne se trouvent plus qu'à 30 km. À l'ouest des villes de BARJOLS et SIAN occupées par les troupes américaines. SAINTE-MAXIME a été prise par les français. Villes libérées : CASTELLANE, LA BASTIDE et GRASSE. Trois colonnes convergent sur TOULON, dont le siége est commencé depuis ce matin, 10.000 prisonniers et 800 alliés perdus. Neuf porte-avions croiseur au large et les bombardiers attaquent sans répit les voies de communication et les nœuds ferroviaires de TOULON._

Lundi 21 Août


• À 01H55 terrible explosion au dépôt de munitions de Milhaud
• De 06H40 à 07H20 explosions successives aux ateliers des torpilles et autres installations portuaires du port de TOULON
• À 08H10 une attaque en piqué sur SAINT-MANDRIER avec DCA petit calibre. Temps aux ¾ bouché avec fort vent d'ouest, tirs au canon à 14H50 du fort du Peyras et tir de mitrailleuses au nord de LA SEYNE
• En ville et au quartier Col d'Artaud tirs au revolver et à la mitraillette entre FFI et patrouilles allemandes
• À 18H25 DCA au passage d'un avion de reconnaissance
• Le fort du Cap Brun tire au nord de TOULON
• À 19H45 patrouilles de FFI en ville
• Le poste de police de LA SEYNE a été attaqué à 18H00 par 40 allemands venus délivrer trois des leurs arrêtés le matin. Après quelques instants de lutte les allemands ont lancé des grenades à main qui ont communiqué le feu dans tout le commissariat. 3 policiers dont un inspecteur ont été fusillés
• Toute la soirée explosions, tir au canon et à la mitrailleuse, les munitions entreposées à Notre Dame du Mai ont sauté toute la nuit

_PAROLE_COMMUNIQUE INTERRALLIE DE 12H00
Les troupes alliées sont à moins de 5 km de TOULON, encerclé. Elles s'avancent progressivement malgré une vive résistance de l'ennemi. Des unités navales ont bombardé pendant la journée d'hier les positions fortifiées. La 7ème armée américaine continue sa rapide avance vers l'ouest. La vallée de la DURANCE a été traversée à PEYROLLEE. Les forces alliées se trouvent bien au delà de l'ouest de la route, la ville de PERTUIN été occupée par nos troupes en coopération avec les FFI, Aix-en-provence est entre nos mains. De nombreuses villes ont été libérées, mais devant l'avance rapide de nos armées il est impossible de les situer toutes afin de ne pas renseigner l'ennemi. Le nombre de prisonniers s'élève à l'heure actuelle à 14 000. La ville d'HYÈRES est enfin libérée par les troupes françaises en tête. Le mouvement enveloppant au nord de MARSEILLE et TOULON se déroule rapidement et les armées sont à moins de 70 km du RHÔNE. Bientôt nous entrerons dans les régions entièrement aux mains des FFI, CANNES est encerclée et les troupes de l'est avancent sur la route de GRENOBLE._

Mardi 22 Août 1944


• Terrible explosions à 0015 aux batteries du jardin de la ville à LA SEYNE
• Tirs au canon toute la nuit au nord de TOULON
• À 05H25, 06H45 et 07H15 grosses explosions à l'arsenal du Mourillon
• À partir de 09H00 canonnades au nord et nord est de TOULON
• À 10H15 tirs sur l'entrée de TOULON, Escaillon, Pont du lac et sur le fort de Malbousquet qui a sauté à 19H00
• Le fort Sainte Marguerite qui tirait depuis le matin sur l'entrée est de TOULON (la Valette et benolieu) a été pris à parti par la marine alliée
• A 20H00 le fort Napoléon tire sur le PC des FFI
• Les obus font de très grands écarts et un de ceux-ci a mis le feu sur la Crète du quartier GAVET, tous les bois brûlent toute la nuit
• Le PC des FFI a été précipitamment évacué
• Vastes incendies sur toute l'étendue des collines du Maron à Ollioules

Mercredi 23 Août 1944


• Toute la nuit la canonnade a retenti sur TOULON et LA SEYNE, elle continue ce matin
• Le fort Ste marguerite qui a tiré toute la nuit saute, ce matin vers 07H00
• La canonnade continue toute la journée
• Le fort de SIX-FOURS a été attaqué par obus marine vers 15H30
• À l'entrée de TOULON tir à la mitrailleuse toute l'après-midi
• Vu les tirs incessants de toute la journée et des obus ayant tués 2 personnes et 1 blessé au Col d'Artaud, nous avons jugé bon de coucher à proximité de l'abri
• Très mauvaise nuit pour tout le monde
• SANARY a été prise par les troupes noires et le maquis
• 8 allemands de la batterie du PÊLE-MÊLE sont venus se constituer prisonniers à la mairie de LA SEYNE

Jeudi 24 Août 1944


• Tir au canon depuis la nuit.
• Après une violente canonnade le fort Lamalgue s'est tu vers 16H00
• Le fort de Sainte-Catherine qui continue à tirer est pris à parti par l'artillerie alliée. Il s'est tu à 17H25
• À partir de 18H15 les FFI établissent leur quartier général au collège. Plus aucun bruit calme absolu
• À 19H35 la croix des signaux de SAINT-MANDRIER est attaqué en piqué par les avions alliés
• À partir de 17H00 le commandement allié donne l'ordre à la population Seynoise d'évacuer la ville pour l'entrée des troupes
• À 14H10 des sénégalais sont arrivés à l'avenue Gambetta et ont inspecté la batterie du jardin de la ville, ils sont repartis vers OLLIOULES dans leur auto découverte

Vendredi 25 Août 1944


• De 04H00 à 05H00 du matin, tous les quart d'heure le fort Napoléon a été pris sous le feu des canons du large
• De 09H40 à 10H00 les batteries de BREGAILLON sont canonnées et réduites au silence (en partie)
• Les forts de Malbousquet, Sainte-Catherine sont encore sous le feu des canons de 12H30 à 17H30
• À 13H20 un obus est tombé sur la mairie, bâtiment des travaux, causant d'importants dégâts matériels
• La canonnade continue sur les forts restant en action
• La croix des signaux, les batteries du lazaret haut, Marignan ont été violemment pilonnée et réduites au silence
• Divers incendies sont visibles pendant la nuit sur SAINT-ELME, à l'est au port marchand et dans le fort LAMALGUE, à la GARONNE, la COLLE NOIRE

_PAROLE_COMMUNIQUE DU 25 AOÛT À 12H00
Les fronts s'établissent à l'ouest sur une ligne passant par MARSEILLE, SALON, ARLES, AVIGNON. Les forces alliées approchent de LYON. À l'est elles se trouvent dans la région du lac de Genève. Le nombre des prisonniers s'élève à 20 000. Dans MARSEILLE libérée seul le quartier du port résiste encore. L'investissement du port de TOULON et de sa région est presque terminé, OLLIOULES et SANARY sont aux mains des alliés._

Samedi 26 Août 1944


• Nuit calme, 2 fortes explosions à 04H30 et 06H45, 2 avions de reconnaissance se promènent très bas sur la ligne des forts qui ne réagissent plus
• À 09H00 le fort de SIX-FOURS s'est rendu
• À 09H30 la batterie du jardin de la ville s'est rendue. Depuis 10H00 les tirs sont réglés sur les SABLETTES
• Les troupes alliées sont entrées à SIX-FOURS à 10H00 elles font le tour des forts afin de se rendre compte qu'il n'existe plus aucune troupe encadrée. Les troupes alliées sont entrées à LA SEYNE à 16H00 et sont parties à l'attaque du fort Napoléon qui est le dernier bastion de la défense de la ville
• À 13H30 la batterie de Brégaillon brûle après s'être sabordée
• À TOULON les câbles des sous-marins brûlent formant un immense brasier. À 13H40 canonnade nourrie venant du large en direction de l'est de TOULON qui s'est poursuivie jusqu'à l'aube
• Explosion sur SAINT-MANDRIER à 17H00 à la Croix des signaux
• Le fort Napoléon s'est rendu à 17H30. Le feu commence à le ravager
• Toute la nuit feux et explosions des munitions. Plusieurs autres incendies se voient au loin et durent toute la nuit

Dimanche 27 Août 1944


• Depuis 09H00 tirs au canon par la marine sur les batteries qui résistent encore dans la presqu'île de SAINT-MANDRIER, un avion règle le tir
• C'est la fin de la bataille des forts occupés par les allemands et la libération de la place forte de TOULON
@327

Extraits de l'agenda de l'année 1944

Auteur Roland SEVENOU le 1944

Mars 1944


Faisons route dessus.

21h45 Ouvrons le feu. Coups au but sur un destroyer allemand qui explose.

22h05 Coup au but sur 2ème destroyer. Marchons à 39 nœuds. Nous tirons de toutes nos pièces.

22h15 Un destroyer flambe.

22h16 Faisons route à 33 nœuds sur le convoi. Lançons torpille. Bateau marchand de 8 000 tonnes à peu près coulé. Nous tirons avec les 40 sur un petit bateau. Résultat définitif : 2 bateaux marchands, 2 destroyers allemands, 1 vedette lance torpille coulés.

Lorsque nous sommes arrivés sur le convoi, après avoir ouvert le feu, les deux destroyers ennemis ont voulu s'enfuir. Nous les avons pris en chasse et c'est sur un champ de mines que le combat a commencé. Les allemands ont ouvert le feu mais rien ne nous a touché. Après avoir exterminé le convoi, nous faisons route vers notre base à une vitesse moyenne de 30 nœuds.

Le combat a eu lieu dans le 44°22N et 014°20E.

Samedi 18 Mars (St Alexandre)


37°25 de lat 020°52 de long

Le matin préparatifs pour partir. Appareillage retardé : nous avons fait un trou dans la coque à l'avant. L'avarie est vite réparée.

Appareillage. Nous faisons un raid devant la ville grecque d'Arcadia. Nous tombons sur un convoi de 5 bateaux nous en coulons 4 et le 5ème probablement. Nous passons à 20 mètres d'un bateau à essence qui nous explose au nez. Pendant une petite minute on se tire dessus à bout portant. Nous sommes touchés à trois endroits : aux poulaines équipage, dans un radeau sous la passerelle et à la pièce II plusieurs trous causés par des éclats (porte des fourriers, croisillons cheminée etc...)

Nous avons 1 blessé grave. Une fois le combat terminé nous partons à 36–37 nœuds direction Malte.

Arrivons à Malte vers 15H00. En mettant notre vedette à l'eau, elle reste suspendue par l'avant, tandis que l'arrière tombe à l'eau. Nous accostons LE FANTASQUE qui lui a deux blessés graves. Il est moins touché que nous ;

L'après midi : repos. Permissionnaires par bâbord. Rentrée à 23 heures.

Gardons une veille(153) Quart de 02 à 04 RAS

Vendredi 16 Juin 1944


Arrivons vers 11h à Manfredonia. Vers 14 ou 15h appareillage. Nous allons faire un raid dans le golfe de Quaméro à côté de Fiume.

Poste de combat réel à minuit 45. Cinq bateaux en vue. Nous faisons 3 ou 4 passes et coulons 2 vedettes et 2 cargos. Le 5ème s'est tiré !

Retour du combat à 34 nœuds. J'ai pris des photos.

Nous étions avec LE FANTASQUE. Les vedettes et les cargos nous ont tiré dessus avec des mitrailleuses et des canons d'assez beau calibre. Le combat a duré environ 30 minutes et s'est déroulé à la position suivante : 44°50N et 014°08E.

Nous n'avons aucun blessé et aucune éraflure. Le combat s'appelle le combat de l'Arsa, car il s'est passé à côté du canal de l'Arsa dans le golfe de Quaméro. Le 1er coup de canon fut tiré à 23h GMT.

Samedi 17 Jjuin 1944


Arrivons à Tarente vers 20H00 ; faisons le mazout et restons à quai.

Dimanche 13 Août 1944


Branle-bas à 5h00. Appareillage à 6h00. Nous allons en rade.

Appareillage avec LE MALIN et LE FANTASQUE à 11h30. Nous rencontrons le GEORGES LEYGUES, le Mont….. 3 cuirassés américains : TEXAS, NEVADA, PHILADELPHIE.

Vitesse minimum 10 nœuds. Nous sommes tous escortés avec 6 destroyers. Route à l'Ouest. Mer bonne.

C'est le grand coup qui se prépare.

Lundi 14 Août 1944


Le matin nous rencontrons une autre force alliée. Nous dépassons un grand convoi. Le temps est calme. Nous marchons doucement. Dans l'autre escadre se trouvent l'ÉMILE BERTIN et le DUGUAY-TROUIN.

L'après midi, nous passons au large de la Sardaigne.

Le soir nous passons devant la Corse. Vers 20H00 nous mettons au poste de combat puis au poste d'alerte.

Jeudi 17 Août 1944


Nous faisons route sur la Corse. Nous escortons le TEXAS jusqu'à l'intérieur du Cap de Bonifacio, puis nous le laissons partir seul. Nous faisons demi-tour et nous allons mouiller dans le port de Propriano. Nous sommes une dizaine de bateaux français et américains. Nous restons sous les feux. Le port de Propriano est très petit, il se trouve un peu au nord de Sartène.

Vendredi 18 Août 1944


Cette nuit, nous appareillons à 1h30 avec le FATQ pour chasser les sous-marins ennemis signalés devant la baie.

Lundi 25 Décembre 1944


Le matin, préparatifs d'appareillage.

Appareillage à 13 heures. Exercices de tir et évolution.

En nous ralliant, LE MALIN nous rentre dedans. 8 morts à bord du LE TERRIBLE. Nous n'avons pas coulé grâce aux cloisonnements étanches. Une chaudière a explosé. Parmi les 8 se trouvent 5 permissionnaires du LE FANTASQUE et 3 de chez nous : DESIVART, DEVRAIN, ROUSSELET.

Nous rentrons à Naples à très petite vitesse : 5 nœuds. Tout le pont du milieu est arraché, plus de cheminée, la pièce 3 est déplacée, le poste arrière n'existe plus, la coque est crevée.

25 Décembre 1944 jour triste mais jour de fête


Le matin branle-bas à 08H00. Nous trouvons toutes les chaussures blanchies à la chaux ainsi que tables et glaces.

Vers 09 heures, messe à bord par un aumônier français, dans le poste 3 ; j'y vais ainsi que plusieurs camarades.

À 10 heures nous allumons car nous devons appareiller pour Toulon.

À midi, les permissionnaires rentrent de terre et nous mangeons. Quelques-uns sont encore gais et légèrement émus par la boisson.

À 13 heures appareillage avec LE MALIN. Nous faisons exercice de DCA et d'évolution à 25 noeuds.

À 05h35 exactement LE MALIN nous aborde à la hauteur des 40 bâbord. Les munitions explosent enlevant les 40 et un cône de torpille. LE MALIN pénètre plus profondément déchirant la coque bâbord, une chaudière arrière explose arrachant le pont milieu et la cheminée.

Par l'explosion, l'avant du LE MALIN se casse et s'engloutit dans l'eau emportant avec lui une centaine de marins et communiquant le feu dans l'intérieur du bateau.

Quand le choc a eu lieu j'étais dans le poste 4 en train de manger. LE TERRIBLE a pris une gîte formidable le renversant presque. Nous sommes montés rapidement sur le pont malgré la grande difficulté que nous avions eu à sortir du poste 4 à cause de la porte qui s'était fermée.

En arrivant sur le pont nous avons préparé les radeaux car le bateau gardait une forte gîte et donnait l'impression qu'il allait sombrer. Le temps est assez houleux et le vent fort de l'ouest.

Nous sommes tous sur bâbord pour aider un peu à rétablir la gîte. Tout à bord est dans un grand désordre du à la déflagration.

Le vent souffle de tribord et quelques embruns embarquent par le pont milieu.

L'équipe de sécurité et l'infirmier recherchent les blessés qui après déblaiement sont au nombre de 5 et 9 morts dont 5 subsistants du LE FANTASQUE qui devaient aller en permission en arrivant à Toulon.

Nous arrivons à rétablir l'équilibre et nous pouvons retourner dans les postes.

LE MALIN a réussi à éteindre l'incendie de son avant ?

Nous regagnons Naples à une petite vitesse de 4 nœuds ce qui est un maximum car il n'y a presque plus d'eau pour la chaudière. LE MALIN est resté derrière nous et rejoins également le même port. Le résultat du choc sera sans doute effrayant.

Mardi 26 Décembre 1944


Arrivons à Naples vers 08 heures. Aussitôt nous faisons l'appel : il en manque 8. Les corps sont mis en bière et expédiés au cimetière. LE MALIN doit arriver cette nuit. Nous déblayons le pont milieu. Les américains nous aident ainsi que des soldats français du Maroc. 2 blessés de chez nous vont à l'hôpital (TINET et BRULE).

Le soir j'écris à la maison à Louis et Guieu.

Mercredi 27 Décembre 1944


Je suis de garde pour la surveillance des corps, je pars à 08 heures. À 15 heures, cérémonie au cimetière. LE MALIN n'a aucun rescapé : il totalise 62 morts. Ce qui fait 70 en tout et 6 blessés.

Je reviens du cimetière vers 17 heures. Nous avons changé de quart et nous devons aller demain au bassin.

Jeudi 28 Décembre 1944


Ce matin débarquement du reste des munitions. Vers midi le GEORGES LEYGUES et la JEANNE D'ARC arrivent. L'amiral RONARC'H vient à bord et nous fait un petit discours disant que :

« Nous serions rapidement réparés et que nous effacerons cette page de deuil sur le livre de gloire de la division. »

Vers 17 heures nous entrons en cale sèche.

Le soir RAS
@324

Extraits de l'agenda de l'année 1943

Auteur Roland SEVENOU le 1943

Mardi 13 Juillet 1943


Vers 10H00 on allume. Le soir vers 15H30 appareillage pour Fort de France avec une douzaine d'officiers. Nous marchons 30 nœuds. La nuit poste de combat. C'est un bateau marchand qui est seul. C'est un ami. RAS.

Mercredi 14 Juillet 1943


Arrivée à la Martinique vers 08H30. Mouillage en rade de Fort de France à 09H30. il pleut continuellement. Le BÉARN est échoué, le BERTUS en cale sèche, le BARFEAUR à quai. Sept pétroliers et plusieurs bateaux marchands sont mouillés ou à quai. Bon accueil de la part des indigènes. Nous restons sous les feux. Le soir à 22H00 nous appareillons pour la Guadeloupe. La nuit, RAS.

Vendredi 13 Août 1943


Passé Gibraltar ce matin vers 04H00. Rencontré grand convoi vers 08H30. Le temps est maintenant très calme. Nous marchons 28 nœuds. Arrivons à Oran vers midi. De nombreux bateaux de commerce sont amarrés dans le port et à Mers el-Kébir. Grand nettoyage : GIRAUD doit venir à bord. Permissionnaire par Bb. A terre il y a beaucoup d'américains.

Samedi 14 Août 1943


Le matin branle-bas à 06H30. Pas d'inspection : GIRAUD ne vient pas à bord comme prévu. Permissionnaire de 14H00 à 18H00. J'apprends que Louis est à Casablanca. René et moi nous faisons une promenade à Oran car les cafés sont fermés jusqu'à 05H00 du soir. Nous rentrons bien sages à 06H00. À 07H30 à peu près appareillage pour Alger. Quart par bordée; je suis de 23 à 05. J'écris à Louis.

Dimanche 15 Août 1943


Deux gros cuirassés anglais. L'après midi grand poste de lavage. Le soir permissionnaire pour Bb

Lundi 16 Août 1943


Le matin pdb. L'après midi travail. Le soir je ne peux pas sortir : je suis consigné à cause d'une prise de bec hier soir avec le s/m timonier. Ainsi le soir René sort seul car Maurice n'est pas sorti. La rentrée des permissionnaires est à 21H00 du soir et je n'ai rien perdu de rester à bord. LE FANTASQUE rentre.

Mardi 17 Août 1943


Le matin à 07H30 on appareille avec LE FANTASQUE. Tir sur la terre à côté de Bône. Nous faisons le quart par bordée. Le soir à 19H30 arrivée à Philippeville. Stoppons les veilles. Nous restons mouillés en dehors du port. Nous restons allumés.

Mercredi 18 Août 1943


Le matin à 07H00 appareillage de Philippeville ; exercice. Arrivée à Bizerte ; restons en dehors du port. La ville paraît être presque entièrement détruite.

Samedi 21 Août 1943


Scalea à 6 000 m environ. Après épuisement d'obus, nous partons à 27 ou 30 nœuds. Arrivée à Palerme à 07H00, nous mouillons en rade intérieure. La ville paraît avoir subi un terrible bombardement. Le soir à 18H00, appareillage pour les côtes italiennes. C'est notre deuxième mission. Nous allons bonne allure.

Dimanche 22 Août 1943


Nous naviguons silencieusement entre les îles en face du Cap Camtanella entre l'île de Capri, puis nous laissons Ischia. Notre but était Pointa Della Licosia. Nous avons patrouillé dans la baie de Naples. N'ayant rien vu nous faisons route sur Bizerte. Arrivée à 11H30. Nous sommes en rade toute la nuit. RAS

Mercredi 08 Septembre 1943


Le matin à 03h00 appareillage. Nous sommes avec LE FANTASQUE. Depuis hier soir, nous faisons deux veilles. Ce matin, 07H30 environ, nous rejoignons la flotte anglaise composée de 2 porte-avions, 4 cuirassés et une dizaine de destroyers. Temps calme. Nous marchons 16 nœuds. L'après midi RAS. Le soir, alerte DCA contre bombardiers et avions torpilleurs. Rien de cassé. Vers 18H30 ou 19H00, on a appris que l'Italie se rendait sans conditions. Nous continuons nos opérations.

Jeudi 09 Septembre 1943


Ce matin je suis de quart de 23H00 à 03H00. Poste de combat à 05H00. RAS On apprend que les américains ont débarqué à Livourne et les anglais à Salerno. Quart de 11 à 14H00. Nous continuons notre randonnée. La nuit, alerte DCA. Nous sommes attaqués par les avions allemands. L'alerte commence à 10H30 et à 11H00 je prends le quart jusqu'à 03H00. À 05H00 poste de combat. (Nuit blanche !)

Vendredi 10 Septembre 1943


Le matin nous continuons notre randonnée. On apprend que les italiens et les allemands se battent en Italie. Nous apprenons que les anglais prennent position en Italie malgré la résistance allemande. Le soir nous allons rechercher un avion qui est tombé à la mer. Nous ne retrouvons qu'un radeau en caoutchouc et personne. Il est allemand. Nous faisons route vers Palerme.

Samedi 11 Septembre 1943


Le matin de bonne heure, nous arrivons à Palerme. Nous faisons le mazout et à 05H30 appareillage pour retrouver notre Force. Dans l'après-midi des bruits courent que nous allons à Alger. On annonce que Milan et Rome sont prises par les allemands. Nous retrouvons notre Force le matin puis nous repartons seuls en direction d'Alger.

Dimanche 12 Septembre 1943


Le matin RAS. Je suis de quart de 23H00 hier à 03H00 ce matin. Temps calme. Marchons bonne allure. Nous sommes seuls. On a appris hier que la flotte italienne s'est rendue dans des ports alliés malgré les attaques allemandes qui parvinrent à couler un cuirassé italien. Nous arrivons à Alger vers midi. Nous passons la nuit à Alger. Embarquement de troupes (du bataillon de choc) et de munitions.

Lundi 13 Septembre 1943


On allume de bonne heure, vers 05 heures. On appareille. Nous filons sur la Corse à 32 nœuds. Le midi RAS ; aucune alerte. Quart par bordée ; je suis de 5 à 11 le matin et de 17 à 23. À 23H00, poste de combat. Nous arrivons devant Ajaccio. Le s/m CASABIANCA entre avec nous. Nous débarquons tout. Le maquis est en feu dans plusieurs endroits. Un peu plus d'une heure après notre arrivée nous repartons en direction d'Alger.

Mardi 14 Septembre 1943


Nous sommes en mer. Le temps est calme. Ne marchons que 25 nœuds. Avons une avarie. Nous arrivons à Alger dans la soirée. La nuit nous restons à côté du pétrolier.

Mercredi 15 Septembre 1943


Le matin de bonne heure nous appareillons et allons mouiller en rade d'Alger ; puis nous retournons à quai. Les réparations de machines commencent. Une turbine est gravement abîmée. Nous pensons prendre celle de L'AUDACIEUX qui, soit disant, est intacte. Nous avons stoppé les veilles.

Jeudi 16 Septembre 1943


De bonne heure ce matin, le FATQ, le TEMPÊTE et L'ALCYON partent pour Ajaccio. Nous ne pouvons pas marcher. La journée se passe tranquille. Toujours pas de veille. Le soir, partie de blague. Nous apprenons officiellement que nous sommes cités à l'Ordre de l'Armée de mer. C'est la 2ème citation avec celle de Mers el-Khébir.

Vendredi 17 Septembre 1943


Hier je ne suis pas allé à terre et aujourd'hui je suis de service. Le matin comme l'après-midi : bricolage. Je me sens très fatigué et j'ai toujours mal à la tête. Le soir, JEANNE D'ARC, LE FORTUNÉ et BASQUE arrivent à Alger. LE FANTASQUE accompagné de L'ALCYON et de _TEMPETE_7_ reviennent de Corse.

Samedi 18 Septembre 1943


Le matin, le TEMPÊTE et LE FANTASQUE viennent à côté de nous. L'après-midi je vais à terre avec René. Je croyais voir Guieu. Mais il n'est pas chez lui. Nous allons faire un tour, revenons à Alger, rencontrons Maurice à 17H30 et le chef armurier. Le soir, après avoir mangé à terre nous allons à l'opéra voir « Le pays du sourire ». Nous rentrons vers 11H30. RAS

Mardi 06 Octobre 1943


Le matin grand lavage. Nous avons toujours une veille. L'après-midi : réparations et bricolage. À 12H30 permissionnaire pour TB jusqu'à 18H00. Nous faisons des achats. La vie est très chère. Acheté album et photos. Le soir nous sommes à quai.

Mercredi 07 Octobre 1943


De bonne heure, les troupes sont embarquées à bord. Nous devons partir. Puis toutes les troupes s'en vont. L'île de Léros était entièrement prise. Nous retournons au mouillage. Permissionnaire pour Bd. Le soir RAS. Demain appareillage probable. Nous avons toujours une veille. Je suis de quart de 00H00 à 02H00.

Jeudi 18 Octobre 1943


Le matin pas d'appareillage : nous restons au mouillage. L'après-midi permissionnaire. Je vais à terre et fais quelques achats. Le soir RAS.

Vendredi 19 Octobre 1943


Le matin de bonne heure : appareillage avec LE FANTASQUE et un croiseur DCA. Nous allons dans le Dodécanèse. La matinée se passe bien. L'après-midi alerte DCA. Il est 16H50 et 12 avions allemands « Dornier » nous arrivent dessus. Le croiseur LE FANTASQUE et nous tirons de toutes nos pièces. Des chapelets de bombes de 500 kg tombent à côté et sur l'arrière et l'avant. Ils ne piquent pas, ils bombardent de très haut. Vers 17H40 2ème alerte DCA. Les avions arrivent sans qu'on ait le temps de réagir. Les bombes tombent à 50 m du bord. Nous avons entendu leur sifflement. Cette fois nous avons eu chaud ! La nuit nous partons seuls dans les îles. Il fait noir. Après avoir bien fouillé les îles, nous faisons demi-tour. La nuit a été calme et la vitesse était bonne.

Samedi 20 Octobre 1943


Le matin vers 01H00 nous retrouvons le croiseur et LE FANTASQUE. Le retour est calme. Aucune attaque. Nous arrivons à Alexandrie vers 15H00. Nous allons à couple d'un pétrolier. RAS.
@326

Extraits de l'agenda de l'année 1942

Auteur Roland SEVENOU le 1942

Parti de Dakar la veille au soir.

Jeudi 01 Janvier 1942


Nous sommes partis de Dakar pour Casa le 31/12/1941 à 17h30. Nous avons un convoi composé de l'ASIE et de l'ARCTURUS. En mer cette nuit nous avons pris les promotions. Horellou et moi sommes passés s/m. Temps superbe, mer calme, vitesse moyenne 7 nœuds.

Mardi 09 Juin 1942


Le matin le s/m ANTIOPE ne marche pas bien. On stoppe. Beng mécano du SIDI-FERRUCH va sur l'ANTIOPE et 2 s/m de subsistance à bord vont sur l'ANTIOPE. L'après midi quart de 11 à 14. Arrivée à Agadir à 15h GMT. Attendons s/marin.

Mercredi 10 Juin 1942


Nous sommes partis ce matin à 02h00 d'Agadir avec 2 sous-marins. Les essais de l'ANTIOPE sont à moitié satisfaisants. Rien de particulier, temps superbe, mer belle.

Mercredi 21 Octobre 1942


L'amiral François DARLAN arrive sans tambour ni trompette. Grande surprise de la population.

Jeudi 22 octobre 1942


Défilé devant l'amiral François DARLAN arrivé hier à Dakar. Le soir je vais à terre. Il y a réunion des officiers à la chambre de commerce, présidée par François DARLAN.

Lundi 09 Novembre 1942


Alger capitule le soir à 22h. Oran est menacée d'encerclement. Bombardement intensif sur Casablanca. Le convoi parti le 6 fait demi tour et rentre à Dakar

Veille 4T1 ts à 8 et 4 à 8

Consigné à bord

Le soir RAS

Alertes DCA

Mardi 10 Novembre 1942


Oran capitule. Casa puissamment bombardée. Le JEAN BART entre en feu.

À bord consigné.

Nombreuses alertes.

Temps couvert. Match de foot inter poste. Veille 4T1. Le soir RAS

Mercredi 11 Novembre 1942


Occupation de la zone libre par les allemands/

Casa demande l'armistice.

Nombreuses alertes sur Dakar.

À bord toujours consigne. Minute de silence.

Veille de 08 à 12, 20 à 24. RAS

Jeudi 12 Novembre 1942


Le matin 3 alertes DCA.

Le JEAN BART est bombardé.

Bougie est tombé aux américains.

Exercice sur /

Le soir match de foot

RAS

Bardia et Tobrouk tombent aux mains des anglais.

Vendredi 13 Novembre 1942


Nouvelles du matin : PÉTAIN retenu à Vincennes. PRIMAUGUET coulé dans passe Casa. JEAN BART hors de combat. Pas de nouvelles du LE MALIN et LA SURPRISE un convoi de Casa est arrivé ce matin.

Bones est tombé aux américains

2 alertes. Le soir quart sur 4T1 RAS

Samedi 14 Novembre 1942


Nouvelles du matin : D'après le communiqué de nombreux bateaux de guerre sont abîmés à Casablanca au MAROC. Les allemands arrivent en parachute à Bizerte et les américains viennent par terre. La France se déclare neutre. L'armée anglaise avance rapidement en Cyrénaïque.

À Dakar il fait froid, pluie, vent.

Permissionnaire par quart.

Dimanche 15 Novembre 1942


On annonce que PÉTAIN et François DARLAN sont en désaccord.

Le général BERGERET arrive à Dakar incognito.

Une alerte DCA. Joli tir, mais en vain. Les nouvelles du gouvernement ne sont pas charmantes.

À bord RAS. Service du dimanche. Messe à bord.

Le soir RAS

Mercredi 18 Novembre 1942


Nouvelles : On annonce que les allemands et le américains sont entrés en contact. Pilonnage des aérodromes de Tunis. Les italiens reculent en Cyrénaïque. Les anglais se disent à 150 km de Benghazi.

Alerte DCA

Jeudi 19 Novembre 1942


Nouvelles du jour : Des parachutes anglais arrivent à Tunis. Les allemands et anglais sont en contact à côté de Bizerte. Les anglais arrivent à Benghazi. Remaniement du Cabinet : LAVAL remplacera PÉTAIN en cas de maladie ou autre.

Dakar : beau temps. Match de foot.

Alerte DCA

Lundi 23 Novembre 1942


Nouvelles du jour : Nous sommes rangés sous les ordres de l'amiral François DARLAN. Les français se battent en Tunisie. Dakar : pas d'alerte. Le matin exercice sur 1. L'après-midi rien à faire. Match de foot entre canonniers et radios. Nous gagnons par 2 à 0. Cette nuit quart de 02 à 04. Veille 04.

Vendredi 27 Novembre 1942


Le matin : rien de particulier. Nouvelles du jour : On apprend que les allemands sont entrés à Toulon et que la flotte française s'est sabordée sur l'ordre de l'amiral DELABORDE. Bataille entre marins et allemands à Toulon.

Samedi 28 Novembre 1942


Nouvelles du jour : On apprend que les bâtiments sabordés sont au nombre de 50 ; 2 sous-marins ont réussi à s'échapper, un 3ème a coulé sur une mine. Le devant de la passe était miné par les alliés. BOISSON doit aller en Afrique du Nord.

Dimanche 29 Novembre 1942


Le matin, messe à bord du CANADA. Midi information peu importante. Les bâtiments continuent à exploser. Le nombre des marins tués serait élevé. Le trafic doit reprendre normalement. Le soir CHURCHILL doit parler au monde. Alerte DCA vers 15 heures. Pas de veille.

Vendredi 25 décembre 1942


On apprend que l'amiral François DARLAN a été assassiné hier soir.

À bord service du dimanche. Les pavillons sont en berne.