Daniel, Georges NORMAND
Spécialité : Observateur
13 septembre 1920 PROUVILLE (80)
11 juillet 1940 DAKAR (SÉNÉGAL)
courriel Contacter l'association au sujet de cette personne...

« Mort pour la France »



Etats de service...

Dates Evénements
- 1939 -
ÉCOLE NAVALE - Embarquement (Elève)
Observateur
11/07/1940
BAN DAKAR-BEL-AIR - Embarqué
11/07/1940
ESCADRILLE D'AVIATION 8S3 - Embarqué - Décès (élève en instruction, passager du Loire 130 n° 23 codé 8S 3-1, qui capote à l'amérissage)




@2538

Escadrille 8S-3/18S/SS-4E

Auteur Lucien MORAREAU de l'ARDHAN le 28 décembre 2006

L'escadrille coloniale ESCADRILLE D'AVIATION 8S3 est créée le 01 Février 1940 à Dakar.

Placée sous les ordres du lieutenant de vaisseau François MICHEL DE BOISLISLE, elle est destinée à épauler, pour les missions de surveillance côtière, l'escadrille E4 équipée de Latécoère 302 quadrimoteurs affectée au Sénégal depuis le mois d'Août 1939.

Les deux premiers Loire 130 « coloniaux » pris en compte par l'escadrille sont le n°22, arrivé à Dakar le 24 Février à bord du cargo FORT DE VAUX et le n°23 dont les ailes et le fuseau moteur arrivent le 21 Mars à bord du cargo AURIGNI et la coque le 5 Avril sur le DAHOMEY.

L'ensemble des caisses a été débarqué à l'hydrobase d'Air France, située dans le port même de Dakar où doit se faire l'assemblage.

Le montage du Loire n°22 est terminé le 11 Mars, il effectue son premier vol le 15 et entre en service avec le code /8S3.2.

Le montage du second appareil, le n°23, est terminé le 28 Avril et il lui est attribué le code /8S3.3.

Pendant ce mois d'Avril, les activités se limitent à la prise en main des appareils par les équipages, au réglage des équipements radio et à des essais divers.

Le 11 Avril cependant, le n°22 (8S2.2) participe à la protection de l'appareillage de la FORCE Y qui regagne la France (cuirassé PROVENCE et croiseurs COLBERT et DUQUESNE).

Au mois de Mai, le nombre des vols opérationnels augmente.

Il s'agit de protections rapprochées de bâtiments civils et militaires qui entrent et quittent le port de la capitale du Sénégal.

Au début du mois de Juin, le troisième Loire, le n°24 /8S3.1 entre en service.

Les 23 et 24 Juin, les trois appareils participent à la protection rapprochée du bâtiment de ligne RICHELIEU qui a quitté Brest le 18 et qui arrive à Dakar (voir page 144).

L'interdiction de vol, qui a frappé toutes les unités de l'aéronautique navale en application des clauses de l'armistice, est levée après l'attaque britannique sur La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940).

À Dakar, les patrouilles reprennent mais l'ennemi a changé...

Le 08 Juillet, les Loire n°22 /8S3.2 et 23 /8S3.3 cherchent, sans le trouver, le HMS HERMES dont les avions ont attaqué à la torpille et endommagé le cuirassé RICHELIEU.

Le 11 Juillet au soir, le Loire n°23 /8S3.3 décolle de la BAN DAKAR-BEL-AIR pour une mission d'entraînement au vol de nuit.

Pour une raison qui ne sera pas expliquée par le rapport d'enquête, l'appareil percute presque immédiatement la mer.

L'enseigne de vaisseau Roger MAURS observateur et chef de bord ainsi que le premier maître pilote René BRIZOU, bien que blessés, parviennent à quitter l'épave et sont secourus par une embarcation de pêcheurs, mais les deux autres passagers, l'aspirant observateur Daniel NORMAND et le quartier maître radio volant Georges CODENT, prisonniers de la cabine, périssent noyés.

À la suite de l'attaque du RICHELIEU et pour prévenir le renouvellement de telles actions, une surveillance aérienne des abords de Dakar est organisée.

Le 14 Juillet, le Loire n°22, avec l'enseigne de vaisseau de 1ère classe observateur Roger MAURS comme chef de bord et le maître Albert ROGER comme pilote, est envoyé à Conakry d'où, tous les deux jours, ils effectuent une mission de reconnaissance sur Freetown, en Sierra Leone.

Après un dernier vol sur les îles de Los, l'hydravion rentre à Dakar le 28.

Le 01 Août, l'escadrille ESCADRILLE D'AVIATION 8S3 change d'appellation et devient la 18S mais pour peu de temps car elle est dissoute le 12 Septembre.

Ses deux Loire 130 et leurs équipages sont versés à l'escadrille E4 au sein de laquelle ils constituent une section de surveillance autonome SS-4E.

Les deux hydravions prennent les codes /4E.5 pour le n°22 et /4E.6 pour le n°24.

Le 14, le Loire n°22, avec l'enseigne de vaisseau de 1ère classe observateur Louis CHOLLET et le maître pilote Albert ROGER, effectue une reconnaissance du port de Bathurst en Gambie et, le 16, une mission de recherche de l'épave du cargo POITIERS qui s'est sabordé après avoir été arraisonné par des bâtiments de guerre britanniques.

Le 24 Septembre, la Royal Navy attaque Dakar (voir encadré).

À 09H50, au milieu des gerbes d'éclatements des obus de 380 mm, le lieutenant de vaisseau François MICHEL DE BOISLISLE décolle aux commandes du Loire n°24 /4E.6 pour observer et guider les tirs du cuirassé RICHELIEU.

Mais ce dernier ne peut utiliser ses pièces principales de 380 mm endommagées et l'hydravion revient à la BAN DAKAR-BEL-AIR 50 minutes plus tard.

Le 25, les deux Loire de la Section effectuent des missions de recherche de l'escadre britannique, au Nord et au sud de Dakar.

Le lendemain 26, le Loire n°22 /4E.5 décolle à 05H55 pour une mission de reconnaissance au large.

Dix minutes plus tard, il est intercepté par trois Dewoitine 501 de l'escadrille I6 de l'Armée de l'Air basée à Ouakam.

Si deux des pilotes identifient correctement l'appareil, le troisième le confond avec un Walrus britannique ! Et il ouvre le feu à bout portant.

La rafale ayant atteint le système de verrouillage de l'aile gauche, cette dernière se replie et le malheureux hydravion part brutalement en vrille.

La violence de la manœuvre involontaire est telle que le pilote du Loire, le maître Albert ROGER, est éjecté de son habitacle et son parachute, commandé par le câble d'ouverture automatique, se déploie normalement.

Les trois autres membres de l'équipage, l'enseigne de vaisseau de 1ère classe observateur Louis CHOLLET, le quartier maître radio volant Louis LE DORRÉ et le quartier-maître mécanicien volant Fernand NODIN, n'ont pas cette chance et, prisonniers dans la cabine du Loire, ils disparaissent avec elle lors de l'écrasement en mer de l'appareil.

La descente en parachute d'Albert ROGER a été vue par l'équipage du Loire 4HS.2 du croiseur GEORGES LEYGUES piloté par le lieutenant de vaisseau Jacques HARDY.

Il amerrit immédiatement et récupère le pilote, très choqué par son aventure, mais indemne.

Après ce drame, la section de surveillance est réduite à un appareil en ligne.

Afin de rétablir l'effectif autorisé, il est décidé de faire revenir à Dakar et transférer à la SS les deux Loire du croiseur GLOIRE en grandes réparations à Casablanca.

Les deux appareils, les n°76 et 80, accompagnés de leurs équipage également mutés, sont embarqués sur le cargo CHENONCEAUX qui appareille le 20 Octobre du Maroc et arrive à Dakar le 26.

Versés à la section dès leur débarquement, ils prennent les codes 4E5 et 4E7.

En Décembre, une nouvelle tragédie frappe la section.

Le 11, le lieutenant de vaisseau François MICHEL DE BOISLISLE, accompagné du maître radio volant Yvon LINGLARD (ou) LINGLART, décolle pour un vol d'entraînement à bord du Loire 130 « colonial » n°24 /4E.6.

Des témoins présents sur le môle qui protège la BAN voient l'hydravion effectuer un virage à très basse altitude au cours duquel une aile touche la surface de la mer.

L'appareil capote immédiatement, mais surnage, inversé.

Les secours s'organisent mais il est trop tard et ce sont deux cadavres que les sauveteurs parviennent à extraire du fuselage du Loire.

Le 15 Décembre, l'infortuné François MICHEL DE BOISLISLE est remplacé temporairement à la tête de la Section par l'enseigne de vaisseau de 1ère classe Ronald MIDOUX qui vient de débarquer de l'aviso colonial D'ENTRECASTEAUX.

L'arrivée, le 23 Janvier du Loire 130 n°36, convoyé de Karouba à Casablanca et transporté par cargo jusqu'à Dakar, permet de rétablir la dotation à trois appareils.

Mais, la menace d'une nouvelle tentative de débarquement britannique s'étant estompée, les activités de la section sont réduites et seuls quelques vols d'entraînement sont effectués au cours du premier trimestre 1941.

À la fin du mois de Février, le lieutenant de vaisseau Pierre HACARD, ex-commandant de l'hydravion de croisière « Latécoère 302 Mouneyrès », est nommé à la tête de la section.

Le seul événement échappant à la routine pendant cette période est la recherche menée le 29 Mars par le Loire n°76 /4E.5, d'un hydravion du GLOIRE qui, sur panne de moteur, a été contraint d'amerrir dans l'embouchure du Saloum, à environ 100 km au sud de Dakar.

Le second trimestre 1941 ne voit guère plus d'activité pour les Loire.

Au mois de Mai, le lieutenant de vaisseau Pierre HACARD est remplacé par le lieutenant de vaisseau Henri ARAGNOL et, le 09 Juin, un appareil de la section se porte au devant du paquebot mixte ÉRIDAN qui a été arraisonné par un bâtiment de guerre britannique.

Il s'agit de sa dernière action car, le 01 Juillet 1941, la section de surveillance de la E4 est dissoute.

Son équipage et ses appareils sont transférés au bâtiment de ligne RICHELIEU (voir page 145) où ils vont constituer le service « aviation » du bord.

Pour sa participation aux combats contre la Royal Navy, la section de surveillance de la E4 sera citée à l'ordre de l'Armée de mer (Ordre 1110 E.M.I.P. du 14/10/1940 du commandant de la Marine en AOF, voir Annexe I).

Les appareils suivants ont été en service à la 8S-3/18S/SS-4E :
• N°22Cl /8S3.2 puis /18S.2 puis /4E.5,
• N°23Cl /8S3.3,
• N°24Cl /8S3.1 puis /18S.1 puis /4E.6,
• N°36 /4E.6,
• N°76 /4E.5,
• N°80 /4E.7.