Daniel, DENIZOT
   Dernier grade : Second maître (après durée légale)
20 février 1922 VILLERS DEVANT LE THOUR (08)
16 juin 2009
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Etats de service...

Dates Evénements
Second maître (après durée légale)
- 1939 -
     /1939
DUQUESNE - Ecole de canonnage
     /1939
COURBET - Ecole de canonnage
     /1939
TOURVILLE - Ecole de canonnage
- 1937 -
26/10/
ARMORIQUE - Embarquement
26/10/
ÉCOLE DES MOUSSES - Engagement
- 1939 -
Stage de télépointage et télécommande au Fort du Galeau
  /09/
LYNX - Embarquement
- 1940 -
01/04/
Quartier maître de 2ème classe
19/10/
TEMPÊTE - Embarquement
- 1941 -
01/07/
Quartier maître de 1ère classe
- 1945 -
01/01/
Second maître de 2ème classe
08/05/
affecté comme instructeur au Centre de formation des Bormettes LA LONDE LES MAURES




Photographies, numérisations, etc.

© 2006-2018 ALAMER
La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) : annotations au dos de la photographie (Daniel DENIZOT) - 03/07/1940
© 2006-2018 ALAMER
La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) : vu du pont d'un navire ancré dans le port d'Oran (Daniel DENIZOT) - 03/07/1940




Décorations...

 Légion d'Honneur Officier A titre de guerre, 4 citations obtenues en Indochine dans les troupes de Marine Artillerie Coloniale
  Médaille militaire - 1953
  Croix de Guerre (1939-1945) Avec étoile de bronze au titre du bâtiment et étoile d'argent au titre de la division, deux citations
  Médaille de la Reconnaissance Française - Bronze Titre de reconnaissance de la Nation agrafes : guerre 39/45 - Extrème Orient - Algérie


@5152

« Mes mémoires de marin : La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) » (extrait)

Auteur Daniel DENIZOT - Avec l'aimable autorisation de M. Pascal DENIZOT le 19 février 2007

Une mission d'importance nous attendait en ce mois de Mars 1940.

Il s'agissait d'accompagner aux cotés du croiseur ÉMILE BERTIN et d'autres unités, l'important convoi de troupes et de matériels, les troupes de montagne, les alpins du général BETHOUARD qui se rendaient en Norvège et plus particulièrement à Narvik, une cité portuaire qui fera l'objet de dures combats.

Dans les eaux du détroit du Skagerack, ordre nous était donné de regagner Brest.

Des chuchotements des radios et des timoniers sur la passerelle laissaient pressentir un départ pour la Méditerranée, voir Malte et l'Egypte.

Pas d'erreur, l'amirauté avait jugé bon de déplacer son escadre Atlantique, l'avance des forces allemandes à l'intérieur de la France se faisant plus précise en direction des bases navales de Cherbourg, Brest et Lorient.

L'appareillage avait lieu par très gros temps dans le golfe de Gascogne.

Brève escale à Gibraltar et cap sur Alexandrie où l'on retrouvait la Royal Navy pour des manœuvres concertées.

Que se passe t'il alors, le haut commandement donne des instructions pour faire rallier tous les bâtiments en Afrique du Nord, plus précisément à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), port militaire d'Oran ?

Dés lors tous les bateaux sont mis en état de désarmement et de gardiennage.

L'amirauté allemande envisageait de faire main basse sur tout ce potentiel naval, ce qui ne sera pas du goût des anglais.

L'« appel du 18 juin » du général Charles DE GAULLE que peut d'entre nous connaissent restera vain, et toute l'escadre restera au mouillage.

C'est alors que le 3 juillet dans ce port protégé d'une immense digue, amarrés sur coffre, étraves dirigées vers la terre face à Santa Cruz, les croiseurs modernes DUNKERQUE et STRASBOURG, portant la marque du vice-amiral Marcel GENSOUL, deux cuirassés le BRETAGNE et le PROVENCE, le porte-hydravions COMMANDANT TESTE, les destroyers rapides MOGADOR et VOLTA mais encore les contres torpilleurs LE TERRIBLE, KERSAINT, TIGRE et LYNX (mon bateau) et une dizaine d'autres bâtiments plus légers et les sous-marins ARIANE, DIANE et EURYDICE, des escorteurs et navires auxiliaires.

Vers 08H00, l'escadre anglaise du vice amiral SOMMERVILLE est signalée croisant au large du cap FALCON, et chacun de penser que celle-ci se dirige vers Malte.

En fait elle se positionne à plusieurs milles de La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) à portée de canons.

On distingue le cuirassé HMS HOOD fortement armé de huit pièces d'artillerie de 406 mm, ainsi que deux autres cuirassés, le HMS RESOLUTION et l'HMS ENTERPRISE.

Il y a encore le HMS VAILLANT et l'HMS ARETHUSA, bon nombre de contre torpilleurs ainsi que le porte avion HMS ARK ROYAL doté d'une cinquantaine d'appareils.

On apprendra par la suite que dans la nuit du 2 au 3 Juillet, les anglais que l'on croyait nos amis (laissez moi rire) s'étaient emparés par la force dans les ports de Portsmouth, Plymouth, Falmouth, Heerness et encore à Port-Saïd des unités françaises hostiles à l'« appel du 18 juin ».

Vers 10H00, une vedette anglaise, pavillon au vent se dirige en direction de la passe et accoste à la coupée du DUNKERQUE ou l'officier émissaire remet l'ultimatum au vice-amiral Marcel GENSOUL.

Le contenu de cet ultimatum comporte trois volets, à savoir :
• Que la flotte française stationnée à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) rejoigne la Royal Navy dans sa lutte contre l'Allemagne,
• Ou bien qu'elle rejoigne les Antilles ou un port américain ou elle sera désarmée,
• Qu'elle procède le cas échéant à son sabordage.

En cas de refus d'une au l'autre de ces directives, les navires Anglais ouvriront le feu ce même jour à 16H30.

Devant la réponse ferme du refus de notre amiral qui avait entre temps consulté le haut commandement et le gouvernement réfugié à Bordeaux, un second contact du même émissaire avait lieu à 14H30.

Il s'agissait du commodore HOLLAND.

Tout comme le premier, un non catégorique était adressé à l'envoyeur.

Entre temps, l'amirauté avait donné des instructions pour faire réarmer à la hâte et en toute discrétion toutes les unités et les chaufferies au ralenti reprenaient une activité pour faire face dans le cas d'un appareillage d'urgence.

Hélas vers 16H55, les Anglais procédaient à des premiers tirs, les obus de la première salve tombant en dehors de la digue causant des gerbes d'eau d'une grande hauteur, mais très vite ils corrigeaient leurs tirs et cette fois.

Plusieurs bateaux étaient touchés, le plus gravement le cuirassé BRETAGNE qui allait connaître une fin particulièrement tragique.

Pour la Royal Navy, il était facile d'atteindre leur but : « Anéantir une escadre française au mouillage et sans défense ».

Bien que touché dans ses structures, avec un bilan de victimes assez élevé, le STRASBOURG parvenait à sortir de la passe, tout comme le LYNX, un des rares bateaux à n'avoir subit aucun dégât, seules quelques égratignures sur la coque dues à des projections d'éclats d'obus, mais tout l'équipage était sauf.

L'unique occasion pour notre pacha de faire cap sur la grosse mer se permettant à la suite d'échos de son détecteur ASDIC de procéder à un vaste grenadage sur un sous-marin qui aura probablement coulé et d'autre part tirer plusieurs salves avec son artillerie de bord sur un destroyer britannique lui causant de très sérieuses avaries.

Notre retour à Toulon fut salué par une presse outrageante de la part du quotidien local « Le Petit Varois » aux deux équipages du LYNX et du STRASBOURG.

Les invectivant en écrivant : « Que les marins français préféraient les canons de vin rouge à ceux de CHURCHILL » très certainement que l'auteur de ces lignes n'avait pas vécu ce drame héroïque de nos pompons rouge, une manifestation de masse devait s'en suivre, officiers en tête, sur la plus grande artère Toulonnaise, en rejetant toutes ces calomnies.
@2708

« Mes mémoires de marin » (extrait)

Auteur Daniel DENIZOT - Avec l'aimable autorisation de M. Pascal DENIZOT le 20 avril 1944

À cette époque je naviguais sur le torpilleur TEMPÊTE avec pour mission principale le transport de troupes ou de matériels entre la Corse et Alger ainsi que l'escorte de navires de commerces ou autre.

C'est ainsi que le 20 avril 1944, alors que nous escortions plusieurs navires de commerce et le paquebot EL-BIAR, a moins de 150 nautiques de notre destination, Alger, vers 21 heures, après que notre ombrelle aérienne nous ait quittés, une puissante escadrille de JU-88 nous attaquait rasant le dessus des flots, lançant leurs torpilles dans tout les azimuts. D'autres avions beaucoup plus haut larguaient des bombes téléguidées dont deux d'entres elles devaient toucher le paquebot EL-BIAR atteint également par une torpille. Celui-ci prenait rapidement de la gîte, mais nous pouvions assez vite récupérer passagers et équipage. ourtant on allait déplorer un marin de EL-BIAR mortellement touché par des éclats de bombes. Devant la perte de son navire, le commandant de celui-ci, voulu couler avec lui en héros, mais la sagesse de notre pacha le fit changer d'avis. Après avoir récupéré tout le monde, on s'éloignait du paquebot meurtri et on allait assister À sa lente agonie qui devait durer deux heures. D'abord son arrière s'affaissait dans les eaux très calmes en cette nuit noire, en prenant un peu de gîte. Puis majestueusement s'enfonçant progressivement, il se dressait À la verticale faisant apparaître sa quille. Un vacarme épouvantable résonnait alors. Tout ce qu'il y avait sur le pont s'écroulait.

L'EL-BIAR était maintenant À la verticale, son étrave semblant vouloir résister À l'inéluctable. Ses ancres se décrochèrent, le treuil de retenu n'ayant plus de maîtrise. Puis soudain plus rien, sans aucun remous. Seuls les marins du EL-BIAR à l'écoute de leur sonars pouvaient percevoir, de longues minutes durant, le fracassement de cette coque d'acier. Plus au large deux ailes d'avions flottaient, un appareil sans doute abattu par les tirs de DCA qui, faut-il le préciser, furent très nourris.

Notre arrivée à Alger fut fièrement saluée par les unités amarrées au port.

Depuis chaque 20 avril qui défile au cours des années me rappelle ce cruel souvenir.