Charles, DE GAULLE
   Dernier grade : Général de brigade
22 novembre 1890 Lille (59)
09 novembre 1970 Colombey-les-Deux-Églises (52)
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Etats de service...

Dates Evénements
Général de brigade
- 1944 -
15/09/
PIQUE - Passager
Revue navale en petite rade et en rade des Vignettes à Toulon par le général de Gaulle


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« L'opération MENACE » par Jean-René BRESSOLLES
« L'opération MENACE »
         


Photographies, numérisations, etc.

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Léon MEQUIN sur LE TRIOMPHANT recevant le général Charles DE GAULLE (Alger) (Australian War Memorial) - 03/1944
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Charles DE GAULLE pose le pied sur le sol de France à Courseulles-sur-Mer (LA COMBATTANTE) (Henry ANSOT Henry ANSOT) - 14/06/1944
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LE TERRIBLE (commandant Pierre LANCELOT) : citation du 03/02/1945 par Charles DE GAULLE (attestation de présence de Gabriel SIMON à bord, signée Jean FEUILLÂTRE) (Hervé COPY) - 10/03/1945
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« Une exposition consacrée aux FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES (ou) FNFL à la mairie de Brioude » article dans le journal mon43.fr (Sont cités : Capitaine de Frégate Marc Hosmalin -Assistant départemental pour la Marine dans le Puy-de-Dôme-, Charles DE GAULLE, Émile MUSELIER, FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES (ou) FNFL, Bataille de l'Atlantique, Débarquement de Normandie, Jean-Jacques Faucher -Maire de Brioude-, La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), Ralliement de Saint-Pierre & Miquelon à la France Libre, Louis BLAISON) (mon43.fr) - 03/12/2013
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« Une exposition consacrée aux FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES (ou) FNFL à la mairie de Brioude » article dans le journal mon43.fr (Sont cités : Capitaine de Frégate Marc Hosmalin -Assistant départemental pour la Marine dans le Puy-de-Dôme-, Charles DE GAULLE, Émile MUSELIER, FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES (ou) FNFL, Bataille de l'Atlantique, Débarquement de Normandie, Jean-Jacques Faucher -Maire de Brioude-, La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), Ralliement de Saint-Pierre & Miquelon à la France Libre, Louis BLAISON) (mon43.fr) - 03/12/2013
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« Une exposition consacrée aux FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES (ou) FNFL à la mairie de Brioude » article dans le journal mon43.fr (Sont cités : Capitaine de Frégate Marc Hosmalin -Assistant départemental pour la Marine dans le Puy-de-Dôme-, Charles DE GAULLE, Émile MUSELIER, FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES (ou) FNFL, Bataille de l'Atlantique, Débarquement de Normandie, Jean-Jacques Faucher -Maire de Brioude-, La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), Ralliement de Saint-Pierre & Miquelon à la France Libre, Louis BLAISON) (mon43.fr) - 03/12/2013
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Georges HORDÉ, reconnaissance de la part de Charles DE GAULLE (Gérard HORDÉ) - 01/09/1945
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François BEAUVY, visite de Charles DE GAULLE (Mme Catherine LE GLATIN-BEAUVY)
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Visite de Charles DE GAULLE sur COMMANDANT DÉTROYAT (M. Francis RAULIN (André RAULIN))




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François A'WENG, Marin, Français Libre et haut-fonctionnaire de la Ve République

Auteur François-Louis a'Weng le 12 juillet 2016

Officier Français Libre à vingt ans


Né à Cannes (Alpes-Maritimes) le 20 avril 1920 était fils de Jean a'Weng, d'une famille d'origine bâloise zwinglienne (à Wengen), banquier et planteur au Sénégal puis au Cameroun et d'Anne de Buyer-Mimeure, d'une famille de maîtres de forges comtois.

Elève en classe de préparation à l'ÉCOLE NAVALE transférée en raison des hostilités à Saint-Jean d'Angély, il quitte, au fort de la Débâcle, en compagnie de son condisciple de Flotte, Paul Leremboure, Saint-Jean-de-Luz le 22 juin 1940 sur le paquebot BATORY (ou BATORIK[1]) qui touche Plymouth le lendemain[2].

Il rallie la France Libre à Londres le 1er juillet 1940. Il est dirigé sur Aldershot où il suit un cours de préparation militaire. Fin août, il est muté à la marine et embarqué sur le cuirassé COURBET. Il suit le 2e cours d'élève officier organisé en août 1940[3], en sort aspirant et embarque sur les sous-marins JUNON (fin 1940) puis MINERVE (1940-1942), effectuant patrouilles et missions sur les côtes de Norvège jusqu'au 15 décembre 1942 (quatre engagements contre l'ennemi). Il est promu enseigne de vaisseau de 2e classe le 15 avril 1942 et de 1ère classe le 15 avril 1943.

Il embarque ensuite sur le CURIE de décembre 1942 a novembre 1945 et participe à toutes ses missions en Méditerranée (onze engagements contre l'ennemi).

Décorations


Croix de guerre avec une citation à l'ordre de l'armée de mer en date du 20 février 1945[4], ainsi que trois citations à l'ordre du corps d'armée respectivement en date des 5 juin 1944[5], 23 février 1945[6] et 18 octobre 1945[7]. Chevalier de la Légion d'honneur le 21 mars 1946[8] au titre du Tableau Spécial de la Guerre 1939-1945, il est promu officier le 11 décembre 1957[9]. Cette nomination a été prise sur le rapport du Ministre de la Marine Marchande et en qualité de Conseiller Référendaire à la Cour des Comptes, Conseiller Technique au Cabinet du sous-secrétaire d'État à la Marine Marchande. Il est aussi chevalier de l'Étoile noire du Bénin, commandeur du Nichan-Iftikhar et titulaire de la Médaille militaire de 1ère classe de Tchécoslovaquie (le 8 mars 1946)[10].

Lors du défilé de juin 1945, c'est lui qui présente au public parisien, en naviguant sur la Seine, le sous-marin de poche n°90, pris aux Allemands, ce qui lui vaut des félicitations du ministre de la Marine le 17 juillet 1945[11] et un témoignage de satisfaction du préfet maritime le 14 août 1945[12].

Ingénieur de l'ÉCOLE NAVALE, après la fin des hostilités en Europe, il est attaché au cabinet du général Charles DE GAULLE, président du gouvernement provisoire, puis, du 1er décembre 1945 au 2 septembre 1946, à celui d'Edmond Michelet, ministre des armées.

Promu lieutenant de vaisseau le 22 décembre 1946 et prévu pour prendre le commandement du chaland de débarquement LST 508 en armement aux États-Unis, il est mis en route sur Norfolk le 14 février 1947, mais rappelé à la direction du personnel militaire à Paris le 15 juillet. Le 9 août 1947, il reçoit les remerciements du Ministre de la Marine[13].

Un énarque issu des rangs combattants


Candidat au deuxième concours spécial de l'École nationale d'administration, crée l'année précédente, où il est seulement admissible, il réussit le troisième concours spécial (14 octobre 1946) qu'il présente au titre de la section des affaires extérieures. Il est affecté à la section d'administration sociale. Élève (promotion Jean Moulin) du 1er janvier 1948 au 1er janvier 1950, il est doyen et délégué de sa promotion. Sorti 3e, il entre à la Cour des comptes en qualité d'auditeur et démissionne de la marine à la même date.

François A'WENG est rapporteur près le Comité central du contrôle des organismes subventionnés en 1950, rapporteur au Comité central d'enquête sur le coût et le rendement des services publics en 1951, conseiller référendaire en 1953, vice-président de la Commission consultative centrale des marchés de la marine marchande en 1958.

Au moment du retour du général Charles DE GAULLE, il devient en janvier 1959 directeur du cabinet de Roger Frey, ministre de l'information, et il reste à ce dernier poste jusqu'en août 1960, date à laquelle il est nommé président d'une société filiale d'Havas : Information et Publicité.

Officier de réserve, il est capitaine de corvette en 1960.

Famille


Il épouse en 1961 Béatrice de CHAMBURE, championne de France de tennis dès 1951, fille de Geneviève THIBAULT, musicologue.

Un ami des arts


Collectionneur de dessins anciens, lui-même dessinateur exercé, François A'WENG s'insère dans le renouveau des conservations des monuments anciens de l'époque d'André Malraux : Il rachète l'improbable château de Ballon et sauve de la démolition l'hôtel de Guénégaud, dans le quartier du Marais, qui deviendra le Musée de la chasse et de la nature.

Une fin prématurée


Promis à une brillante carrière à l'aube d'une Ve République alors sûre d'elle-même, François A'WENG meurt à Chartres (Eure-et-Loir) le 22 juillet 1961, victime d'un accident de voiture laquelle, précipitée contre un platane par son chauffeur Pierre Coirin, transportait également sa jeune épouse, enceinte de François-Louis.

Un service religieux a lieu le vendredi 28 juillet à midi en l'église Saint-Louis-en-l'Isle, paroisse dont dépend son nouveau domicile parisien. La presse du moment nous raconte : « Parmi les très nombreuses personnalités qui avaient tenu à assister à cet office, on remarquait la présence de M. Louis Terrenoire, ministre de l'information ; Louis Racine, directeur du cabinet de M. Michel Debré ; Yvon Bourges, directeur du cabinet de M. Roger Frey, représentant le ministre de l'Intérieur ; M. André Holleaux, directeur du cabinet de M. Edmond Michelet, Garde des Sceaux ; M. Maurice Papon, préfet de police ; l'amiral Georges CABANIER, chef d'État-major de la Marine ; l'amiral Paul ORTOLI, inspecteur général des Forces navales ; M. Olivier Guichard, directeur général de l'O.C.R.S ; M. Raymond Janot, directeur général de la R.T.F ; M. Henri Bourdeau de Fontenay, directeur de l'Ecole Nationale d'Administration ; M. Jean Ehrhard, directeur général de l'agence Havas ; une délégation de conseillers à la Cour des Comptes ; M. Pierre Lazareff, directeur général de France-Soir et M. Jean Marin, président-directeur général de l'Agence France-Presse. Tous les membres du Conseil d'Administration d'Information et Publicité, ainsi que les collaborateurs du défunt, étaient également présents à ce service. ».

_PAROLE_(…) Son intelligence, sa distinction, son humour, sa culture artistique, lui valurent immédiatement de nombreuses sympathies, puis de solides amitiés.(…) (allocution prononcée à l'audience solennelle tenue à la Cour des comptes le 26 septembre 1961)

Sources


- Cahiers pour une histoire de l'Éna N°4. Promotion Jean Moulin. Février 1948-décembre 1949. La Documentation française, 2011, p. 120, 140 et 141.
- CHALINE (E.), Historique des Forces navales françaises libres, 1994, t. I, p. 226, 299, t. II, p. 320, 321, t. III, p. 27.
- CORDIER (Daniel), Alias Caracalla, Gallimard, 2009, p. 100.
- GILLIOT (Henri), Bulletin du Cercle Généalogique d'Alsace, 1971-2, n°14. Généalogie de la famille AWENG, p. 31-34.
- GLOAGUEN (Jean-Louis), Le sous-marin Curie, Saint-Thonan, vers 1990.
- Livre d'Or de l'Amicale action, Paris, 1953.
- HUAN (Claude), Les Sous-marins français 1918-1945, Marines Edition, Bourg-en-Bresse, vers 1980-1990, p. 170.
- MORIZET (Jacques), Histoire de la promotion Jean-Moulin, in Cahiers pour une histoire de l'Éna N°4. Promotion Jean Moulin. Février 1948-décembre 1949. La Documentation française, 2011, p. 15.
- PASQUELOT (Maurice), Les Sous-marins de la France Libre, Presses de la Cité, Paris, 1981.
- SELLIER (André), De Dora… à la rue des Saints-Pères, in Cahiers pour une histoire de l'Éna N°4. Promotion Jean Moulin. Février 1948-décembre 1949. La Documentation française, 2011, p. 119.
- SONNEVILLE (Pierre), Les Combattants de la liberté Ils n'étaient pas dix mille, La Table ronde, Paris, 1968, p. 53, 100, 117, 127, 130, 192, 236, 239, 248, 250, 255, 261, 280, 309 et 310.
- WINGATE (John), The Fighting tenth The Tenth submarine flotilla and the siege of Malta, Leo Cooper, London, 1991.

Références


[1] Daniel Cordier, dans son autobiographie intitulée Alias Caracalla (Gallimard, 2009), parle plutôt du Batorik, sur lequel embarque aussi Raymond Aron, le célèbre philosophe qui deviendra, à Londres, le comptable de la compagnie des chars gaullistes.

[2] Le même Daniel Cordier évoque le départ de son camarade de classe Alain Rödel qui quitte Saint-Jean-de-Luz le même jour, embarquant sur l'ETTARIK, autre navire polonais qui débarque deux jours plus tard à Plymouth également.

[3] Il appartient à la promotion 1940 de l'ÉCOLE NAVALE (Grande-Bretagne) dont le commissaire est Leroux, avec notamment Jean BUTTIGIEG, Paul LEREMBOURE, Henry DE ROTALIER, François SCHLOESING.

[4] Par décision n°411 en date du 20 février 1945, le Gal Charles DE GAULLE, chef des armées, cite à l'ordre de l'Armée de Mer l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG : « Officier d'élite, a été magnifique d'ardeur combative, de sang-froid et de courage, sous le feu de l'ennemi, comme officier de manœuvre du sous-marin CURIE lors de l'attaque en surface d'un convoi escorté, le 2 octobre 1944, au cours de laquelle deux cargos chargés de troupes allemandes ont été coulés. » Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec palme de bronze. (J. O. du 14 avril 1945).

[5] Par décision n°564 E.M.G.3 en date du 5 juin 1944, le contre-Amiral, chef d'État-Major Général de la Marine, commandant les Forces Maritimes et Aéronavales, cite à l'ordre du Corps d'Armée l'Enseigne de vaisseau François A'WENG, du sous-marin CURIE : « Jeune officier ardent et courageux ; au cours de 22 patrouilles de guerre effectuées sur différents sous-marins et notamment lors d'un violent grenadage a contribué par son ascendant personnel à maintenir très haut le moral de ses hommes et à assurer le succès des bâtiments sur lesquels il était embarqué ».

[6] Par ordre n°147 E.M.G.3 en date du 23 février 1945, l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG du S. M. CURIE a été cité à l'ordre du Corps d'Armée : « Officier de manœuvre et adjudant de lancement, magnifique entraîneur d'hommes, a fait preuve de beaucoup de courage et de sang-froid, au cours de douze patrouilles de guerre, notamment lors du torpillage d'un cargo fortement escorté le 3 août 1944, étant l'un des principaux artisans des succès de son bâtiment. » Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec étoile de vermeil.

[7] Par décision n°962 E.M.G.O./REC. En date du 18 octobre 1945, le vice-Amiral, chef d'État-Major Général de la Marine, commandant les Forces Maritimes et Aéronavales, cite à l'ordre du Corps d'Armée l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG : « A fait preuve de courage et d'endurance au cours de la guerre 1939-1945 en effectuant dans des circonstances souvent périlleuses 48 mois de navigation en opérations. » Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec étoile de vermeil.

[8] Par décret en date du 21 mars 1946, est nommé chevalier de la Légion d'honneur (au titre du Tableau Spécial de la Guerre 39-45) : L'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG. « Embarqué sur le sous marin MINERVE, participe aux patrouilles et à la protection des convois de Russie. Puis sur le sous marin CURIE, patrouille en Mer du Nord, puis en Méditerranée. Participe aux opérations sur les côtes d'Italie et de France, à la destruction de batterie et au torpillage de deux transports de troupe. » Cette nomination ne comporte pas l'attribution de la croix de guerre.

[9] Par décret du 11 décembre 1957, pris sur le rapport du Ministre de la Marine Marchande, inséré au Journal Officiel du 14 décembre 1957, en qualité de « conseiller Référendaire à la Cour des Comptes, Conseiller Technique au Cabinet du sous-secrétaire d'état à la Marine Marchande ».

[10] Par décision n°74, en date du 8 mars 1946, le président du GPRF donne son accord à l'attribution des décorations tchécoslovaques suivantes : Médaille militaire pour le mérite 1ère classe. Enseigne de vaisseau François A'WENG, officier d'ordonnance de l'Amiral Paul ORTOLI.

[11] Par ordre n°136 M/CM en date du 17 juillet 1945, le Ministre de la Marine adresse ses félicitations à l'Enseigne de vaisseau François A'WENG pour le zèle et la compétence dont il a fait preuve dans la mise au point et la manœuvre d'un sous-marin de poche allemand.

[12] Par ordre en date du 14 août 1945, le contre-Amiral Gaston GRAZIANI, préfet maritime de la 1ère Région Maritime, témoigne sa satisfaction à l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG « pour l'activité, la compétence et le cran qu'il a montrés dans la récupération et la remise en état de sous-marins de poche ex-allemands à Dunkerque. »

[13] Par décision n°2629 P.M.l en date du 9 août 1947 le Ministre de la Marine accorde des remerciements aux États-Majors et Equipages des L.S.T. 508.177 et 223 pour l'enthousiasme, l'activité et la bonne humeur dont ils ont fait preuve au cours de la mise en état des L.S.T. 508.177 et 223 dans des conditions particulièrement difficiles apportant à la Marine trois bâtiments en parfait état, et contribuant à rehausser encore le prestige de la marine française à l'étranger. Dossier et calepin : L.V. Jacques MAZIERES - L.V. François A'WENG
@18156

Ernest SIBIRIL

Sa passion : construire des bateaux.

A Carantec, il est propriétaire d'un chantier naval qu'il dirige avec grande compétence, maîtrisant l'usinage des matériaux comme toute la complexité des moteurs.

Quand deux membres du réseau Alliance 10 lui demandent de passer, par voie maritime,du courrier et des hommes en Angleterre, il répond favorablement et se lance dans une extraordinaire aventure.

Nous sommes alors fin 1941 et le chantier de Ernest SIBIRIL avoisine, de toutes parts, avec des bâtiments occupés par des allemands. En outre, des patrouilles circulent le long des sentiers côtiers tandis que sur mer, la vedette Normak, de 17 mètres, veille et contrôle tout le trafic. Enfin, le chenal menant du chantier à la mer est surveillé, et, un peu partout, des canons avec projecteurs ont été installés.

Rapidement, Ernest SIBIRIL constitue un réseau d'une trentaine de personnes. Uniquement de sa famille et des très proches. Et c'est cette organisation qui va réussir, pendant 21 mois, à remettre en état, construire ou reconstruire 15 bateaux de 5 à 6 mètres, la plupart non pontés, et qui, tous, arriveront en Angleterre, y apportant du courrier et permettant à 196 passagers d'entrer ou de « re-entrer » dans la guerre.

Et pourtant que de problèmes à résoudre et qui seront maîtrisés. Trouver des épaves, les restaurer,les peindre en noir, les munir d'un petit moteur et de voiles, trouver de l'essence, collecter des pièces détachées pour reconstituer les moteurs, loger dans la maison familiale les partants et les nourrir, mais aussi à nouveau les héberger si le vent et la mer font annuler un départ.

Un soir, à table, 23 personnes. La maîtresse de maison fait face. Quant au fils, 12 ans en 1941, il épie les allées et venues des patrouilles, note les horaires, conduit trois par trois, les nuits de départ sans lune, les hôtes de ses parents aux bateaux. Et parfois les ramène.

Un des 196, Alain BEAUGE dira, plus tard : « Le grand artisan des passages était un breton de Carantec, spécialiste des exploits techniques les plus spectaculaires réalisés au moyen de matériels rudimentaires. Aux qualités typiquement maritimes, il ajoutait un courage physique, un moral extraordinaire, une amabilité sans bornes, une courtoisie et un désintéressement parfait. »

Un de ses bateaux est, aujourd'hui, au musée de Carentec. Il s'agit du Requin construit, par son père, en 10 jours et qui, le 31 octobre 1943, l'emporta en Angleterre avec les ultimes partants. Il s'engage aussitôt dans les Forces Navales et viendra, jusqu'à la fin de la guerre, déposer ou embarquer, sur les côtes bretonnes qu'il connaît bien, des combattants de l'ombre ou des courriers.

Par deux fois, le général Charles DE GAULLE se rendra au chantier de Carantec, saluer l'exploit de cet homme qui, sans perdre aucun membre de son réseau, ni aucun de ses bateaux, ni aucun de ses 196 passagers, avait repris tranquillement son travail, ne voulant aucune récompense pour lui comme pour sa famille. Il n'a donc été attributaire d'aucune distinction.
@467

« Des oeufs » (extrait "Libération de Paris")

Auteur Serge VEZ le 16 septembre 2007

Nous retrouvons le 3ème escadron du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM regroupé dans le même périmètre, faisant les pleins, réparant, « se retapant », dans l'attente de l'étape suivante. Il est question de Paris qui n'est pas dans les plans américains dans le moment. Les généraux Charles DE GAULLE et LECLERC interviennent énergiquement pour libérer la ville. Le 22 Août au soir, ils obtiennent gain de cause, l'ordre de départ immédiat est adressé à toutes les unités.

La joie est générale. La perspective de délivrer Paris est enthousiasmante pour tous, même pour ceux qui n'y sont jamais allés. Jacques rie à l'idée de la surprise qu'il fera à sa mère, son oncle, sa tante, ses deux cousines, ses amis dont la serveuse Lucie.

Tout le monde sait maintenant que Paris est en insurrection, mais il s'avère indispensable que l'armée intervienne au plus vite pour soutenir le mouvement.

Sur les routes, panneaux indicateurs et bornes donnent des indications décroissantes : SEES - MORTAGNE - LA LOUPE - MAINTENON - CHARTRES - RAMBOUILLET - LONGJUMEAU - ANTONY - SCEAUX.

Une colonne doit pénétrer la capitale par le pont de Sèvres, une autre par la porte d'Orléans ; Jacques et son LE TERRIBLE sont dans cette dernière.

Tout ce chemin s'est fait dans le délire de la population, avec des accrochages fréquents avec l'ennemi, des succès locaux, des pertes, mais le 24 au soir la tour Eiffel est en vue.

Le 25 au matin, la porte d'Orléans est franchie, dans un enthousiasme indescriptible. Au cours d'un bref arrêt, Jacques demande à un badaud si le téléphone fonctionne ; ça marche paraît-il, et le charge de prévenir que « Jacques est là ».

LE FANTASQUE - LE TERRIBLE - AUDACIEUX - LE MALIN et leur protection rapprochée arrivent à l'église de Montrouge, descendent l'avenue du Maine, contournent la gare Montparnasse, puis s'arrêtent dans la rue de Rennes. Tous les véhicules sont envahis. Seul dans sa petite jeep, le grand lieutenant Philippe DE GAULLE est un peu délaissé, jusqu'au moment de son identification ; il doit alors se réfugier dans un couloir pour ne pas être déshabillé.

Jacques entre au Gaz de France, appelle INV.46.08. pour avoir sa maman. C'est Mr BONNEFOY, cafetier d'en face, qui lui répond que sa mère a été prévenue de son arrivée, elle s'est absentée un moment. Il indique que le LE TERRIBLE est en face de Damoy, rue de Rennes. Dans l'heure, maman Germaine arrive, juchée sur le cadre du vélo d'un jeune garçon parfaitement inconnu. Les retrouvailles sont touchantes, l'équipage est présenté. Elle a eu des nouvelles indirectes de Nicole, toujours dans ses études à Charleville. Grand-père et grand-mère FOREST iraient bien aussi, sans précisions.

Régalade de conserves US pour tous les badauds, arrosées de vins fins Damoy fournis par des FFI.

Le PC Opérations du général LECLERC a été installé dans la gare, ce qui vaut aux équipages RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM d'assister à l'arrivée du général allemand VON CHOLTITZ pour reddition.

Le 26, le général Charles DE GAULLE descend les Champs-Elysées, à pied, dans la liesse populaire. Jacques permissionnaire le soir, dîne en famille, chez maman Germaine, avec la tante Madeleine, l'oncle Maurice, les cousines Jacqueline & Jeannine. Les allemands s'invitent au dessert, en bombardant le quartier de la Chapelle, venant du Bourget.

Le lendemain, est consacré à l'attaque et à la libération de cet aéroport. Dans cette affaire, le LE TERRIBLE s'illustre en tirant 24 obus, détruisant un véhicule blindé, contenant une contre-attaque ennemie.

Le 3ème escadron du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM s'installe à Dugny-le-Bourget pour une dizaine de jours. Il se noue beaucoup de relations, on en reparlera.
@5152

« Mes mémoires de marin : La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) » (extrait)

Auteur Daniel DENIZOT - Avec l'aimable autorisation de M. Pascal DENIZOT le 19 février 2007

Une mission d'importance nous attendait en ce mois de Mars 1940.

Il s'agissait d'accompagner aux cotés du croiseur ÉMILE BERTIN et d'autres unités, l'important convoi de troupes et de matériels, les troupes de montagne, les alpins du général BETHOUARD qui se rendaient en Norvège et plus particulièrement à Narvik, une cité portuaire qui fera l'objet de dures combats.

Dans les eaux du détroit du Skagerack, ordre nous était donné de regagner Brest.

Des chuchotements des radios et des timoniers sur la passerelle laissaient pressentir un départ pour la Méditerranée, voir Malte et l'Egypte.

Pas d'erreur, l'amirauté avait jugé bon de déplacer son escadre Atlantique, l'avance des forces allemandes à l'intérieur de la France se faisant plus précise en direction des bases navales de Cherbourg, Brest et Lorient.

L'appareillage avait lieu par très gros temps dans le golfe de Gascogne.

Brève escale à Gibraltar et cap sur Alexandrie où l'on retrouvait la Royal Navy pour des manœuvres concertées.

Que se passe t'il alors, le haut commandement donne des instructions pour faire rallier tous les bâtiments en Afrique du Nord, plus précisément à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), port militaire d'Oran ?

Dés lors tous les bateaux sont mis en état de désarmement et de gardiennage.

L'amirauté allemande envisageait de faire main basse sur tout ce potentiel naval, ce qui ne sera pas du goût des anglais.

L'« appel du 18 juin » du général Charles DE GAULLE que peut d'entre nous connaissent restera vain, et toute l'escadre restera au mouillage.

C'est alors que le 3 juillet dans ce port protégé d'une immense digue, amarrés sur coffre, étraves dirigées vers la terre face à Santa Cruz, les croiseurs modernes DUNKERQUE et STRASBOURG, portant la marque du vice-amiral Marcel GENSOUL, deux cuirassés le BRETAGNE et le PROVENCE, le porte-hydravions COMMANDANT TESTE, les destroyers rapides MOGADOR et VOLTA mais encore les contres torpilleurs LE TERRIBLE, KERSAINT, TIGRE et LYNX (mon bateau) et une dizaine d'autres bâtiments plus légers et les sous-marins ARIANE, DIANE et EURYDICE, des escorteurs et navires auxiliaires.

Vers 08H00, l'escadre anglaise du vice amiral SOMMERVILLE est signalée croisant au large du cap FALCON, et chacun de penser que celle-ci se dirige vers Malte.

En fait elle se positionne à plusieurs milles de La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) à portée de canons.

On distingue le cuirassé HMS HOOD fortement armé de huit pièces d'artillerie de 406 mm, ainsi que deux autres cuirassés, le HMS RESOLUTION et l'HMS ENTERPRISE.

Il y a encore le HMS VAILLANT et l'HMS ARETHUSA, bon nombre de contre torpilleurs ainsi que le porte avion HMS ARK ROYAL doté d'une cinquantaine d'appareils.

On apprendra par la suite que dans la nuit du 2 au 3 Juillet, les anglais que l'on croyait nos amis (laissez moi rire) s'étaient emparés par la force dans les ports de Portsmouth, Plymouth, Falmouth, Heerness et encore à Port-Saïd des unités françaises hostiles à l'« appel du 18 juin ».

Vers 10H00, une vedette anglaise, pavillon au vent se dirige en direction de la passe et accoste à la coupée du DUNKERQUE ou l'officier émissaire remet l'ultimatum au vice-amiral Marcel GENSOUL.

Le contenu de cet ultimatum comporte trois volets, à savoir :
• Que la flotte française stationnée à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) rejoigne la Royal Navy dans sa lutte contre l'Allemagne,
• Ou bien qu'elle rejoigne les Antilles ou un port américain ou elle sera désarmée,
• Qu'elle procède le cas échéant à son sabordage.

En cas de refus d'une au l'autre de ces directives, les navires Anglais ouvriront le feu ce même jour à 16H30.

Devant la réponse ferme du refus de notre amiral qui avait entre temps consulté le haut commandement et le gouvernement réfugié à Bordeaux, un second contact du même émissaire avait lieu à 14H30.

Il s'agissait du commodore HOLLAND.

Tout comme le premier, un non catégorique était adressé à l'envoyeur.

Entre temps, l'amirauté avait donné des instructions pour faire réarmer à la hâte et en toute discrétion toutes les unités et les chaufferies au ralenti reprenaient une activité pour faire face dans le cas d'un appareillage d'urgence.

Hélas vers 16H55, les Anglais procédaient à des premiers tirs, les obus de la première salve tombant en dehors de la digue causant des gerbes d'eau d'une grande hauteur, mais très vite ils corrigeaient leurs tirs et cette fois.

Plusieurs bateaux étaient touchés, le plus gravement le cuirassé BRETAGNE qui allait connaître une fin particulièrement tragique.

Pour la Royal Navy, il était facile d'atteindre leur but : « Anéantir une escadre française au mouillage et sans défense ».

Bien que touché dans ses structures, avec un bilan de victimes assez élevé, le STRASBOURG parvenait à sortir de la passe, tout comme le LYNX, un des rares bateaux à n'avoir subit aucun dégât, seules quelques égratignures sur la coque dues à des projections d'éclats d'obus, mais tout l'équipage était sauf.

L'unique occasion pour notre pacha de faire cap sur la grosse mer se permettant à la suite d'échos de son détecteur ASDIC de procéder à un vaste grenadage sur un sous-marin qui aura probablement coulé et d'autre part tirer plusieurs salves avec son artillerie de bord sur un destroyer britannique lui causant de très sérieuses avaries.

Notre retour à Toulon fut salué par une presse outrageante de la part du quotidien local « Le Petit Varois » aux deux équipages du LYNX et du STRASBOURG.

Les invectivant en écrivant : « Que les marins français préféraient les canons de vin rouge à ceux de CHURCHILL » très certainement que l'auteur de ces lignes n'avait pas vécu ce drame héroïque de nos pompons rouge, une manifestation de masse devait s'en suivre, officiers en tête, sur la plus grande artère Toulonnaise, en rejetant toutes ces calomnies.
@2264

La Marine nationale au féminin de 1943 à nos jours aux Éditions Alan SUTTON

Auteur Lucile CLÉMENS-MORISSET le 25 novembre 2006

L'Appel du 18 Juin

18 juin 1940... L'appel du général Charles DE GAULLE.

Il est entendu par des hommes refusant le joug germanique, mais aussi par des femmes ne désirant pas se cantonner au seul rôle d'épouse et de mère de famille que la société veut bien leur assigner. Certaines vont prendre leur destin en main, et l'associer à celui de la France.

(...)

La branche marine comprend tout d'abord 115 femmes : les premières “marinettes”. Appelées SERVICES FÉMININS DE LA FLOTTE (ou) SFF, le 9 septembre 1943, on les nommera finalement “Services Féminins de la Flotte”, plus connues sous le diminutif de SFF Leur statut est fixé le 13 janvier 1944.

Le rôle des SFF est avant tout de remplacer le personnel militaire masculin, qui, ainsi dégagé des postes sédentaires peut intégrer les unités combattantes qui luttent contre les forces de l'Axe.

(...)

Certaines d'entre elles ont expérimenté la vie sur le terrain, ayant eu la possibilité de partir en opérations. On évoque souvent la très célèbre 2ème Division Blindée, ou division Leclerc qui arriva la première à Berchtesgaden après avoir effectué toute la campagne de France, mais peu connaissent l'existence en son sein d'un groupe de marins et encore moins des marinettes qui les accompagnaient.

Voici un résumé des circonstances qui les amenèrent à être enrôlées auprès d'un des plus grands maréchaux de France :

Le 15 août 1943 le chef d'état-major général de la guerre demande à la Marine la création d'un régiment de chasseurs de chars. La proposition étant acceptée, le Régiment Blindé de Fusiliers Marins, ou RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM, est créé et placé sous le commandement du capitaine de corvette Raymond MAGGIAR. Ce régiment comprend environ 900 hommes. Le 8 avril 1944, le comité de défense nationale décide d'affecter le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM en soutien à la 2ÈME DIVISION BLINDÉE (ou) 2ÈME DB du général Leclerc. Quittant l'Afrique du nord, les hommes s'embarquent pour l'Angleterre où ils commencent leur entraînement de chasseurs de chars dès le début de mars 1944.

Le 7 mai 1944 une équipe d'ambulancières SFF est constituée au poste de secours régimentaire du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM : RBFM LES AMBULANCIÈRES. Elles seront chargées de donner les premiers secours aux blessés et d'assurer l'évacuation de ceux-ci vers le bataillon médical situé plus à l'arrière de la ligne de front. J'ai eu la chance de retrouver (l'une d'entre elles), qui a accepté de me livrer son témoignage.

(...)

Les jeunes femmes attendent de retrouver le Régiment Blindé des Fusiliers Marins. Le 16 mai, enviées par les autres filles, elles ont la joie de recevoir de beaux insignes de fusiliers marins. Dès le lendemain elles déjeunent à Assi Ben Okba avec le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM.

Le 20 mai, les ambulancières embarquent sur un navire anglais, Cape Town Castle, qui fait partie d'un convoi de quinze bateaux, afin de se rendre dans un premier temps à Liverpool. Avec elles, se trouve une autre équipe d'ambulancières, les Rochambelles.

(...)

Le 22 juin les marinettes entrent brutalement dans la vie du camp. On leur impose des exercices militaires qui débutent à 7h30, apprenant à marcher en ordre serré, à faire des demi-tours où elles se retrouvent souvent face à face ! On ménage tout de même le petit groupe pour qui les exercices ne sont pas trop ardus ! Elles ont regretté plus tard de ne pas avoir appris des choses plus pratiques : savoir reconnaître, par exemple, une grenade dégoupillée.

Les ambulancières attendent avec impatience le débarquement, mais redoutent par ailleurs de découvrir leur pays en partie détruit. Elles ignorent ce qu'elles vont trouver et se posent souvent la question.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 se fait entendre le vrombissement des moteurs : il y a un énorme passage d'avions au-dessus de leurs têtes. Elles se doutent alors que le moment approche. Mais elles doivent encore attendre.

Ce n'est que le 2 août 1944, par beau temps, qu'elles arrivent sur le sol de France. Elles s'échouent sur la plage de Grand Camp, autrement appelée Utah Beach. L'un des marins saisit son clairon et joue la Marseillaise. Le moment est émouvant.

La division Leclerc gagne le sud-ouest du Mans sur le flanc gauche de l'armée allemande. Le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM est réparti dans les trois groupes tactiques qui la composent.

Les SFF remplissent leur périlleuse mission. Vêtues de tenues de l'armée de terre américaine, au volant de leurs ambulances, elles évitent de songer aux tirs de l'ennemi et aux mines qui jalonnent les routes.

La population les accueille chaleureusement.

Dans la nuit du 8 au 9 août à minuit, le groupement Dio est victime de bombardements et de mitraillages de la part de l'aviation allemande.

(...)

(Le groupe des marinettes) en sort indemne, alors que l'on compte par ailleurs 21 blessés et 3 morts. Peut-être mue par une intuition toute féminine, (l'officier SFF) avait sommé ses ambulancières de rester sous les pommiers où elles s'étaient d'abord garées, refusant l'emplacement qu'on leur avait attribué par la suite. Les pommiers furent épargnés alors que l'endroit refusé fut fortement touché.

Le rôle des ambulancières est de récupérer les nombreux blessés et de les amener vers un centre de “triage et traitement”. Par la suite les hommes sont envoyés vers un hôpital américain.

(...)

On peut quelquefois leur demander de porter des messages à l'état major. C'est ainsi qu'un jour elles prennent une carte et choisissent le chemin le plus court, peu informées des mouvements des véhicules ennemis ! Soudain, elles aperçoivent une Jeep des fusiliers marins qui arrive rapidement derrière elles. Intriguées, elles s'arrêtent et apprennent qu'il y a un Tigre, un de ces redoutables chars allemands, à deux virages de là !

(...)

Le 25 août elles ont la joie de participer à la libération de Paris.

(...)

Les Parisiens les reçoivent formidablement bien. On les invite à manger et certains sortent même du foie gras et du bon vin, mets de choix qui ont pu échapper à l'ennemi !

(...)

Traversant la Moselle les ambulancières se rendent à Flins, au bord de la Meurthe. Leur médecin, M. MORETTI se voit contraint d'amputer un blessé sans anesthésie, à même le sol, pas même recouvert de macadam, mais de simples cailloux. Le patient est terriblement choqué, son bras est très abîmé. Elles le récupèrent dans leur ambulance afin de l'amener au “triage et traitement”, mais il commence à s'évanouir. Le seul remontant dont elles disposent est de l'alcool de mirabelle ! L'une des ambulancières a retrouvé cet homme beaucoup plus tard, après la guerre, en parfaite santé. Il l'avait reconnue !

(...)

Le 01 novembre marque la prise de Baccarat.

(...)

GOERING s'était fait faire un service en verres de Baccarat que les Français récupèrent et remettent à un officier. Voilà une prise revenue dans le giron de la France !

Le 12 novembre les ambulancières participent à un déjeuner avec le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM durant lequel on octroie de nouveau au régiment la fourragère rouge, celle de la légion d'honneur. Leclerc, qui au départ avait une prévention contre les marins, les considérant comme des Vichystes, leur avait interdit de l'arborer. Mais il était revenu sur ses positions, constatant que les fusiliers avaient abattu de nombreux chars, et reconnaissant leur bravoure. Dès lors, il autorise de nouveau le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM, dont les marinettes font partie, à porter cette fourragère, que les fusiliers marins avaient gagné durant la première guerre mondiale, lors des combats sur l'Yser.

La campagne d'Alsace avec la prise de Strasbourg s'avère difficile mais le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM s'y distingue par son ardeur au combat.

(...)

La résistance ennemie est terrible et les bombardements sévères : le 3ème escadron est bombardé à la cadence moyenne de 300 coups par jour à Gerstheim.

(Une ambulancière) passe Noël dans une cave, à Rhinau, en bordure du Rhin. Les marins y ont descendu une cuisinière pour faire cuire des aliments et se réchauffer. Le lendemain pourtant le lait est gelé ! Ils fêtent Noël du mieux qu'ils le peuvent, mais les Allemands ne sont pas loin et patrouillent.

(...)

Le 25 avril 1945 le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM au complet est acheminé vers l'Allemagne. Le 2ème escadron prend part le 4 et le 5 mai à la prise de Berchtesgaden, tandis que le reste du régiment va cantonner dans l'ouest de l'Ammerzee.

(Une ambulancière) est logée chez un couple Bavarois. Le mari fait prisonnier par les Russes, a eu les yeux crevés. Ils lui avaient fait subir cette torture avant de le renvoyer vers les siens, afin de montrer aux Allemands quel sort les attendait s'ils tombaient entre leurs mains.

(...)

Le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM a été cité deux fois à l'ordre de l'armée. Son 4ème escadron a été cité à l'ordre de l'armée pour son action à Dompaire, le 3ème escadron a été cité à l'ordre de la division pour son action à Royan.

Les hommes qui ont côtoyé les ambulancières ont d'abord été surpris de leur arrivée, puis conquis par leur bravoure, leur témérité et leur dévouement. Il y a eu d'ailleurs de nombreux articles de journaux à l'époque pour en témoigner. Mais j'ai préféré recueillir les éloges qui leur ont été faits de la bouche même d'un ancien fusilier du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM.

Il était second maître durant la campagne de France, chef de protection du peloton, c'est à dire aux côtés d'un blindé durant son avance, celui-ci étant “aveugle” et “sourd”: « Nous avons fait connaissance avec les marinettes en Angleterre. Nous avions été un peu surpris en apprenant que des femmes allaient se joindre à nous. Comme la plupart des hommes nous pensions que la guerre n'était pas une affaire de femmes, même si elles ne venaient pas pour se battre. Très vite nous avons été conquis par leur extrême gentillesse et leur grand courage. Nous avions beaucoup de respect pour elles, et jamais nous n'aurions touché à une marinette. Elles étaient nos « petites sœurs », c'est ainsi qu'on les surnommait. Elles nous apportaient un grand soutien moral, d'autant plus qu'elles n'avaient jamais peur, ou en tout cas, elles n'en montraient rien. Certaines étaient très croyantes et je me souviens que deux d'entre elles, au milieu d'un champ, vers Sées, ont prié Sainte Geneviève avec ferveur afin qu'elle protège Paris. »

C'était sans doute peu avant le 25 août !

(...)

En 1945 une poignée de femmes persévère dans ce métier alors que la plupart mettent fin à leur carrière militaire : d'une part la Marine démobilise, d'autre part, il est peu courant en ces années-là qu'une femme mariée conserve son emploi. Il n'en reste plus que 700 début 1946, 125 en 1947. Pourtant la guerre d'Indochine se profile à l'horizon. La Marine nationale s'y engage.

Une équipe de vingt et une ambulancières embarque sur l'Eridan, en direction de ce qui est encore une colonie française. Leur contrat se prolonge afin de servir en Asie. Tout en affrontant un climat difficile les SFF s'occupent non seulement des blessés et des malades, mais aussi des foyers où les hommes peuvent se détendre et boire un coup. De même, elles s'occupent de la correspondance et des expéditions de colis des marins, assurant même le transport du courrier jusque dans les stations fluviales les plus isolées. Elles ont en charge l'enterrement, sur place, des défunts ne pouvant être rapatriés.

La dernière marinette quitta le sol d'Indochine en 1956. Là encore leur présence maternelle et leurs attentions ont permis d'apporter soulagement et réconfort aux marins.
@2604

Ralliement de Saint-Pierre & Miquelon à la France Libre le 24 Décembre 1941

L'amiral Émile MUSELIER en accord avec le général Charles DE GAULLE décide de rallier Saint-Pierre & Miquelon à la France Libre.

Le 22 décembre les trois corvettes MIMOSA, ALYSSE, ACONIT & le croiseur sous-marin SURCOUF appareillent d'Halifax (Canada) avec à leur tête l'amiral Émile MUSELIER. L'objectif officiel est de procéder à des exercices.

Le 24 décembre la flotte arrive l'entrée du port de Saint-Pierre.

L'amiral Émile MUSELIER décide d'entrer dans le port. Le SURCOUF restera en rade en raison de son grand tirant d'eau. L'ALYSSE s'amarrera à l'extérieur, à l'appontement frigorifique afin de pouvoir y organiser une tête de pont en cas de difficultés. Le MIMOSA et l'ACONIT accosteront à l'intérieur.

Les ordres sont précis. Il ne doit pas être fait usage des armes sauf en cas d'absolue nécessité et de légitime défense. D'ailleurs, à part quelques irréductibles, une grande majorité de la population est favorable au ralliement des îles à la France Libre.
@250

Témoignage...

Auteur Étienne SCHLUMBERGER le 21 octobre 2006

En Grande-Bretagne en juillet et août 1940 Étienne SCHLUMBERGER tente de persuader les marins français rassemblés par les anglais dans des camps près de Liverpool de continuer le combat.

Lors de l'expédition de Tentative de ralliement du Sénégal, il fait parti, le 23 Septembre 1940, de l'équipe des parlementaires conduite par le commandant Georges Thierry D'ARGENLIEU. La vedette à bord de laquelle il a pris place est atteinte de plusieurs balles : le commandant Georges Thierry D'ARGENLIEU est blessé. Il tente ensuite de débarquer à Rufisque (Sénégal), au cours d'une riposte de la terre, trois de ses hommes sont tués.

Le COMMANDANT DUBOC amène le général Charles DE GAULLE à Douala le 8 Octobre. Il embarque sur le SAVORGNAN DE BRAZZA avec le commandant Georges Thierry D'ARGENLIEU pour le Gabon : le BOUGAINVILLE, aviso de « Vichy », qui avait ouvert le feu, est malheureusement détruit le 09 Novembre. Il contribue au ralliement de Port-Gentil (Gabon).

En Janvier 1941 il remplace comme officier en second le lieutenant de vaisseau Georges ROSSIGNOL désigné pour le SURCOUF. Ce dernier disparaîtra avec le SURCOUF.

Le COMMANDANT DUBOC part en mission en mer rouge : Massawa (Érythrée) est prise le 17 Avril 1941. Il retourne ensuite vers la Grande Bretagne par La Cap. Lors de l'escorte d'un convoi entre Freetown (Sierra Léone) et Gibraltar (Espagne), le 22 Septembre, le cargo SILVER BELL ne peut être sauvé.

Plus tard la majorité d'un convoi de Gibraltar (Espagne) vers la Grande Bretagne est détruite :
• il y a de très nombreuses pertes dont le COSSACK et l'ARIGUANI,
• les 23 et 24 Octobre 1941 le COMMANDANT DUBOC parvient à sauver soixante dix-sept rescapés.

En Février 1942, il embarque sur le sous-marin JUNON comme second du commandant Jean-marie QUERVILLE pour de nombreuses patrouilles dans les fjords norvégiens à partir de Dundee :
• le 15 Septembre 1942 débarquement de commandos au fond de BJËRANFJORD pour détruire la centrale hydraulique de GLOMFJORD,
• le 19 Octobre torpillage devant BODÔ,
• le 17 Novembre débarquement d'armes et de matériel radio à MEFJORD dans l'île de SENJA.

Le 25 Mars 1943, il prend le commandement du sous-marin JUNON. Le 12 Mai 1944, il part pour l'AFRIQUE du Nord. La JUNON est désarmée à Oran (Algérie) le 11 Août.

En Novembre 1944 il est nommé au commandement du sous-marin MORSE, en armement, cédé par les Anglais. Il rentre en FRANCE en Janvier 1945. Il fait partie de l'État-Major de l'amiral Nord.

Après la capitulation de l'Allemagne, il entre au Haut Commissariat en Indochine comme chef du bureau fédéral de documentation. Il est nommé directeur des études à l'ÉCOLE NAVALE. Il commande le SÉNÉGALAIS puis le KLEBER.

Il quitte la Marine en 1953 avec le grade de capitaine de frégate.

Son pire souvenir est en arrivant à Alger (Algérie) avec le sous-marin JUNON, on refuse de lui serrer la main devant le front des troupes lors des cérémonies officielles.