Raymond, Emile,Charles,Joseph MAGGIAR
   Dernier grade : Contre-amiral
12 mars 1903 Tavernay (71)
19 août 1995 Paris (75)
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Etats de service...

Dates Evénements
Contre-amiral
RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM - Commandant
- 1922 -
     /1922
ÉCOLE NAVALE - Entre à Navale
- 1924 -
     /1924
COURBET - Embarqué
     /1924
FLANDRIA - Embarqué
- 1927 -
     /1927
MISTRAL - Embarqué
- 1930 -
     /1930
VALMY - Embarqué
- 1931 -
     /1931
SUFFREN - Embarqué
- 1932 -
     /1932
PRIMAUGUET - Campagne en Extrême-Orient,jusqu'en 1934.
- 1934 -
     /1934
COURBET - Sert de nouveau sur le cuirassé.
- 1938 -
     /1938
DUNKERQUE - Embarqué
- 1939 -
     /1939
LE FANTASQUE - Embarqué
- 1940 -
     /1940
VILLE D'ALGER - Participe au débarquement de Narvik.à l'évacuation de Dunkerque et à l'escorte de l'or français entre Brest et Dakar.
24/09/
Défense de Dakar qui subit l'attaque Anglaise.
- 1941 -
Capitaine de Corvette.
  /09/
Commandant en second du croiseur auxiliaire Bougainville ex Victor Schoelcher (commandant Capitaine de frégate Fontaine)
- 1942 -
05/05/
Capturé par les Anglais lors de la défense du port de Diégo-Suarez,son unité le'Bougainville' est coulée.
- 1943 -
  /03/
Après sa captivité il rejoint les Forces Françaises en Afrique du Nord.
  /03/
Commande le bataillon de Bizerte durant la libération de la Tunisie et le régiment des fusiliers-marins de la 2ème division blindée dirigée par le général Leclerc.(R B F M)
- 1944 -
Débarqué en Normandie,blessé à Paris,il fait la campagne de France avec son régiment de chars-destroyers.(R B F M)
- 1947 -
Capitaine de Vaisseau.
- 1948 -
Commande le Centre inter-armées des opérations amphibies,jusqu'en 1950.
- 1953 -
Commande la Marine au Tonkin.
- 1955 -
Contre-Amiral.Il quitte le service peu de temps après.




Photographies, numérisations, etc.

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RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM



• Commandant : capitaine de corvette Raymond MAGGIAR
• Adjoint : capitaine de corvette André MARTINET
• Chef du Service Transmissions : enseigne de vaisseau de 1ère classe COUDER

LA BALEINIERE
GHISLAINE
PIGOULIERE
LA FRÉGATE
L'ÉVEILLÉ
(L1013002)
SANS SOUCIS
ONDINE
LA BISQUINE
LE CÔTRE

Escadron d'état-major



Peloton d'état-major


Lieutenant de vaisseau BRISSET
Lieutenant de vaisseau CARSIN

SAINTONGE
BOURGOGNE
BALLON D'ALSACE
LE YOUYOU
LE YACHT
LE BERTHON
LA YOLE
(400X)
TONTON
TERRE NEUVA
LA GALERE
LA CORVETTE
L'INSPIRÉ
L'ÉTOURDI

Peloton Atelier


Ingénieur de 1ère classe LE FLEMM

LE KREISQUER
SAINT-ÉLOI
OCULI
L'ARMUR
AU BON MARCHÉ
CREUSOT
LE GALLIPETAN
SIX PIEDS 1
SIX PIEDS 2
LE PUISSANT
LE POUSSIF

Peloton de Commandement


Enseigne de vaisseau BREVARD

Aumoniers


Père SYBILLE
Père HOUCHET
Père DUGON

Train régimentaire


Officier des équipages HILLION

L'HÉRAULT
CARABINE
CASQUE
(440598)
RAM DAM

Escadron Hors-Rang


lieutenant de vaisseau OLLIEU (ou) DE OLIEU
lieutenant de vaisseau MOUNIET

Peloton de Commmandement



Peloton unité



DOMINIQUE
TOURANE
ESCOFFIER
(90479)
LA GOÉLETTE
SAINT-BERNARD

Peloton d'approvisionnement


FRIANT

BÉARN
FLEURET
ARBALETTE
PANTAGRUEL
GARGANTUA
BALISTE
MOUSQUET
ARQUEBUSE
COULEUVRINE
TROMBLON
BOMBARDE
LANCE
D'ARTAGNAN
ATHOS
PORTHOS
ARAMIS
JOYEUX
TIMIDE
GRINCHEUX
SIMPLET
BLANCHE NEIGE
PROFF
ATCHOUM
DORMEUR



1er Escadron


Lieutenant de vaisseau PAULY
Lieutenant de vaisseau DYVORNE

Peloton de commandement



(427527)
(425496)
CLAIN FOC
ÉTAMBOT
DUNETTE
LE BOSSOIR
BRION
ÎLE DE BATZ

Peloton hors-rang


Premier maître ROGER

Peloton de pionniers


Offier des équipages RENOULT
Puis enseigne de vaisseau BEBIN
Puis second maître KERDRAON

YSER
MALMAISON
LAFFAUX
NIEUPORT
DIXMUDE
YPRES

Peloton de mortiers


Aspirant GOURMEL

MEKTOUB
SECOND MAÎTRE KREMER
FARFADET
FEU FOLLET
KORRIGAN

Peloton d'automitrailleuses


Enseigne de vaisseau CHAVANNE

BOULINE - Enseigne de vaisseau CHAVANNE
BRIGANTINE - Aspirant DE SAZILLY
TRINQUETTE - Premier maître CHOSEROT
AMURE
COXYDE
GABIER
PATARA
BASTAQUE
BEAUPRÉ
HUNIER
NID DE PIE
(425240)
FLIBUSTIER
CORSAIRE
PIRATE
FORBAN
FORBAN II
BOUCANNIER
BOUCANNIER II
PIGOULIERE
TARTANE
CORVETTE
PINASSE

1er peloton de combat


Enseigne de vaisseau Philippe DE GAULLE

AMURE
COXYDE
GABIER
PATARA
BASTAQUE
NID DE PIE
LV VASSAL
FLAMME - CAMPORIO Chef de char, LE PONNEN Chef de char, Jean LEGENDRE Tireur, MARTINEZ Chargeur, André BELDA Conducteur, Jean SENOVILLE Radio
FOUDRE - GOUIL
TONNERRE - VERNIER, Corentin GOUILL
ÉCLAIR - SELLIN, Corentin GOUILL Chef de char

2e peloton de combat


Enseigne de vaisseau DYVORNE

BOULINE 2
BRIGANTINE
TRINQUETTE
BEAUPRÉ
ASPIRANT DE SAZILLY
TOURVILLE - LEPIL Chef de char
SUFFREN - LEPIL

3e peloton de combat


Enseigne de vaisseau CHAVANE

PINASSE
PIGOULIERE
TARTANE 2
CORVETTE 2
(425240)
FLIBUSTIER
CORSAIRE
PIRATE 2
FORBAN
BOUCANNIER

2ème escadron


Lieutenant de vaisseau GUILLON
Lieutenant de vaisseau GELINET

LE CANARD - HERVE
TOURTERELLE 2
JOYEUSE 2
ARC EN CIEL
CHOUETTE
LE HÉRON
GOËLE
PINGOUIN
CORMORAN

Peloton Hors-Rang



Peloton porté


Premier-maître LE MENN
Puis enseigne de vaisseau BEBIN
Puis de nouveau LE MENN

1er peloton de combat


Enseigne de vaisseau HINDEN

PANTHERE
LION - COLLOCH Chef de char, MAHÉ Tireur, BACHER Chargeur, ALLO Conducteur, RENAUD Radio
LION II - COLLOCH Chef de char, MAHÉ Tireur, BACHER Chargeur, ALLO Conducteur, RENAUD Radio
LYNX - ETESSE Chef de char, ARRIEUX Tireur, NIVOLET Chargeur, TRUCHOT Conducteur, NÉDÉLEC Radio
LÉOPARD - DANTEC Chef de char, CABRIÉ Tireur, Joseph PRIGENT Chargeur, Charles DE VERGNETTE Conducteur, GUILLAUMIN Radio
JAGUAR - TRINGUAT Chef de char, MANIVELLE Tireur, BERRENGUER Chargeur, Rogers FORCIOLI Conducteur, NICOLAS Radio
OCELOT
MINET
CHAT BOTTÉ
RAMINA GROBIS
ANGORA
PUMA

2ème peloton de combat


Enseigne de vaisseau BERNARD

REQUIN
MORSE - DEVAUX, HUGUET (ou) UGUET Chef de char, Job QUEZEDE Tireur, REVERDI Chargeur, MARTEAU Conducteur, LAUDREN Radio
PHOQUE - BELFILS (ou) BELFIS Chef de char, François CLAD Tireur, BUTTIGIEG Chargeur, NARCÈS Conducteur, BÉNÉDIC (ou) BENEDICT Radio
PHOQUE II
MÉDUSE
GIRELLE
MURENE
ONDINE
CONGRE
MARSOUIN - SLOMSKY Chef de char, NICOLAS Tireur, PROVOST Chargeur, LAMY Conducteur, BOSCHE Radio
MARSOUIN II
SOUFFLEUR - LE GOFF Chef de char, GONIDEC Tireur, LE MERCIER Chargeur, SOTTER Conducteur, PRISSÉ Radio
SOUFFLEUR II - LE GOFF Chef de char, Jean MONCORGÉ (dit) JEAN GABIN Chef de char, GONIDEC Tireur, Raymond THIÉBAULT Conducteur, Roger LEGENDRE Aide conducteur, Jacques CHEVALIER Chargeur

3ème peloton de combat


Enseigne de vaisseau BARNAUD

AIGLE
VAUTOUR - ROCH
VAUTOUR - COMBEAU, Jean ROBIN Tireur, RIEUTORD Conducteur, FEIGNE Radio
MILAN - CASTOR
ÉPERVIER - SPARFEL Chef de char, Jean COZIEN, Jean SÉVÈRE, LEMOUËL, JOUANO
ALOUETTE 2
BERGERONNETTE
FAUVETTE
AIGRETTE 2

3ème escadron


Lieutenant de vaisseau BONNET

(425536)
CRABE
GLOIRE
CHAMPAGNE
INCOMPRISE
LA SURPRISE
MONTCALM - Marcel LE GAL
SOUTE

Peloton Hors-Rang



1er peloton de combat


Lieutenant de vaisseau JOSSE
Puis enseigne de vaisseau PASCALIDIS

LE MALIN - DELAFOSSE Chef de char
LE MALIN II - DELAFOSSE Chef de char
LE FANTASQUE - DENNIEL Chef de char, GUENEGAN Tireur, MONTJARRET Chargeur, FLEITH Conducteur, LE BOULCH Radio
LE FANTASQUE II - DENNIEL Chef de char
LE TERRIBLE - François LE GOURRIÉREC Tireur, ALLAIN Aide-tireur, LE BOULCH Conducteur, Rolland MAUPIN Conducteur, MOUSCARDÈS Radio
LE TERRIBLE II - Serge VEZ
AUDACIEUX - METE Chef de char
LE TRIOMPHANT - CONAN Chef de char
GAZELLE - JOSSE Chef de voiture
ÉLAN - Philippe DE GAULLE Chef de voiture
BISON
CHEVREUIL
CHAMOIS
SAUTERNES - SIRI Chef de voiture

2ème peloton de combat


Enseigne de vaisseau Lacoin _HOMME__

LE VENGEUR - LE GENTIL
FLIBUSTIER - CALVEZ Chef de char
FLIBUSTIER II
CORSAIRE - CHANARD
MAMELUCK
LANSQUENET
FAROUCHE 2
TÉMÉRAIRE 2
INTRÉPRIDE
AVENTURIER
ENTREPRENANT
JURANCON

3ème peloton de combat


Lieutenant de vaisseau VILAREM
Puis enseigne de vaisseau D'HAUTEVILLE

LORRAINE - MERHNI
RICHELIEU - FRANCHESCHINI
RICHELIEU II - FRANCHESCHINI, CAJA, JAOUEN
DUNKERQUE - JAOUEN Chef de char
JEAN BART - PASSAQUET
STRASBOURG - LE ROUX (ou) LEROUX
RAILLEUSE
BOUDEUSE
DÉDAIGNEUSE
IMPÉTUEUSE
TAPAGEUSE
BANYULS

4ème escadron


Lieutenant de vaisseau RICHARD

L'INDOMPTABLE
VULCAIN
MARIE LOUISE
(190035)
LE MALIN
L'INDOMPTABLE
POURQUOI PAS
CASTOR
POLLUX

Peloton Hors-Rang



1er peloton de combat


Enseigne de vaisseau ALLONGUE

LE TONNANT - BEDIOT
ORAGE
BOURRASQUE - DOUARD
TEMPÊTE
OURAGAN - BOUTEILLE
LA DILIGENTE
LA CONQUÉRANTE
LA VIGILANTE
L'ENGAGEANTE
LA GALANTE
LA BELLE POULE

2ème peloton de combat


Enseigne de vaisseau COULONDRES

LA LIONNE
LA LIONNE II
TYPHON
TORNADE - GELINET
TRAMONTANE - MAREC
TROMBE
LA BOUGONNE
LA MIGNONNE
LA FRIPONNE
LA LURONNE
LA FANFARONNE
L'ÉTOILE

3ème peloton de combat


Enseigne de vaisseau DURVILLE

L'IMPÉTUEUSE - HUREL
CYCLONE - LE MORVAN
CYCLONE II - LE MORVAN
SIROCO - KROKENBERGER
SIMOUN - QUINIOU Chef de char, EHRICH Chef de char
MISTRAL - LYONS Chef de char
MISTRAL II - LYONS
LA MOQUEUSE
LA RIEUSE
LA GRACIEUSE
LA CURIEUSE
LA BATAILLEUSE
L'AILÉE
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La Marine nationale au féminin de 1943 à nos jours aux Éditions Alan SUTTON

Auteur Lucile CLÉMENS-MORISSET le 25 novembre 2006

L'Appel du 18 Juin

18 juin 1940... L'appel du général Charles DE GAULLE.

Il est entendu par des hommes refusant le joug germanique, mais aussi par des femmes ne désirant pas se cantonner au seul rôle d'épouse et de mère de famille que la société veut bien leur assigner. Certaines vont prendre leur destin en main, et l'associer à celui de la France.

(...)

La branche marine comprend tout d'abord 115 femmes : les premières “marinettes”. Appelées SERVICES FÉMININS DE LA FLOTTE (ou) SFF, le 9 septembre 1943, on les nommera finalement “Services Féminins de la Flotte”, plus connues sous le diminutif de SFF Leur statut est fixé le 13 janvier 1944.

Le rôle des SFF est avant tout de remplacer le personnel militaire masculin, qui, ainsi dégagé des postes sédentaires peut intégrer les unités combattantes qui luttent contre les forces de l'Axe.

(...)

Certaines d'entre elles ont expérimenté la vie sur le terrain, ayant eu la possibilité de partir en opérations. On évoque souvent la très célèbre 2ème Division Blindée, ou division Leclerc qui arriva la première à Berchtesgaden après avoir effectué toute la campagne de France, mais peu connaissent l'existence en son sein d'un groupe de marins et encore moins des marinettes qui les accompagnaient.

Voici un résumé des circonstances qui les amenèrent à être enrôlées auprès d'un des plus grands maréchaux de France :

Le 15 août 1943 le chef d'état-major général de la guerre demande à la Marine la création d'un régiment de chasseurs de chars. La proposition étant acceptée, le Régiment Blindé de Fusiliers Marins, ou RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM, est créé et placé sous le commandement du capitaine de corvette Raymond MAGGIAR. Ce régiment comprend environ 900 hommes. Le 8 avril 1944, le comité de défense nationale décide d'affecter le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM en soutien à la 2ÈME DIVISION BLINDÉE (ou) 2ÈME DB du général Leclerc. Quittant l'Afrique du nord, les hommes s'embarquent pour l'Angleterre où ils commencent leur entraînement de chasseurs de chars dès le début de mars 1944.

Le 7 mai 1944 une équipe d'ambulancières SFF est constituée au poste de secours régimentaire du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM : RBFM LES AMBULANCIÈRES. Elles seront chargées de donner les premiers secours aux blessés et d'assurer l'évacuation de ceux-ci vers le bataillon médical situé plus à l'arrière de la ligne de front. J'ai eu la chance de retrouver (l'une d'entre elles), qui a accepté de me livrer son témoignage.

(...)

Les jeunes femmes attendent de retrouver le Régiment Blindé des Fusiliers Marins. Le 16 mai, enviées par les autres filles, elles ont la joie de recevoir de beaux insignes de fusiliers marins. Dès le lendemain elles déjeunent à Assi Ben Okba avec le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM.

Le 20 mai, les ambulancières embarquent sur un navire anglais, Cape Town Castle, qui fait partie d'un convoi de quinze bateaux, afin de se rendre dans un premier temps à Liverpool. Avec elles, se trouve une autre équipe d'ambulancières, les Rochambelles.

(...)

Le 22 juin les marinettes entrent brutalement dans la vie du camp. On leur impose des exercices militaires qui débutent à 7h30, apprenant à marcher en ordre serré, à faire des demi-tours où elles se retrouvent souvent face à face ! On ménage tout de même le petit groupe pour qui les exercices ne sont pas trop ardus ! Elles ont regretté plus tard de ne pas avoir appris des choses plus pratiques : savoir reconnaître, par exemple, une grenade dégoupillée.

Les ambulancières attendent avec impatience le débarquement, mais redoutent par ailleurs de découvrir leur pays en partie détruit. Elles ignorent ce qu'elles vont trouver et se posent souvent la question.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 se fait entendre le vrombissement des moteurs : il y a un énorme passage d'avions au-dessus de leurs têtes. Elles se doutent alors que le moment approche. Mais elles doivent encore attendre.

Ce n'est que le 2 août 1944, par beau temps, qu'elles arrivent sur le sol de France. Elles s'échouent sur la plage de Grand Camp, autrement appelée Utah Beach. L'un des marins saisit son clairon et joue la Marseillaise. Le moment est émouvant.

La division Leclerc gagne le sud-ouest du Mans sur le flanc gauche de l'armée allemande. Le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM est réparti dans les trois groupes tactiques qui la composent.

Les SFF remplissent leur périlleuse mission. Vêtues de tenues de l'armée de terre américaine, au volant de leurs ambulances, elles évitent de songer aux tirs de l'ennemi et aux mines qui jalonnent les routes.

La population les accueille chaleureusement.

Dans la nuit du 8 au 9 août à minuit, le groupement Dio est victime de bombardements et de mitraillages de la part de l'aviation allemande.

(...)

(Le groupe des marinettes) en sort indemne, alors que l'on compte par ailleurs 21 blessés et 3 morts. Peut-être mue par une intuition toute féminine, (l'officier SFF) avait sommé ses ambulancières de rester sous les pommiers où elles s'étaient d'abord garées, refusant l'emplacement qu'on leur avait attribué par la suite. Les pommiers furent épargnés alors que l'endroit refusé fut fortement touché.

Le rôle des ambulancières est de récupérer les nombreux blessés et de les amener vers un centre de “triage et traitement”. Par la suite les hommes sont envoyés vers un hôpital américain.

(...)

On peut quelquefois leur demander de porter des messages à l'état major. C'est ainsi qu'un jour elles prennent une carte et choisissent le chemin le plus court, peu informées des mouvements des véhicules ennemis ! Soudain, elles aperçoivent une Jeep des fusiliers marins qui arrive rapidement derrière elles. Intriguées, elles s'arrêtent et apprennent qu'il y a un Tigre, un de ces redoutables chars allemands, à deux virages de là !

(...)

Le 25 août elles ont la joie de participer à la libération de Paris.

(...)

Les Parisiens les reçoivent formidablement bien. On les invite à manger et certains sortent même du foie gras et du bon vin, mets de choix qui ont pu échapper à l'ennemi !

(...)

Traversant la Moselle les ambulancières se rendent à Flins, au bord de la Meurthe. Leur médecin, M. MORETTI se voit contraint d'amputer un blessé sans anesthésie, à même le sol, pas même recouvert de macadam, mais de simples cailloux. Le patient est terriblement choqué, son bras est très abîmé. Elles le récupèrent dans leur ambulance afin de l'amener au “triage et traitement”, mais il commence à s'évanouir. Le seul remontant dont elles disposent est de l'alcool de mirabelle ! L'une des ambulancières a retrouvé cet homme beaucoup plus tard, après la guerre, en parfaite santé. Il l'avait reconnue !

(...)

Le 01 novembre marque la prise de Baccarat.

(...)

GOERING s'était fait faire un service en verres de Baccarat que les Français récupèrent et remettent à un officier. Voilà une prise revenue dans le giron de la France !

Le 12 novembre les ambulancières participent à un déjeuner avec le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM durant lequel on octroie de nouveau au régiment la fourragère rouge, celle de la légion d'honneur. Leclerc, qui au départ avait une prévention contre les marins, les considérant comme des Vichystes, leur avait interdit de l'arborer. Mais il était revenu sur ses positions, constatant que les fusiliers avaient abattu de nombreux chars, et reconnaissant leur bravoure. Dès lors, il autorise de nouveau le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM, dont les marinettes font partie, à porter cette fourragère, que les fusiliers marins avaient gagné durant la première guerre mondiale, lors des combats sur l'Yser.

La campagne d'Alsace avec la prise de Strasbourg s'avère difficile mais le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM s'y distingue par son ardeur au combat.

(...)

La résistance ennemie est terrible et les bombardements sévères : le 3ème escadron est bombardé à la cadence moyenne de 300 coups par jour à Gerstheim.

(Une ambulancière) passe Noël dans une cave, à Rhinau, en bordure du Rhin. Les marins y ont descendu une cuisinière pour faire cuire des aliments et se réchauffer. Le lendemain pourtant le lait est gelé ! Ils fêtent Noël du mieux qu'ils le peuvent, mais les Allemands ne sont pas loin et patrouillent.

(...)

Le 25 avril 1945 le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM au complet est acheminé vers l'Allemagne. Le 2ème escadron prend part le 4 et le 5 mai à la prise de Berchtesgaden, tandis que le reste du régiment va cantonner dans l'ouest de l'Ammerzee.

(Une ambulancière) est logée chez un couple Bavarois. Le mari fait prisonnier par les Russes, a eu les yeux crevés. Ils lui avaient fait subir cette torture avant de le renvoyer vers les siens, afin de montrer aux Allemands quel sort les attendait s'ils tombaient entre leurs mains.

(...)

Le RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM a été cité deux fois à l'ordre de l'armée. Son 4ème escadron a été cité à l'ordre de l'armée pour son action à Dompaire, le 3ème escadron a été cité à l'ordre de la division pour son action à Royan.

Les hommes qui ont côtoyé les ambulancières ont d'abord été surpris de leur arrivée, puis conquis par leur bravoure, leur témérité et leur dévouement. Il y a eu d'ailleurs de nombreux articles de journaux à l'époque pour en témoigner. Mais j'ai préféré recueillir les éloges qui leur ont été faits de la bouche même d'un ancien fusilier du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM.

Il était second maître durant la campagne de France, chef de protection du peloton, c'est à dire aux côtés d'un blindé durant son avance, celui-ci étant “aveugle” et “sourd”: « Nous avons fait connaissance avec les marinettes en Angleterre. Nous avions été un peu surpris en apprenant que des femmes allaient se joindre à nous. Comme la plupart des hommes nous pensions que la guerre n'était pas une affaire de femmes, même si elles ne venaient pas pour se battre. Très vite nous avons été conquis par leur extrême gentillesse et leur grand courage. Nous avions beaucoup de respect pour elles, et jamais nous n'aurions touché à une marinette. Elles étaient nos « petites sœurs », c'est ainsi qu'on les surnommait. Elles nous apportaient un grand soutien moral, d'autant plus qu'elles n'avaient jamais peur, ou en tout cas, elles n'en montraient rien. Certaines étaient très croyantes et je me souviens que deux d'entre elles, au milieu d'un champ, vers Sées, ont prié Sainte Geneviève avec ferveur afin qu'elle protège Paris. »

C'était sans doute peu avant le 25 août !

(...)

En 1945 une poignée de femmes persévère dans ce métier alors que la plupart mettent fin à leur carrière militaire : d'une part la Marine démobilise, d'autre part, il est peu courant en ces années-là qu'une femme mariée conserve son emploi. Il n'en reste plus que 700 début 1946, 125 en 1947. Pourtant la guerre d'Indochine se profile à l'horizon. La Marine nationale s'y engage.

Une équipe de vingt et une ambulancières embarque sur l'Eridan, en direction de ce qui est encore une colonie française. Leur contrat se prolonge afin de servir en Asie. Tout en affrontant un climat difficile les SFF s'occupent non seulement des blessés et des malades, mais aussi des foyers où les hommes peuvent se détendre et boire un coup. De même, elles s'occupent de la correspondance et des expéditions de colis des marins, assurant même le transport du courrier jusque dans les stations fluviales les plus isolées. Elles ont en charge l'enterrement, sur place, des défunts ne pouvant être rapatriés.

La dernière marinette quitta le sol d'Indochine en 1956. Là encore leur présence maternelle et leurs attentions ont permis d'apporter soulagement et réconfort aux marins.