EL-MANSOUR - paquebot
Chantier : Forges et Chantiers de la Méditerranée (Seyne-sur-Mer, France)
22 octobre 1932 (Lancement)
08 septembre 1939 (Mise en service)
 03 avril 1974
courriel Contacter l'association au sujet de cette unité...


Marins à bord...

Embarquement pour l'année 1939

Octobre : PESQUI

Embarquement pour l'année 1940

Septembre : CAZIER L. -  DUBOIS J.

Opération(s) en relation avec cette unité...

Tentative de ralliement du Sénégal

Journal de bord...

Dates Evénements
     Numéro de coque : 1212
Armateur : Compagnie de Navigation Mixte (FRANCE)
Port d'attache : Marseille
17/08/1931Signature du contrat de construction
04/01/1932Mis sur cale
22/10     Baptisé EL MANSOUR
03/1933Essais
29/04     Livré à la Compagnie
21/05     ORHM (Identification)
FNFU (Indicatif radio)
Armateur : Compagnie de Navigation Mixte à Marseille (FRANCE)
1934Port d'attache : Marseille
04/07/1935Recueille les passagers et l'équipage de l'hydravion italien Littoria tombé en mer
12/02/1938Arrive à Port-Vendres avec 13 heures de retard et des avaries suite à une violente tempête - En accostant, heurte le torpilleur LA CORDELIERE qu'il endommage
12/09/1939Requis par l'Amirauté en vue de sa transformation en croiseur auxiliaire, sous le matricule X6, mais maintenu au rôle du commerce pour effectuer des convois sur les lignes d’Afrique du Nord
22/09     Affectation à la 1re DCX (Division de Croiseurs auxiliaires) suivant note de la direction maritime D.M. EMG1 2096 MOB - Mis aux ordres d'Amiral Sud sur la route Dakar-Casablanca-Marseille et retour en convois de transports de troupes ou d'escortes
10     PESQUI (Commandant)
12/04/1940Transporte des troupes vers la Norvège au sein du convoi FP 1
18/06     Transporte l'or de la Banque de France vers Dakar
23/09     25/09/1940MENACE (Tentative de ralliement du Sénégal) (Subit les bombardements de la flotte anglaise)
18/11     Dérequis
09/01/1943Renommé ANAGNI
Cédé aux Allemands suite aux accords Laval/Koffmann - Transféré aux Italiens
09/09     Saisi par les Allemands
20/08/1944Sabordé par les Allemands dans le port de Marseille
15/11/1945Renfloué
11/1946Remorqué à La Ciotat, réparé et modifié
25/09/1947Dans la nuit casse ses amarres suite à une violente tempête et écrase plus de 40 bateaux de pêche et de plaisance dans le port de La Ciotat
05/09/1948Remis en service au commerce sur la ligne Port-Vendres - Alger
28/10/1963Renommé MAINE
11     Vendu à la Marine nationale
01/11     Armateur : Marine nationale (FRANCE)
07/01/1974Condamné



Photographies, numérisations, etc.

© 2006-2018 ALAMER
EL-MANSOUR à PORT-VENDRES et en partance pour ORAN - 05/1960
© 2006-2018 ALAMER



Caractéristique(s)...

 Déplacement : 5 818 tjb 2 435 tjn
 Port en lourd : 1 555 tonnes
 Dimensions : Longueur : 121,70 m Largeur : 16,47 m Tirant d’eau : 5,52 m
 Propulsion : 2 turbines Parsons construites par les Forges et Chantiers de la Méditerranée à La Seyne-sur-Mer - 2 hélices - 4 chaudières du Temple
 Puissance : 12 000 cv
 Vitesse (en noeud) : 22,60 nd aux essais - 20 nd en croisière
 Passagers : 379 personnes (111 en 1re Classe, 142 en 2e Classe, 126 en 3e Classe) - 2 de luxe, 12 de priorité, 52 de 1re Classe, 268 en classe touriste (après refonte de 1946)
 Effectif : 97 officiers et marins


Armement(s)...

Artillerie principale
    7 canons de 138,6 mm
Artillerie antiaérienne
    2 canons de 75 mm AA 4 mitrailleuses Hotchkiss de 13,2 mm AA 2 mitrailleuses de 8 mm
Grenadeur et mortier
    15 grenades de 35 kg avec planche de lancement

(N°18140)

Le MAINE ex-EL-MANSOUR (EL-MANSOUR)

Auteur M. Alain STREIFF le 16 mai 2013

Mon premier embarquement en 1969, dédié au logement des techniciens et ingénieurs du CEA à Moruroa (Mururoa pour nous) ! Tâche ingrate pour ce baroudeur qui a embarqué une partie de l'or de la Banque de France à Brest aux environs du 18 juin 40 sous le feu des forces allemandes toutes proches (Il ne manque qu'une caisse d'or sur la totalité ! Elle serait au fond du port de Brest à Laninon, introuvable malgré des recherches poussées en 45, je crois !)

Il a évidemment d'autres faits d'armes à son actif : Norvège, Afrique, Italie, Allemagne en 43 et sabordage par l'ennemi en 44 !

Le Maine (EL-MANSOUR) était un amour de navire. J'étais un électricien machines de 17 ans... C'était « ma machine », pas touche à mon turbo-alternateur, à ma turbo-dynamo et mes 2 vieux groupes diesel-dynamo couverts de rustines et pansements divers qui crachaient des jets de gaz par ses cylindres malades désactivés.

Ce navire était en courant continu pour toutes les servitudes du bord et en alternatif pour les parties « modernes ». Il ne restait que deux chaudières au fuel lourd sur quatre. Elles n'avaient pas beaucoup d'automatismes ! Un petit roupillon de l'homme de quart et hop...le niveau d'eau du dôme de la chaudière vapeur disparaissait par le haut entraînant de l'eau dans les turbos qui faisaient des bonds avant de se mettre en sécurité.

Une urgence « petits besoins » et hop...la pression de fuel montait allègrement en flèche entraînant un énorme panache de fumée noire qui déposait des fumerons bien noirs et bien gras sur le petit déjeuner de l'Amiral commandant le CENTRE D'EXPÉRIMENTATION DU PACIFIQUE (ou) CEP. Il savait nous en faire la remarque !

Je passais mon temps à tenter d'adapter des charbons inappropriés aux moteurs de pompes, ventilateurs, dynamos qui marquaient leur mécontentement par des gerbes d'étincelles... j'avais les mains noires en permanence. Mais j'aimais ça. Je finissais toujours par gagner la partie.

Le Maine (EL-MANSOUR) était vivant ! Si, si, je vous l'assure...

Très cool et un peu endormi par mer d'huile avec sa forte gîte permanente qui le rendait reconnaissable de très loin (le passage en bassin de stabilité à Toulon en 69 n'a rien apporté malgré la pose de tonnes et de tonnes de gueuses sur son tribord il me semble),

Il devenait capricieux et récalcitrant par mer forte. La coque se dilatait, se contractait en faisant exploser des rivets et des hublots.

Il fallait faire des rondes permanentes dans les cabines sous le pont principal afin de détecter les entrées d'eau et y remédier rapidement.

Il arrivait qu'un mât de charge avant (l'arrière n'existant plus) se libère et balaie la plage avant de façon dangereuse ! Il fallait le capturer au « lasso « en baissant la tête afin de l'obliger à réintégrer son berceau.

Nous avions des incendies de vases clos sur nos chaudières et des chaloupes qui tentaient de vivre leur vie sans nous.

Il n'aimait vraiment pas la mauvaise mer, il marquait toujours un temps d'arrêt sur un fort coup de roulis côté gîte. Nous avions les yeux rivés sur le gîtomètre : relèvera, relèvera pas ? Et puis, après un dérapage, ouf ! Il retrouvait son assiette. Enfin presque !

Preuve que nous aimions ce navire : Nous avons fait escale en février 1970 à Long Beach, proche du QUEEN MARY en cours de modification en hôtel et au milieu des gigantesques porte-avions américains de la flotte du Pacifique... et bien... malgré la silhouette désuète et obsolète de NOTRE bateau... nous étions fiers de notre Seigneur de la mer !

En Mars 1970, nous sommes arrivés à Papeete, c'était la dernière grande croisière du Maine (EL-MANSOUR). Mais quelle croisière : Toulon, Gibraltar, Funchal et mes premières vapeurs de Madère, Fort de France, Panama, Long Beach, Honolulu et enfin Papeete et Moruroa pour l'éternité.

Sa fin de vie maritime, hormis d'être mouillé « à cul » d'une jetée, maintenu en place par des amarres « super-cobra », mix de câbles d'acier et cordages synthétiques a consisté en 8 appareillages au rythme des explosions en atmosphère. Soit 7 fois à 25 milles et 1 fois à 50 milles pour un test mégatonnique (ceci pour l'année 1970)

En janvier 1971, il a appareillé pour un carénage et diverses réparations à Papeete.

Je l'ai quitté à ce moment pour la JEANNE D'ARC. Et oui, j'ai quitté un pote cool pour un ambassadeur où rien ne doit dépasser. Pas un cheveu de trop, pas un pli qui manque. Un endroit où on salut tout ce qui bouge et on peint tout le reste. Mais j'en ai malgré tout de bons souvenirs.

Le Maine (EL-MANSOUR) reste à jamais « MON » bateau.

Il repose au fond du Pacifique, certainement armé par un fier équipage

Alain Streiff

Quartier maître électricien en 1969