TORNADE - torpilleur - Classe «BOURRASQUE»
Chantier : Chantiers Dyle et Baccalan (Bordeaux, France)
12 mars 1925 (Lancement)
21 mai 1928 (Mise en service)
 08 novembre 1942
courriel Contacter l'association au sujet de cette unité...


Marins à bord... (36)

Date inconnue

BREUNTESCH -  CAIRIC -  CARON -  CERESA -  CIZERON -  CLOAREC -  CUERS -  DELAVENNA -  DENIS -  DESMEDT -  DRANCOURT -  FLUZIN -  FOISSET -  GUILLO -  HASCOET -  HASHSTETER -  HEILI -  JACQUIER -  LATRAYE -  LE DOLLOCH -  LE PETITJEAN G. -  LE VEURCH -  LEVOEUX -  MARTINET -  MEROT -  MIEDERGANG -  PLOUIDY -  TIXIER

Embarquement pour l'année 1925

Février : BOUXIN

Embarquement pour l'année 1926

Août : BOUXIN

Embarquement pour l'année 1927

Octobre : PONCET P.

Embarquement pour l'année 1929

Février : PLATON C.

Embarquement pour l'année 1930

Septembre : DIAZ DE SORIA

Embarquement pour l'année 1931

Novembre : BARNAUD

Embarquement pour l'année 1932

Avril : MOIROUX

Embarquement pour l'année 1933

Octobre : RENON

Embarquement pour l'année 1934

Octobre : VIDIL

Embarquement pour l'année 1935

Août : BIENAYMÉ A.

Embarquement pour l'année 1936

FAVREUL J.

Embarquement pour l'année 1937

Octobre : KERROS L. -  LABAT R.

Embarquement pour l'année 1938

Juillet : AMINOT A. -  DOS -  HERVÉ -  JANIC C. -  QUÉRÉ H.
Août : PRIGENT
Septembre : LEGRAND R.

Embarquement pour l'année 1939

KNOBLAUCH N.
Janvier : LE BOT J.
Février : CHOUEZ A.
Mars : THOUET R.
Mai : COUSTEILLE C.
Octobre : DELBREIL

Embarquement pour l'année 1940

Février : DOUARINOU G.
Mars : PONCET P.
Avril : BERTHELIER A.

Embarquement pour l'année 1941

Mai : BAUDOIN -  CALAMIA R.
Août : BERTRAND A.

Embarquement pour l'année 1942

HOCHTETTER
Octobre : PARES
Novembre : DOUARINOU G. -  DRANCOURT E. -  HOCHSTETTER J. -  KERGUILLEC J. -  LATRAYE P. -  LE BOLLOCH F. -  ROCHAS F. -  TIXIER D. -  TRICHARD J.

Opération(s) en relation avec cette unité...

Débarquement Allié à Oran

Groupements auxquels cette unité a été intégrée...

7ÈME DIVISION DE TORPILLEURS (ou) 7ÈME DT   -   ESCADRE D'INSTRUCTION

Journal de bord...

Dates Evénements
23/04/1925Mis sur cale
01/08/1926BOUXIN (Commandant)
10/05/1928Clôture d'armement
21/05     Armateur : Marine nationale (FRANCE)
22/02/1929PLATON Charles (Commandant)
01/09/1930DIAZ DE SORIA (Commandant)
16/11/1931BARNAUD (Commandant)
01/04/1932MOIROUX (Commandant)
01/10/1933RENON (Commandant)
1934Numéro de coque : 33
27/10     VIDIL (Commandant)
31/08/193510/1936BIENAYMÉ André (Commandant)
01/10/1937LABAT Robert (Commandant)
01/08/1938Intégré au groupement : 7ÈME DIVISION DE TORPILLEURS (ou) 7ÈME DT
01/10     Intégré au groupement : ESCADRE D'INSTRUCTION
09/1939Numéro de coque : T73
03/09     Affecté à la Flotte de Méditerranée - 2ème Escadre - 7ème Division
01/10     DELBREIL (Commandant)
10/05/1941BAUDOIN (Commandant)
12/10/1942PARES (Commandant)
08/11     11/11/1942TORCH (Débarquement Allié à Oran) (Échoué, chavire et coule)



Photographies, numérisations, etc.

© 2006-2018 ALAMER
Nicolas KNOBLAUCH sur TORNADE (Gérard AMANN)
© 2006-2018 ALAMER © 2006-2018 ALAMER
© 2006-2018 ALAMER © 2006-2018 ALAMER



Caractéristique(s)...

 Déplacement : 1 319 tW 1 457 tonnes (normal) 1 727 tonnes (pleine charge)
 Dimensions : Longueur : 105,77 m Largeur : 9,88 m Tirant d’eau : 3,80 m (4,30 m pc)
 Propulsion : 2 turbines à engrenages Zoelly - 3 chaudières à petits tubes - 2 hélices
 Puissance : 31 000 cv
 Vitesse (en noeud) : 33 nd
 Combustible : 100 tonnes plus 260 tonnes de surcharge
 Autonomie (en jour) : 2 300 milles à 14 nd (prévu 3 000 milles à 15 nd)
 Effectif : 1 officier supérieur, 6 officiers subalternes, 1 premier-maître mécanicien, 6 maîtres, 17 seconds-maîtres, 111 quartiers-maîtres et matelots (effectif de paix). L'effectif de guerre est porté à 9 officiers et 153 officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots


Armement(s)...

Artillerie principale
    4 canons de 130 mm/40 Mod 19 (4 tourelles simples) avec 440 obus le 3e canon de 130 mm est supprimé pour la stabilité par note du 30 janvier 1940
Artillerie antiaérienne
    1 canon de 75 mm/50 AA Mod 22 avec 180 obus explosifs et 120 obus éclairants 2 mitrailleuses de 8 mm AA Hotchkiss Mod 1914 avec 20 500 cartouches Remplacement du canon de 75 par 2 canons de 37 mm/60 AA (2 canons simples) en 1931 Remplacement des mitrailleuses de 8 mm par des canons jumelés de 13,2 mm en 1939-1940 1 canon de 25 mm AA et 2 mitrailleuses de 13,2 mm AA ajoutés après 1940
Tube lance-torpilles
    4 TLT de 550 mm (2 affûts triples) avec 6 torpilles Mod 1929 D Suppression d'un affût triple TLT après 1940
Grenadeur et mortier
    2 grenadeurs à chaîne Galle avec 20 grenades de 250 kg
Projecteur
    2 projecteurs de 75 cm 2 projecteurs de signalisation de 30 cm
Embarcation
    1 vedette à moteur Baudoin de 7 m, 1 canot à moteur Baudoin de 7 m, 1 youyou à moteur Baudoin de 5 m, 1 baleinière de 7 m, 1 canot Berthon en toile de 3,60 m, 1 plate de 3 m.
Divers
    2 torpilles remorquées Ginocchio (supprimées en avril 1933) 1938-1939 : coloration des gerbes de l'artillerie principale

(N°5225)

TORNADE : naufrage au cap de l'aiguille devant Arzew en baie d'Oran (Algérie)

Auteur Robert CALAMIA le 08 novembre 1942

Débarqué du sous-marin CAÏMAN, j'ai embarqué sur le Torpilleur TORNADE au mois de juin 1941.

J'étais alors quartier-maître de 2ème classe fusilier marin.

La devise de la TORNADE était :
« Fier au combat, joyeux au port, jamais tornade n'a de tort »

Bizerte année 1941


Dès le mois de janvier, plusieurs navires sont réarmés : les sous-marins CAÏMAN, SOUFFLEUR et MARSOUIN ; les torpilleurs TRAMONTANE, TYPHON et TORNADE de même que l'aviso ÉLAN.

Au mois de mai 1941, les sous-marins appareillent en direction de Beyrouth (Liban). Venant de Toulon, le contre-torpilleur CHEVALIER PAUL vient se ravitailler à Bizerte, puis prend la mer également en direction de Beyrouth. Au cours de la nuit qui suit son départ, il est torpillé par la marine anglaise au large des côtes de la Grèce.

En 1941, la TORNADE appartient à la 7ème division de torpilleurs, et porte sur sa coque l'inscription T.73. La 7ème division de torpilleur est également composée de la TRAMONTANE : T.71, et du TYPHON T.72. Tous trois accompagnés de l'escorteur L'IPHIGÉNIE ont pour mission d'escorter deux fois par semaine les cargos de fret des compagnies civiles : PLM, Seyneville... qui se rendent de Bizerte à Sfax dans les eaux tunisiennes, c'est pour les marins une mission relativement agréable sous le soleil des mois de juillet et d'août.

Aux environs des îles Kerkenah nous passons dans un chenal protégé par des mines. Dans les eaux peu profondes, entre Sousse et Sfax, nous apercevons une vingtaine de cargos italiens qui ont été envoyés par le fond alors qu'ils faisaient route en direction de la Libye pour approvisionner les troupes allemandes.

Décrivant des alignements sur deux files leur mâture émerge.

À la fin du mois d'août 1942, lors de l'appel de 13h00, un officier nous informe que la 7ème division de torpilleurs aura désormais Oran (Algérie) comme port d'attache. Nous quittons Bizerte à 08h00, un jour du mois de septembre 1942, pour arriver à Bône le lendemain matin vers 04h00.

Après 3 jours passés à quai, nous appareillons en direction du port des Andélys (Algérie), où nous avons fait une escale de 3 jours. Nous appareillons ensuite en direction de Bougie (Algérie). Arrivé au cap Carbone, nous effectuons un exercice de débarquement.

Alger est notre escale suivante. Huit jours de ravitaillement en vivres, mazout etc. précèdent notre appareillage pour Mostaganem.

Ce périple se termine par une entrée dans le port d'Oran. À quai se trouvent le sous-marin LE CENTAURE, l'aviso LA SURPRISE, le remorqueur de haute mer L'AJACCIENNE, le remorqueur de servitude CHÊNE et un dragueur de mines. La TORNADE s'amarre au quai Beaupuis, le TYPHON au quai du ravin blanc à l'aplomb du fort Gambetta, quant à la TRAMONTANE elle s'amarre entre le quai Lamoune et la jetée nord.

Au début du mois d'octobre 1942, une représentation constituée par les marins de la TORNADE dépose une plaque commémorative sur la jetée du port voisin de La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) à la mémoire des marins morts lors des affrontements avec la marine anglaise le 03 juillet 1940. Une garde d'honneur se rend ensuite au cimetière situé à proximité du fort des santons pour honorer les marins morts pour la France.

Au cours de la période qui suit les torpilleurs se relayent pour effectuer une surveillance des installations de la base aéronavale d'Arzew. Ces rotations durent 24 heures.

Vers la fin octobre, le Torpilleur TRAMONTANE appareille pour Casablanca (Maroc) afin d'escorter trois navires en provenance de Dakar (Sénégal). Arrivant à la perpendiculaire de Nemours (Algérie) il se trouve en queue d'un important convoi puissamment protégé par une escorte de navires américains. S'approchant à faible allure de ce convoi, il lui est ordonné de s'en éloigner.

Le 06 novembre 1942, la TRAMONTANE entre dans le port d'Oran avec le cargo BAMAKO, et les sous-marins de 1500 tonnes ACTÉON et PALLAS. Terminant ses réparations, le contre torpilleur ÉPERVIER est mis à l'eau encore tout bariolé de peinture au minium.

La journée du 07 novembre 1942 n'est pas une journée comme les autres. Tous les permissionnaires ont droit de descendre à terre, toutes les deux heures sans distinction de bordée. Tout l'équipage devra être de retour à bord pour minuit. La soirée est quelque peu angoissante, chacun se demande ce qu'il se passe. Après l'appel de 19h00 les chaudières sont allumées, les mécaniciens font chauffer les turbines, un camion chargé d'explosif quitte le quai, à son bord, un commando part faire sauter le pont donnant accès à la route de Nemours à Oran.

Les hommes de pont sont employés à approvisionner les norias destinées à alimenter en obus les canons de 130 mm, de même que l'armement des mitrailleuses.

Vers 20h00, un officier est appelé au fort Lamoune où se trouve l'amirauté. À son retour, on nous informe :
« Casse croûte à minuit pour tout le monde »

Après quoi, nous repartons dans nos hamacs.

À minuit, les fusiliers marins placés sous les ordres du capitaine d'arme entament un réveil discret de l'équipage. Nous dégustons notre casse croûte et gagnons le poste de combat. À la machine, les mécaniciens balancent les turbines, les ventilateurs de chaufferies tournent en sourdine, nous entendons ronfler les groupes électrogènes.

L'équipe de sécurité s'assure que les hublots avec leur tape blindée sont bien fermés.

Le 08 novembre 1942, il est environ 3 heures du matin, la température est d'une douceur printanière, la pleine lune et un temps parfaitement dégagé éclairent le port d'Oran d'une lumière bleutée. Seule à l'entrée de la passe, une brume légère enveloppe le remorqueur CHÊNE de garde cette nuit là.

Tout à coup un tir de canon provenant du remorqueur de garde informe les équipages placés au poste de combat qu'il se passe quelque chose d'anormal. C'est alors qu'un navire entre dans le port tous feux éteints. À son bord se trouve un commando armé ayant pour mission de s'emparer de la place. Il est probable que le commandant de ce navire était informé de la disposition du port. Il se trouve alors nez à nez avec le torpilleur TRAMONTANE qui dirige un projecteur allumé sur l'intrus afin de connaître sa nationalité. Il s'agit de l'ARTLAND battant pavillon américain. Ce dernier envoie aussitôt une salve de mitrailleuse pour détruire le projecteur. C'est alors que des tirs fournis des mitrailleuses et un tir au canon de 130 mm, presqu'à bout portant provoquent d'importants dégâts et un incendie sur le bâtiment américain. Après avoir viré sur son ancre et décroché en marche arrière, celui-ci explose et sombre corps et biens. Seuls 4 militaires sont sauvés et fait prisonniers.

L'amirauté ordonne le branle-bas de combat général suivi par les sirènes de la ville.

La TRAMONTANE et la TORNADE appareillent alors qu'un second navire le VALNAY pénètre à son tour dans le port et se présente face au torpilleur TYPHON. Le scénario précédent se reproduit envoyant pas le fond le navire américain qui sombre également corps et biens. Arrivant en face, la TORNADE est obligée de se porter sur bâbord afin d'éviter le navire naufragé. Étant trop près de la passe le torpilleur abîme son étrave en touchant un contrefort. Une partie de sa coque située sous la ligne de flottaison est arrachée. Durant plus d'une heure, l'équipe de sécurité s'emploie à colmater la brèche. Après quoi, la TORNADE reprend sa route en direction d'Arzew. Toutefois, la vitesse du navire est contrariée par l'étrave endommagée provoquant une résistance au déplacement et limitant sa vitesse à 6 nœuds.

Il me semble que dans ma vie je n'ai jamais vu une nuit passer d'un beau clair de lune à une nuit d'un noir intense. Cette obscurité était angoissante, j'attendais avec impatience le levé du jour qui tardait à poindre. Je me souviens qu'à l'horizon deux éclairs et des flammes ont troublé le noir intense de cette nuit. Enfin le jour s'est levé. Le temps était légèrement voilé, la mer était d'un calme plat. Nous nous trouvions sous les falaises de Camastel au niveau du sémaphore. À huit heures trente nous avons croisé un sous-marin : l'ARGONAUTE à qui nous avons rendu les honneurs. Puis il plongea pour ce qui devait devenir sa dernière mission.

À la pointe des Andalous, les troupes américaines débarquaient. Disposé en demi cercle plus de 20 navires : croiseurs, porte avion et un cuirassé de type NELSON assuraient leur protection.

Par ailleurs, la baie d'Oran était cernée par les bâtiments de la Royale Navy, de la base d'Arzew à la pointe des andalous. Les batteries du fort des Santons et du fort de Camastel faisaient feu sur les navires britanniques dont les tirs nourris réduisaient rapidement au silence les deux fortifications.

Nous apercevions le torpilleur TRAMONTANE hors combat, la plage avant immergée et les hélices hors de l'eau. Proche de la côte les marins rescapés regagnaient la rive en nageant.

Dans une avance lente, la TORNADE reçu un message en scott du cuirassé COMMODORE, lui ordonnant de se rendre. C'est alors que les navires anglais ouvrir le feu dans notre direction. Des gerbes d'eau résultant des tirs de réglage des bâtiments britanniques amena un officier torpilleur à solliciter du commandant l'abandon à la mer de torpilles et de grenades afin d'éviter qu'elles explosent lors d'un tir au but adverse. Cela fut fait. La TORNADE épuisa ses munitions par des tirs continus de ses quatre canons de 130 mm. Sous le feu de l'escadre britannique elle est atteinte par un obus, l'explosion blesse à la poitrine un marin, le serveur de la noria a l'avant bras arraché. Un second obus pénètre la coque sous la ligne de flottaison. Le collecteur principal de vapeur laisse échapper un jet à 600°, endommageant gravement les turbines et tuant les marins qui s'y trouvent. Trois hommes arrivent à s'extraire de cet enfer. L'un d'eux âgé de 18 ans, la jambe en partie arrachée décède sous nos yeux. Un troisième obus touche le navire tuant le servant de la pièce de 37 mm située à l'arrière, puis un quatrième traverse le pont à tribord tuant l'officier torpilleur et des hommes de l'équipe de sécurité.

C'en était fini, la TORNADE glisse sur son erre jusqu'à proximité du cap de l'aiguille. Un homme sort de la machine, il me dit en s'essuyant les bras :
« Ils ont eu la peau mais pas les os. »

Je l'accompagne jusqu'à l'embarcation d'évacuation. Il n'y avait plus de place, je décide alors de regagner la rive à la nage, plusieurs marins l'ont déjà atteinte.

Les explosions sous marines avaient tué de nombreux poissons et notamment des « Chiens de mer » dont la tête émergée fait apparaître une dentition impressionnante. Alors que je tente de regagner la terre, l'arrière de la TORNADE s'enfonce entraînant le reste du navire, l'étrave dirigée vers le ciel disparaît sous les flots. Un tourbillon provoqué par le navire produit un effet d'aspiration dans lequel je suis pris, durant une ou deux minutes je ne peux rien faire sinon descendre vers l'abîme. Dans cet instant où l'on pense que l'on va mourir, des images de ceux qui nous sont chers nous viennent en mémoire : notre femme, nos enfants, nos parents ... cet instant à la fois très court mais qui nous paraît interminable restera gravé à jamais.

Par chance, les fonds marins à cet endroit ne sont que de 35 mètres environ et la TORNADE se stabilise sur le flanc. Un effet de remous contraire me renvoie à la surface, épuisé mais vivant j'arrive à regagner les rochers qui forment la rive.

D'autres navires furent envoyés par le fond : l'aviso LA SURPRISE, le sous-marin ACTÉON.

Il était midi, le calme était revenu sur la baie d'Oran toujours encerclée et survolée par les avions anglais. Nous avons fait un appel et avons regagné le sémaphore par la route. Nous l'avons atteint vers 17 heures. Le gardien nous a offert un bol de vin, je savourai chaque gorgée et bénissait le ciel d'être encore en vie. Vers 18h00 nous avons embarqué sur le remorqueur L'AJACCIENNE à bord duquel nous avons bu du café et mangé une tranche de pain. Durant la nuit, je suis resté dans la chaufferie afin de pouvoir sécher mes vêtements. Le lendemain L'AJACCIENNE battant pavillon de la croix rouge a appareillé pour nous ramener à Oran.

À quai, on nous a donné des vêtements et du savon. Nous avons gagné les installations souterraines pour y prendre nos quartiers. J'ai été affecté aux transmissions d'ordres. Le reste de l'équipage a été constitué en commando destiné à défendre l'entrée de la base d'Oran, car les combats n'étaient pas finis.

Au large, le torpilleur TYPHON faisait toujours face à l'escadre britannique, les combats ont duré trois jours. Et puis, le cessé le feu général est arrivé.

Les forces américaines sont entrées dans la ville. La population enthousiaste les accueillait dans une liesse indescriptible « Les américains sont là ! »

L'équipage de la TORNADE a passé huit jours derrière les barbelés, prisonniers des américains. Le torpilleur TYPHON au terme d'un héroïque combat s'est sabordé devant la passe du port d'Oran.

Puis un ordre en provenance de l'état major a été affiché :
« Nous reprenons les armes aux côtés des forces alliées »

J'ai été affecté à la 8ème batterie de DCA mobile déjà en action à Tebessa (frontière Tunisienne). C'était le début de la campagne de Tunisie.

Le 07 mai 1943 la batterie rentrait triomphante à Tunis déclarée ville ouverte. Le 2ème front du débarquement en Afrique du nord était créé.

Cette dure période de combat a laissé dans ma mémoire un souvenir que je ne suis pas près d'oublier à 92 ans.