LYNX - contre-torpilleur - Classe «JAGUAR»
Chantier : Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire (France)
27 février 1925 (Lancement)
15 novembre 1927 (Mise en service)
 27 novembre 1942
courriel Contacter l'association au sujet de cette unité...


Marins à bord...

Embarquement pour l'année 1925

Juillet : VALOIS

Embarquement pour l'année 1926

Août : VALOIS

Embarquement pour l'année 1927

Octobre : LEDRAIN

Embarquement pour l'année 1929

Février : GUÉZÉNOC Y.
Mai : DE CAMBOURG
Décembre : DENIS DE RIVOYRE C.

Embarquement pour l'année 1931

Février : MOTARD A.
Juin : LEFRANC
Juillet : CHIEUX F.

Embarquement pour l'année 1932

Décembre : LE PIVAIN L.

Embarquement pour l'année 1933

GIRAUD DU POYET R.

Embarquement pour l'année 1934

Décembre : DE LA ROCHEFOUCAULT

Embarquement pour l'année 1936

Décembre : LACAILLE-DESSE

Embarquement pour l'année 1938

Juillet : GOÜYON-MATIGNON DE PONTOURAUDE

Embarquement pour l'année 1939

Janvier : OLLIVERY (ou) OLLIVRY F. -  VASSEUR J.
Février : ISAERT L.
Mars : MAQUAIRE A.
Avril : AUZOU J. -  HURTEL A.
Septembre : DENIZOT D.

Embarquement pour l'année 1940

CARRE J. -  JOSSE M. -  LOCH G. -  MORITZ R.
Avril : LELONG A.
Mai : LE MINTIER DE LA MOTTE-BASSE

Embarquement pour l'année 1942

Novembre : DALLE

Opération(s) en relation avec cette unité...

La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940)    -   Sabordage de la flotte à Toulon

Groupement auquel cette unité a été intégrée...

ESCADRE D'INSTRUCTION

Journal de bord...

Dates Evénements
14/01/1924Mis sur cale
04/08/192601/10/1927VALOIS (Commandant)
07/02/1927Accepté en recette
01/10     13/05/1929LEDRAIN (Commandant)
18/10     Clôture d'armement
15/11     Armateur : Marine nationale (FRANCE)
13/05/192907/12/1929DE CAMBOURG (Commandant)
07/12     06/08/1931DENIS DE RIVOYRE Camille (Commandant)
08/06/193106/12/1932LEFRANC (Commandant)
06/12/193206/12/1934LE PIVAIN Louis (Commandant)
06/12/193405/12/1936DE LA ROCHEFOUCAULT (Commandant)
05/12/193615/07/1938LACAILLE-DESSE (Commandant)
01/10/1938Intégré au groupement : ESCADRE D'INSTRUCTION
15/07     20/05/1940GOÜYON-MATIGNON DE PONTOURAUDE (Commandant)
1939Engagé en Méditerranée
20/05/194020/10/1940LE MINTIER DE LA MOTTE-BASSE (Commandant)
03/07     CATAPULT (La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940)) (S'échappe de Mers el-Kébir)
09     Désarmé à Toulon
15/11/194227/11/1942DALLE (Commandant)
27/11     SABORDAGE DE LA FLOTTE A TOULON (Sabordage de la flotte à Toulon) (Sabordé aux appontements 2 Est Milhaud à Toulon après sabotage de la coque, des machines et de l’artillerie)
22/01/1944Renfloué puis remorqué et échoué à Brégaillon - s’enfonce peu à peu par l’arrière - épave restituée à la Marine française en 1944
1948Renfloué pour démolition



Photographies, numérisations, etc.

© 2006-2019 ALAMER © 2006-2019 ALAMER
_HOMME_Inconnu_ sur LYNX
© 2006-2019 ALAMER
© 2006-2019 ALAMER
« PLUTON Rade de Toulon » l'Ecole de Télémétrie avec des marins de GUÉPARD, INTRÉPIDE, LÉOPARD et LYNX (Richard LE FLOCH) - 1934



Caractéristique(s)...

 Déplacement : 2 126 tW 2 400 tonnes (normal) 2 950 tonnes (pleine charge)
 Dimensions : Longueur : 126,78 m Largeur : 11,32 m Tirant d’eau : 4,10 m
 Propulsion : 2 turbines à engrenages Breguet - 5 chaudières Du Temple
 Puissance : 50 000 cv
 Vitesse (en noeud) : 35 nd
 Combustible : 530 tonnes
 Autonomie (en jour) : 3 300 milles à 13,5 nd - 2 900 milles à 16 nd - 1 000 milles à 28 nd - 600 milles à 35 nd
 Effectif : 195 officiers et hommes


Armement(s)...

Artillerie principale
    5 canons de 130 mm/40 Mod 19 (5 tourelles simples) - suppression d'un canon de 130 mm en 1940
Artillerie antiaérienne
    2 canons de 75 mm/50 Mod 22 AA (2 tourelles simples) 8 mitrailleuses de 13,2 mm AA (2 batteries quadruples) ajoutées en 1940
Tube lance-torpilles
    6 TLT de 550 mm (2 affûts triples)
Grenadeur et mortier
    2 rails de grenadage arrière avec 16 charges de profondeur 4 mortiers avec 30 charges de profondeur
Détection
    A.S.D.I.C. installé en 1940

(N°5152)

« Mes mémoires de marin : La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) » (extrait)

Auteur Daniel DENIZOT - Avec l'aimable autorisation de M. Pascal DENIZOT le 19 février 2007

Une mission d'importance nous attendait en ce mois de Mars 1940.

Il s'agissait d'accompagner aux cotés du croiseur ÉMILE BERTIN et d'autres unités, l'important convoi de troupes et de matériels, les troupes de montagne, les alpins du général BETHOUARD qui se rendaient en Norvège et plus particulièrement à Narvik, une cité portuaire qui fera l'objet de dures combats.

Dans les eaux du détroit du Skagerack, ordre nous était donné de regagner Brest.

Des chuchotements des radios et des timoniers sur la passerelle laissaient pressentir un départ pour la Méditerranée, voir Malte et l'Egypte.

Pas d'erreur, l'amirauté avait jugé bon de déplacer son escadre Atlantique, l'avance des forces allemandes à l'intérieur de la France se faisant plus précise en direction des bases navales de Cherbourg, Brest et Lorient.

L'appareillage avait lieu par très gros temps dans le golfe de Gascogne.

Brève escale à Gibraltar et cap sur Alexandrie où l'on retrouvait la Royal Navy pour des manœuvres concertées.

Que se passe t'il alors, le haut commandement donne des instructions pour faire rallier tous les bâtiments en Afrique du Nord, plus précisément à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), port militaire d'Oran ?

Dés lors tous les bateaux sont mis en état de désarmement et de gardiennage.

L'amirauté allemande envisageait de faire main basse sur tout ce potentiel naval, ce qui ne sera pas du goût des anglais.

L'« appel du 18 juin » du général Charles DE GAULLE que peut d'entre nous connaissent restera vain, et toute l'escadre restera au mouillage.

C'est alors que le 3 juillet dans ce port protégé d'une immense digue, amarrés sur coffre, étraves dirigées vers la terre face à Santa Cruz, les croiseurs modernes DUNKERQUE et STRASBOURG, portant la marque du vice-amiral Marcel GENSOUL, deux cuirassés le BRETAGNE et le PROVENCE, le porte-hydravions COMMANDANT TESTE, les destroyers rapides MOGADOR et VOLTA mais encore les contres torpilleurs LE TERRIBLE, KERSAINT, TIGRE et LYNX (mon bateau) et une dizaine d'autres bâtiments plus légers et les sous-marins ARIANE, DIANE et EURYDICE, des escorteurs et navires auxiliaires.

Vers 08H00, l'escadre anglaise du vice amiral SOMMERVILLE est signalée croisant au large du cap FALCON, et chacun de penser que celle-ci se dirige vers Malte.

En fait elle se positionne à plusieurs milles de La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) à portée de canons.

On distingue le cuirassé HMS HOOD fortement armé de huit pièces d'artillerie de 406 mm, ainsi que deux autres cuirassés, le HMS RESOLUTION et l'HMS ENTERPRISE.

Il y a encore le HMS VAILLANT et l'HMS ARETHUSA, bon nombre de contre torpilleurs ainsi que le porte avion HMS ARK ROYAL doté d'une cinquantaine d'appareils.

On apprendra par la suite que dans la nuit du 2 au 3 Juillet, les anglais que l'on croyait nos amis (laissez moi rire) s'étaient emparés par la force dans les ports de Portsmouth, Plymouth, Falmouth, Heerness et encore à Port-Saïd des unités françaises hostiles à l'« appel du 18 juin ».

Vers 10H00, une vedette anglaise, pavillon au vent se dirige en direction de la passe et accoste à la coupée du DUNKERQUE ou l'officier émissaire remet l'ultimatum au vice-amiral Marcel GENSOUL.

Le contenu de cet ultimatum comporte trois volets, à savoir :
• Que la flotte française stationnée à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) rejoigne la Royal Navy dans sa lutte contre l'Allemagne,
• Ou bien qu'elle rejoigne les Antilles ou un port américain ou elle sera désarmée,
• Qu'elle procède le cas échéant à son sabordage.

En cas de refus d'une au l'autre de ces directives, les navires Anglais ouvriront le feu ce même jour à 16H30.

Devant la réponse ferme du refus de notre amiral qui avait entre temps consulté le haut commandement et le gouvernement réfugié à Bordeaux, un second contact du même émissaire avait lieu à 14H30.

Il s'agissait du commodore HOLLAND.

Tout comme le premier, un non catégorique était adressé à l'envoyeur.

Entre temps, l'amirauté avait donné des instructions pour faire réarmer à la hâte et en toute discrétion toutes les unités et les chaufferies au ralenti reprenaient une activité pour faire face dans le cas d'un appareillage d'urgence.

Hélas vers 16H55, les Anglais procédaient à des premiers tirs, les obus de la première salve tombant en dehors de la digue causant des gerbes d'eau d'une grande hauteur, mais très vite ils corrigeaient leurs tirs et cette fois.

Plusieurs bateaux étaient touchés, le plus gravement le cuirassé BRETAGNE qui allait connaître une fin particulièrement tragique.

Pour la Royal Navy, il était facile d'atteindre leur but : « Anéantir une escadre française au mouillage et sans défense ».

Bien que touché dans ses structures, avec un bilan de victimes assez élevé, le STRASBOURG parvenait à sortir de la passe, tout comme le LYNX, un des rares bateaux à n'avoir subit aucun dégât, seules quelques égratignures sur la coque dues à des projections d'éclats d'obus, mais tout l'équipage était sauf.

L'unique occasion pour notre pacha de faire cap sur la grosse mer se permettant à la suite d'échos de son détecteur ASDIC de procéder à un vaste grenadage sur un sous-marin qui aura probablement coulé et d'autre part tirer plusieurs salves avec son artillerie de bord sur un destroyer britannique lui causant de très sérieuses avaries.

Notre retour à Toulon fut salué par une presse outrageante de la part du quotidien local « Le Petit Varois » aux deux équipages du LYNX et du STRASBOURG.

Les invectivant en écrivant : « Que les marins français préféraient les canons de vin rouge à ceux de CHURCHILL » très certainement que l'auteur de ces lignes n'avait pas vécu ce drame héroïque de nos pompons rouge, une manifestation de masse devait s'en suivre, officiers en tête, sur la plus grande artère Toulonnaise, en rejetant toutes ces calomnies.