PANTHÈRE - contre-torpilleur - Classe «JAGUAR»
Chantier : Arsenal de Lorient (France)
27 octobre 1924 (Lancement)
04 février 1927 (Mise en service)
 09 septembre 1943
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Marins à bord...

Embarquement pour l'année 1925

Novembre : LABORDE

Embarquement pour l'année 1926

Avril : LABORDE

Embarquement pour l'année 1928

Avril : WILLM

Embarquement pour l'année 1930

Avril : VALLÉE
Octobre : BERTRAND A.

Embarquement pour l'année 1931

Janvier : LAGARDE J.
Septembre : DOYEN P. -  PONCET P.
Décembre : LEDRAIN

Embarquement pour l'année 1932

Août : SCHWERER A.

Embarquement pour l'année 1934

Septembre : FEAT

Embarquement pour l'année 1936

Septembre : DEGLOS DE BESSE
Octobre : LE GOULM H.

Embarquement pour l'année 1937

Juillet : WANECQUE M.

Embarquement pour l'année 1938

Février : ELLIOT
Avril : MAQUAIRE A. -  MORVAN Y.
Mai : MAQUAIRE A.
Août : HACCARD J.
Septembre : MANDO

Embarquement pour l'année 1939

Janvier : MAGET R. -  MANGARD P.

Embarquement pour l'année 1942

Novembre : CUMUNEL Y.

Opération(s) en relation avec cette unité...

Sabordage de la flotte à Toulon

Groupement auquel cette unité a été intégrée...

ESCADRE D'INSTRUCTION

Journal de bord...

Dates Evénements
23/12/1923Mis sur cale
12/04/192612/04/1928LABORDE (Commandant)
09/09     Accepté en recette
04/01/1927Clôture d'armement
04/02     Baptisé PANTHÈRE
Armateur : Marine nationale (FRANCE)
12/04/192826/04/1930WILLM (Commandant)
26/04/193024/12/1931VALLÉE (Commandant)
24/12/193101/08/1932LEDRAIN (Commandant)
01/08/193208/09/1934SCHWERER Antoine (Commandant)
08/09/193405/09/1936FEAT (Commandant)
05/09/193605/09/1938DEGLOS DE BESSE (Commandant)
05/09/193820/10/1940MANDO (Commandant)
01/10     Intégré au groupement : ESCADRE D'INSTRUCTION
15/11/194227/11/1942CUMUNEL Yves (Commandant)
27/11     SABORDAGE DE LA FLOTTE A TOULON (Sabordage de la flotte à Toulon) (Intact à l’appontement 2 est Milhaud)
02/1943Armateur : Regia Marina Italiana (ITALIE)
Saisi par les Italiens
01/02     Renommé FR 22
23/03     Appareille pour l'Italie
09/09     Sabordé par les Italiens dans le port de La Spezia



Photographie, numérisation, etc.

© 2006-2019 ALAMER



Caractéristique(s)...

 Déplacement : 2 126 tW - 2 400 tonnes normal - 2 950 tonnes pleine charge
 Dimensions : Longueur : 126,78 m Largeur : 11,32 m Tirant d’eau : 4,10 m
 Propulsion : 2 turbines à engrenages Rateau-Bretagne - 5 chaudières du Temple
 Puissance : 50 000 cv
 Vitesse (en noeud) : 35 nd
 Combustible : 530 tonnes
 Autonomie (en jour) : 3 300 nautiques à 13,5 nd - 2 900 nautiques à 16 nd - 1 000 nautiques à 28 nd - 600 nautiques à 35 nd
 Effectif : 195 officiers et matelots


Armement(s)...

Artillerie principale
    5 canons de 130 mm/40 Mod 19 (5 tourelles simples) Suppression d’un canon de 130 mm en 1940
Artillerie antiaérienne
    2 canons de 75 mm/50 Mod 22 AA (2 tourelles simples) 8 mitrailleuses de 13,2 mm AA (2 batteries quadruples) en 1940
Tube lance-torpilles
    6 TLT de 550 mm (2 affûts triples)
Détection
    pose d'un ASDIC en 1940

(N°2615)

Le 27 Novembre 1942 : Sabordage de la flotte à Toulon

Résumé...


Après les noires journées de La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), Toulon devient la seule vraie base navale digne d'accueillir la flotte française : 90 navires y sont au mouillage en Novembre 1942 ce qui représente plus de la moitié des unités navales dont la partie la plus moderne.

Le JEAN BART (à Casablanca) et le RICHELIEU (à Alexandrie) sont les deux fleurons manquants à l'appel.

Composition de la flotte...


La flotte se divise en 3 groupes.

La flotte de Haute Mer sous les ordres de l'amiral DE LABORDE dont le pavillon est sur le STRASBOURG :
STRASBOURG
ALGÉRIE
COLBERT
DUPLEIX
MARSEILLAISE
JEAN DE VIENNE
• 10 contre-torpilleurs et 3 torpilleurs

Les bâtiments armés sous les ordres du préfet maritime vice-amiral MARQUIS :
PROVENCE
COMMANDANT TESTE
• 6 torpilleurs
• 3 sous-marins

Les bâtiments en gardiennage :
DUNKERQUE
FOCH
LA GALISSONNIÈRE
• 8 contre-torpilleurs
• 6 torpilleurs
• 10 sous-marins

Calendrier...


Le débarquement allié en Afrique du Nord le 08 Novembre 1942 va fournir à HITLER le prétexte qui lui faisait défaut pour envahir la zone libre et le 11 Novembre 1942 il déclenche l'opération ATTILA, franchissant la ligne de démarcation.

Malgré la menace sous-jacente qui pèse sur la flotte de Toulon, le gouvernement de Vichy se fie aux promesses du Führer qui s'est engagé à laisser la base navale sous autorité française.

Un récent télégramme d'HITLER lui-même avait stipulé que la rade ne serait pas occupée.

Il semblerait que les autorités françaises d'alors aient oublié le peu de crédit que l'on pouvait accorder au déclarations du chef du Reich.

12 Novembre


L'amiral François DARLAN appelle la flotte à se joindre aux alliés pour combattre HITLER.

Hélas, les commandants avaient tous du prêter serment au gouvernement de Vichy : appareiller aurait donc été interprété comme une haute trahison.

De plus, dès le déclenchement de l'opération ATTILA, la Luftwaffe avait réuni les moyens nécessaires pour s'opposer efficacement à toute tentative de sortie de la Flotte française.

Une opération aussi hasardeuse aurait coûté très cher sur le plan humain et beaucoup d'unités n'auraient pas été rapidement opérationnelles, à condition d'avoir pu rallier un port allié.

L'offensive allemande s'arrête aux portes de Toulon où les troupes françaises ont pris position pour défendre la flotte.

19 Novembre


LAVAL ordonne au troupes de se retirer du camp retranché.

Les allemands réitèrent leurs promesses de 1940 :

« On ne touche pas à la flotte » mais en préparent la capture par surprise au travers l'opération ANTON-LILA.

4 groupes de combat se préparent dans ce but :
• Groupe de combat A : Ce groupe doit avancer depuis l'Ouest, capturer la péninsule sud de Toulon, la ville de La Seyne-sur-Mer, la forteresse Napoléon et Six-Fours, ainsi que la péninsule de Saint-Mandrier qui contrôle l'accès au port
• Groupe de combat B : Ce groupe doit avancer depuis l'Ouest, le long de la Nationale 8 pour atteindre le coeur de Toulon, occuper l'arsenal et capturer la flotte
• Groupe de combat C : Ce groupe doit avancer derrière le groupe B pour couvrir ses arrières et ses flancs. Il doit également capturer la forteresse du Mont Faron et Grand Saint-Antoine ainsi que les bâtiments militaires à Saint-Anne
• Groupe de combat D : Ce groupe arrive de l'Est, le long de la Nationale 97 après avoir passé Toulon au Nord. Il doit capturer la station radio du Mourillon, le fort Lamalgue (siège du Haut Commandement) et le bassin du Mourillon

En complément de ces groupes, des éléments SS avancent derrière le groupe A pour occuper Sanary, pendant que plus à l'ouest des éléments de la 335ème Division d'Infanterie (environ un bataillon) doivent sécuriser la côte.

Pour finir, la Luftwaffe utilisera des Heinkel 111 pour miner les chenaux du port, attaquer et couler tout navire français tentant de sortir.

Des Junker 88 et des Heinkel 115 sont également prêts à intervenir pour intercepter tout navire appareillant.

27 Novembre


04H25 Les chars allemands sont à la porte de l'arsenal.

L'amiral MARQUIS est fait prisonnier au fort Lamalgue.

04H30 l'amiral DE LABORDE est prévenu. Il refuse de croire au manquement de parole des allemands mais fait réveiller les équipages, allumer les chaudières (4 à 5 heures avant de pouvoir appareiller) et prend les dispositions en vue du sabordage

05H25 Les panzer allemands forcent la porte de l'arsenal. Le STRASBOURG lance par radio l'ordre de sabordage :
« Ici FHM. Sabordez la flotte... Sabordez la flotte... »

L'ordre est répété par signaux optiques.

Des porteurs emmènent également le message aux navires.

« Exécutez immédiatement le sabordage de votre bâtiment. Amiral DE LABORDE, commandant en chef les forces de haute mer »

Pendant ce temps, les Panzer se perdent dans les dédales de l'arsenal et arrivent trop tard pour empêcher le sabordage.

Un violent accrochage a lieu sur le STRASBOURG : un obus de 75 millimètres fait un mort et cinq blessés en tombant sur la tourelle 3. Le commandant en second ordonne de riposter au fusil mitrailleur et à la mitrailleuse. Des allemands sont fauchés mais DE LABORDE fait cesser le tir.

En quelques minutes les destructions très importantes sur de nombreux navires :
• Le STRASBOURG coule droit sur 14 mètres de fond
• L'ALGÉRIE va brûler pendant 2 jours
• La MARSEILLAISE coule avec 30° gîte
• Le DUPLEIX est incendié à 0625 quand les allemands montent à bord. Les soutes à munitions explosent à 08H30, les torpilles à 1100
• Les torpilleurs et contre-torpilleurs (Quai Noël) sont coulés quand les allemands arrivent.
• Le mât du CASSARD arbore le pavillon « Ordres amiral exécutés »
• En ce qui concerne les bâtiments en gardiennage ou réparation, le sabordage est difficile à effectuer cause des équipages réduits
• Le DUNKERQUE est détruit in extrémis
• 4 contre torpilleurs (dans les grands bassins Vauban) et 2 torpilleurs sont capturés presque intacts (PANTHÈRE et TIGRE aux appontements de Milhaud)
• Toutes les installations de la Marine nationale (batteries côtières et front de mer) sont détruites mais, bravant les ordres de sabordage car n'appartenant pas aux Forces de Haute Mer, 5 sous-marins (CASABIANCA, MARSOUIN, LE GLORIEUX, IRIS et VÉNUS) appareillent du Mourillon : le VÉNUS se sabordera en grande rade alors que les autres, en parvenant à éviter à la fois les mines et les bombardements allemands, parviendront à prendre le large. Le CASABIANCA et le MARSOUIN rejoindront Alger, LE GLORIEUX ira à Oran alors que l'IRIS se réfugiera à Barcelone

Conclusion...


La défaite stratégique est indéniable pour les allemands : ils n'ont pu mettre la mains sur la flotte française qui est détruite à 90% dont la totalité des Forces de Haute Mer.

Le sabordage montre à CHURCHILL que la parole donnée par François DARLAN en Juin 1940 n'était pas vaine.

Quant au gouvernement de Vichy, il vient de perdre son meilleur atout vis-à-vis de l'opinion française