ÉMILE BERTIN - croiseur - Classe «ÉMILE BERTIN»
Chantier : Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët (France)
09 mai 1933 (Lancement)
novembre 1934 (Mise en service)
 27 octobre 1959
courriel Contacter l'association au sujet de cette unité...


Marins à bord...

Date inconnue

CAPOGROSSI G. -  COOPER G. -  ORTOLI P. -  ROVERCH P.

Embarquement pour l'année 1933

Novembre : TAVÉRA

Embarquement pour l'année 1934

PONTAVICE DU VAUGARNY J. -  REBUFFEL G.
Mai : ROIGNANT J.
Octobre : PIERRE J.

Embarquement pour l'année 1935

BLOT C. -  ERTAUD A. -  FLOC'H J.

Embarquement pour l'année 1936

AUPHAN G.

Embarquement pour l'année 1937

BRAOUÉZEC P.
Janvier : HAGNERÉ J.

Embarquement pour l'année 1938

Juin : STRAUMANN E.
Juillet : LESCOP F.
Septembre : BATTET R.

Embarquement pour l'année 1939

DEMANGE H. -  DENIEL F. -  LAMETTE H. -  LARIVE R. -  MILIN L. -  POSTIO J. -  THEPAUT E.

Embarquement pour l'année 1940

BEAUMANOIR -  BLAIN G. -  DESVERGNE -  GUILBERT P. -  LACOURT -  LACOURT -  LE CALVEZ -  MAUDUIT -  RAYNAUD -  RICHARD
Mars : AUQUE R.
Décembre : BOURLARD A. -  DESSERTINE A.

Embarquement pour l'année 1941

DROZ -  KERSALE
Février : BLONDEL G.

Embarquement pour l'année 1942

ABALAIN H. -  BARTHEL -  BOURSIAC J. -  BOUSQUET -  CHRETIEN -  DREVILLON -  HALNAIS L. -  JOYAU DE COUESNONGLE -  LE BORGNE G. -  LE SAOUT L. -  TASCON -  WASNER E.
Janvier : CHOUTEAU P.
Février : BERTHIER J. -  LAVAL R.
Mars : CONSTANTIN J.
Avril : PIFFAUT A.
Mai : BOURIT R.

Embarquement pour l'année 1943

BAUD P. -  BLOUIN R. -  CANTEGRIL -  CELLIER -  DE LA VILLE MARQUET -  JOUBLIN -  LE CUZIAT -  LE PENDU -  LEMAIRE -  MACHENAUD -  NEUVILLE -  PICOT -  QUÉHEC F. -  ROUAN -  SERIOT -  SIMON -  UGUEN
Janvier : CLOÂTRE J. -  LAVAL R. -  PAGNY A.
Février : TENOUX G.
Avril : CANTAGRILL J. -  ROTUREAU A.
Août : BATAILLE
Décembre : HUON C.

Embarquement pour l'année 1944

Juillet : ORTOLI P.
Septembre : BIBERON M.

Embarquement pour l'année 1945

Janvier : LE NEN R.
Octobre : CAUVIN G.

Embarquement pour l'année 1947

Octobre : LASVIGNE J.

Embarquement pour l'année 1948

CADÉAC D'ARBAUD J.

Embarquement pour l'année 1950

Juin : MAYAUD H.

Embarquement pour l'année 1953

Octobre : REGNAULT M.

Opération(s) en relation avec cette unité...

Campagne de Namsos    -   La bataille de Narvik    -   Le débarquement de Provence

Il y a 2 documents dans la bibliothèque.

« La croisière de l'Emile Bertin - 1935 » par Lieutenant de vaisseau Camille BLOT
« La croisière de l'Emile Bertin - 1935 »
« Souvenir de Monsieur Jean BERTHIER » par Christian Larnicol
« Souvenir de Monsieur Jean BERTHIER »
       


Groupements auxquels cette unité a été intégrée...

FORCE X   -   FLANK FORCE   -   TF87   -   ESCADRE D'INSTRUCTION

Journal de bord...

Dates Evénements
     Intégré au groupement : FORCE X
Intégré au groupement : FLANK FORCE
Intégré au groupement : TF87
1931Mise en chantier sous le nom provisoire de CL-1
26/08     Mis sur cale
15/05/1934Entre en armement
28/06     Première sortie pour présentation en recette
09/07     Appareille de St-Nazaire à destination de Brest
17/07     Essais
15/10     Armement définitif
11     Armateur : Marine nationale (FRANCE)
08/02/1935Appareille de Brest pour sa première sortie d'endurance
1936AUPHAN Gabriel (Commandant)
15/09/193826/03/1942BATTET Robert (Commandant)
01/10     Intégré au groupement : ESCADRE D'INSTRUCTION
27/09/1939Arrive à Toulon avec 57 tonnes d'or polonais chargées en Roumanie
23/01/1940Arrive à Dakar pour compléter la FORCE X
07/02     Se trouvant à Dakar, reçoit l'ordre de rallier Casablanca puis Brest en vue de constituer un groupe dans le but de préparer une opération destinée à aider les Finlandais.
04     05/1940CAMPAGNE DE NAMSOS (Campagne de Namsos)
16/02     08/06/1940NARVIK (La bataille de Narvik)
19/04     Touché par une bombe qui n'explose pas
17/05     Transporte 200 tonnes d'or de la Banque de France vers les Antilles, avec JEANNE D'ARC et BÉARN
25/06     Immobilisé aux Antilles
03/194207/1943CONSTANTIN Jean (Commandant)
12/08/19431944BATAILLE (Commandant)
01/09     Refonte à Philadelphie (USA)
02/1944Effectue des tirs contre des cibles terrestres à Salerne et Anzio (Italie)
07     ORTOLI Paul (Commandant)
15/08     Participe au débarquement de Provence au sein de la TF87 (Camel Force)
11/09/1944ANVIL DRAGOON (Le débarquement de Provence) (Intégré à TF87)
17/08     Intégré à la FORCE A qui effectue des tirs contre l'île de Sainte-Marguerite et des canons allemands près du casino de Cannes
24/08     Soutient la progression de la 1st Airborne Division vers l'Italie - Coule le cargo français CONDÉ pour éviter que les Allemand ne l'utilisent pour bloquer le port de Nice
01/1945Grand carénage à Toulon de janvier à septembre 1945
10     Opérations en Indochine
02/1947Grand carénage à Toulon - Affecté à l'école de canonnage à Toulon
1951Placé en réserve spéciale
23/10     Déclassé
01/01/1955Mis en réserve spéciale B
27/10/1959Condamné
1961Démoli



Photographies, numérisations, etc.

© 2006-2018 ALAMER
ÉMILE BERTIN (Eric LEDUCQ)
© 2006-2018 ALAMER © 2006-2018 ALAMER
ÉMILE BERTIN : insigne représentant un « TORI » Japonais. Louis-Émile BERTIN, ingénieur naval, a assisté le Japon pour la reconstruction de sa flotte (Voir la page qui lui est consacrée sur Wikipédia).
© 2006-2018 ALAMER
ÉMILE BERTIN aux Saintes (Albert BOURLARD) - 1941
© 2006-2018 ALAMER
ÉMILE BERTIN : la tourelle avant & le télépointeur (Albert BOURLARD) - 1941
© 2006-2018 ALAMER
ÉMILE BERTIN : la 12,7 mm (Albert BOURLARD) - 1941
© 2006-2018 ALAMER
Albert BOURLARD à gauche sur l'ÉMILE BERTIN à Dakar à couple du GEORGES LEYGUES (Albert BOURLARD) - 1944



Caractéristique(s)...

 Déplacement : 5 886 tW 6 530 tonnes (normal) 8 950 tonnes (pleine charge)
 Dimensions : Longueur : 177,00 m Largeur : 15,95 m Tirant d’eau : 6,60 m
 Propulsion : 4 groupes de turbines à engrenages Parsons - 6 chaudières Penhoët - 4 hélices
 Puissance : 102 000 cv
 Vitesse (en noeud) : 34 nd 34,8 nd aux essais du 28 juin 1934 - 40,2 nd aux essais du 4 août 1934
 Combustible : 1 360 tonnes de carburant
 Autonomie (en jour) : 6 000 nautiques à 15 nd
 Effectif : 36 officiers et 531 matelots (paix) et 711 (guerre)


Armement(s)...

Blindage
    pont principal, soutes et tour, 25 mm
Artillerie principale
    9 canons de 152 mm Mod 1930 (3 tourelles triples)
Artillerie antiaérienne
    4 canons de 90 mm AA (1 tourelle double et deux tourelles simples) 8 canons de 37 mm AA (4 canons jumelés) 8 mitrailleuses de 13,2 mm (4 canons jumelés) Suppression des canons de 37 mm et des mitrailleuses de 13,2 mm en septembre 1943 8 canons Bofors de 40 mm AA en septembre 1943 20 canons Oerlikon de 20 mm AA en septembre 1943
Tube lance-torpilles
    6 TLT de 550 mm (2 affûts triples)
Mine
    200 mines
Aviation embarquée
    2 hydravions Loire 130 de l'escadrille de surveillance HS 3 Suppression des hydravions en septembre 1943
Détection
    Pose d'un radar et d'un ASDIC en septembre 1943

(N°5152)

« Mes mémoires de marin : La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) » (extrait)

Auteur Daniel DENIZOT - Avec l'aimable autorisation de M. Pascal DENIZOT le 19 février 2007

Une mission d'importance nous attendait en ce mois de Mars 1940.

Il s'agissait d'accompagner aux cotés du croiseur ÉMILE BERTIN et d'autres unités, l'important convoi de troupes et de matériels, les troupes de montagne, les alpins du général BETHOUARD qui se rendaient en Norvège et plus particulièrement à Narvik, une cité portuaire qui fera l'objet de dures combats.

Dans les eaux du détroit du Skagerack, ordre nous était donné de regagner Brest.

Des chuchotements des radios et des timoniers sur la passerelle laissaient pressentir un départ pour la Méditerranée, voir Malte et l'Egypte.

Pas d'erreur, l'amirauté avait jugé bon de déplacer son escadre Atlantique, l'avance des forces allemandes à l'intérieur de la France se faisant plus précise en direction des bases navales de Cherbourg, Brest et Lorient.

L'appareillage avait lieu par très gros temps dans le golfe de Gascogne.

Brève escale à Gibraltar et cap sur Alexandrie où l'on retrouvait la Royal Navy pour des manœuvres concertées.

Que se passe t'il alors, le haut commandement donne des instructions pour faire rallier tous les bâtiments en Afrique du Nord, plus précisément à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), port militaire d'Oran ?

Dés lors tous les bateaux sont mis en état de désarmement et de gardiennage.

L'amirauté allemande envisageait de faire main basse sur tout ce potentiel naval, ce qui ne sera pas du goût des anglais.

L'« appel du 18 juin » du général Charles DE GAULLE que peut d'entre nous connaissent restera vain, et toute l'escadre restera au mouillage.

C'est alors que le 3 juillet dans ce port protégé d'une immense digue, amarrés sur coffre, étraves dirigées vers la terre face à Santa Cruz, les croiseurs modernes DUNKERQUE et STRASBOURG, portant la marque du vice-amiral Marcel GENSOUL, deux cuirassés le BRETAGNE et le PROVENCE, le porte-hydravions COMMANDANT TESTE, les destroyers rapides MOGADOR et VOLTA mais encore les contres torpilleurs LE TERRIBLE, KERSAINT, TIGRE et LYNX (mon bateau) et une dizaine d'autres bâtiments plus légers et les sous-marins ARIANE, DIANE et EURYDICE, des escorteurs et navires auxiliaires.

Vers 08H00, l'escadre anglaise du vice amiral SOMMERVILLE est signalée croisant au large du cap FALCON, et chacun de penser que celle-ci se dirige vers Malte.

En fait elle se positionne à plusieurs milles de La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) à portée de canons.

On distingue le cuirassé HMS HOOD fortement armé de huit pièces d'artillerie de 406 mm, ainsi que deux autres cuirassés, le HMS RESOLUTION et l'HMS ENTERPRISE.

Il y a encore le HMS VAILLANT et l'HMS ARETHUSA, bon nombre de contre torpilleurs ainsi que le porte avion HMS ARK ROYAL doté d'une cinquantaine d'appareils.

On apprendra par la suite que dans la nuit du 2 au 3 Juillet, les anglais que l'on croyait nos amis (laissez moi rire) s'étaient emparés par la force dans les ports de Portsmouth, Plymouth, Falmouth, Heerness et encore à Port-Saïd des unités françaises hostiles à l'« appel du 18 juin ».

Vers 10H00, une vedette anglaise, pavillon au vent se dirige en direction de la passe et accoste à la coupée du DUNKERQUE ou l'officier émissaire remet l'ultimatum au vice-amiral Marcel GENSOUL.

Le contenu de cet ultimatum comporte trois volets, à savoir :
• Que la flotte française stationnée à La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940) rejoigne la Royal Navy dans sa lutte contre l'Allemagne,
• Ou bien qu'elle rejoigne les Antilles ou un port américain ou elle sera désarmée,
• Qu'elle procède le cas échéant à son sabordage.

En cas de refus d'une au l'autre de ces directives, les navires Anglais ouvriront le feu ce même jour à 16H30.

Devant la réponse ferme du refus de notre amiral qui avait entre temps consulté le haut commandement et le gouvernement réfugié à Bordeaux, un second contact du même émissaire avait lieu à 14H30.

Il s'agissait du commodore HOLLAND.

Tout comme le premier, un non catégorique était adressé à l'envoyeur.

Entre temps, l'amirauté avait donné des instructions pour faire réarmer à la hâte et en toute discrétion toutes les unités et les chaufferies au ralenti reprenaient une activité pour faire face dans le cas d'un appareillage d'urgence.

Hélas vers 16H55, les Anglais procédaient à des premiers tirs, les obus de la première salve tombant en dehors de la digue causant des gerbes d'eau d'une grande hauteur, mais très vite ils corrigeaient leurs tirs et cette fois.

Plusieurs bateaux étaient touchés, le plus gravement le cuirassé BRETAGNE qui allait connaître une fin particulièrement tragique.

Pour la Royal Navy, il était facile d'atteindre leur but : « Anéantir une escadre française au mouillage et sans défense ».

Bien que touché dans ses structures, avec un bilan de victimes assez élevé, le STRASBOURG parvenait à sortir de la passe, tout comme le LYNX, un des rares bateaux à n'avoir subit aucun dégât, seules quelques égratignures sur la coque dues à des projections d'éclats d'obus, mais tout l'équipage était sauf.

L'unique occasion pour notre pacha de faire cap sur la grosse mer se permettant à la suite d'échos de son détecteur ASDIC de procéder à un vaste grenadage sur un sous-marin qui aura probablement coulé et d'autre part tirer plusieurs salves avec son artillerie de bord sur un destroyer britannique lui causant de très sérieuses avaries.

Notre retour à Toulon fut salué par une presse outrageante de la part du quotidien local « Le Petit Varois » aux deux équipages du LYNX et du STRASBOURG.

Les invectivant en écrivant : « Que les marins français préféraient les canons de vin rouge à ceux de CHURCHILL » très certainement que l'auteur de ces lignes n'avait pas vécu ce drame héroïque de nos pompons rouge, une manifestation de masse devait s'en suivre, officiers en tête, sur la plus grande artère Toulonnaise, en rejetant toutes ces calomnies.


(N°327)

Extraits de l'agenda de l'année 1944

Auteur Roland SEVENOU le 1944

Mars 1944


Faisons route dessus.

21h45 Ouvrons le feu. Coups au but sur un destroyer allemand qui explose.

22h05 Coup au but sur 2ème destroyer. Marchons à 39 nœuds. Nous tirons de toutes nos pièces.

22h15 Un destroyer flambe.

22h16 Faisons route à 33 nœuds sur le convoi. Lançons torpille. Bateau marchand de 8 000 tonnes à peu près coulé. Nous tirons avec les 40 sur un petit bateau. Résultat définitif : 2 bateaux marchands, 2 destroyers allemands, 1 vedette lance torpille coulés.

Lorsque nous sommes arrivés sur le convoi, après avoir ouvert le feu, les deux destroyers ennemis ont voulu s'enfuir. Nous les avons pris en chasse et c'est sur un champ de mines que le combat a commencé. Les allemands ont ouvert le feu mais rien ne nous a touché. Après avoir exterminé le convoi, nous faisons route vers notre base à une vitesse moyenne de 30 nœuds.

Le combat a eu lieu dans le 44°22N et 014°20E.

Samedi 18 Mars (St Alexandre)


37°25 de lat 020°52 de long

Le matin préparatifs pour partir. Appareillage retardé : nous avons fait un trou dans la coque à l'avant. L'avarie est vite réparée.

Appareillage. Nous faisons un raid devant la ville grecque d'Arcadia. Nous tombons sur un convoi de 5 bateaux nous en coulons 4 et le 5ème probablement. Nous passons à 20 mètres d'un bateau à essence qui nous explose au nez. Pendant une petite minute on se tire dessus à bout portant. Nous sommes touchés à trois endroits : aux poulaines équipage, dans un radeau sous la passerelle et à la pièce II plusieurs trous causés par des éclats (porte des fourriers, croisillons cheminée etc...)

Nous avons 1 blessé grave. Une fois le combat terminé nous partons à 36–37 nœuds direction Malte.

Arrivons à Malte vers 15H00. En mettant notre vedette à l'eau, elle reste suspendue par l'avant, tandis que l'arrière tombe à l'eau. Nous accostons LE FANTASQUE qui lui a deux blessés graves. Il est moins touché que nous ;

L'après midi : repos. Permissionnaires par bâbord. Rentrée à 23 heures.

Gardons une veille(153) Quart de 02 à 04 RAS

Vendredi 16 Juin 1944


Arrivons vers 11h à Manfredonia. Vers 14 ou 15h appareillage. Nous allons faire un raid dans le golfe de Quaméro à côté de Fiume.

Poste de combat réel à minuit 45. Cinq bateaux en vue. Nous faisons 3 ou 4 passes et coulons 2 vedettes et 2 cargos. Le 5ème s'est tiré !

Retour du combat à 34 nœuds. J'ai pris des photos.

Nous étions avec LE FANTASQUE. Les vedettes et les cargos nous ont tiré dessus avec des mitrailleuses et des canons d'assez beau calibre. Le combat a duré environ 30 minutes et s'est déroulé à la position suivante : 44°50N et 014°08E.

Nous n'avons aucun blessé et aucune éraflure. Le combat s'appelle le combat de l'Arsa, car il s'est passé à côté du canal de l'Arsa dans le golfe de Quaméro. Le 1er coup de canon fut tiré à 23h GMT.

Samedi 17 Jjuin 1944


Arrivons à Tarente vers 20H00 ; faisons le mazout et restons à quai.

Dimanche 13 Août 1944


Branle-bas à 5h00. Appareillage à 6h00. Nous allons en rade.

Appareillage avec LE MALIN et LE FANTASQUE à 11h30. Nous rencontrons le GEORGES LEYGUES, le Mont….. 3 cuirassés américains : TEXAS, NEVADA, PHILADELPHIE.

Vitesse minimum 10 nœuds. Nous sommes tous escortés avec 6 destroyers. Route à l'Ouest. Mer bonne.

C'est le grand coup qui se prépare.

Lundi 14 Août 1944


Le matin nous rencontrons une autre force alliée. Nous dépassons un grand convoi. Le temps est calme. Nous marchons doucement. Dans l'autre escadre se trouvent l'ÉMILE BERTIN et le DUGUAY-TROUIN.

L'après midi, nous passons au large de la Sardaigne.

Le soir nous passons devant la Corse. Vers 20H00 nous mettons au poste de combat puis au poste d'alerte.

Jeudi 17 Août 1944


Nous faisons route sur la Corse. Nous escortons le TEXAS jusqu'à l'intérieur du Cap de Bonifacio, puis nous le laissons partir seul. Nous faisons demi-tour et nous allons mouiller dans le port de Propriano. Nous sommes une dizaine de bateaux français et américains. Nous restons sous les feux. Le port de Propriano est très petit, il se trouve un peu au nord de Sartène.

Vendredi 18 Août 1944


Cette nuit, nous appareillons à 1h30 avec le FATQ pour chasser les sous-marins ennemis signalés devant la baie.

Lundi 25 Décembre 1944


Le matin, préparatifs d'appareillage.

Appareillage à 13 heures. Exercices de tir et évolution.

En nous ralliant, LE MALIN nous rentre dedans. 8 morts à bord du LE TERRIBLE. Nous n'avons pas coulé grâce aux cloisonnements étanches. Une chaudière a explosé. Parmi les 8 se trouvent 5 permissionnaires du LE FANTASQUE et 3 de chez nous : DESIVART, DEVRAIN, ROUSSELET.

Nous rentrons à Naples à très petite vitesse : 5 nœuds. Tout le pont du milieu est arraché, plus de cheminée, la pièce 3 est déplacée, le poste arrière n'existe plus, la coque est crevée.

25 Décembre 1944 jour triste mais jour de fête


Le matin branle-bas à 08H00. Nous trouvons toutes les chaussures blanchies à la chaux ainsi que tables et glaces.

Vers 09 heures, messe à bord par un aumônier français, dans le poste 3 ; j'y vais ainsi que plusieurs camarades.

À 10 heures nous allumons car nous devons appareiller pour Toulon.

À midi, les permissionnaires rentrent de terre et nous mangeons. Quelques-uns sont encore gais et légèrement émus par la boisson.

À 13 heures appareillage avec LE MALIN. Nous faisons exercice de DCA et d'évolution à 25 noeuds.

À 05h35 exactement LE MALIN nous aborde à la hauteur des 40 bâbord. Les munitions explosent enlevant les 40 et un cône de torpille. LE MALIN pénètre plus profondément déchirant la coque bâbord, une chaudière arrière explose arrachant le pont milieu et la cheminée.

Par l'explosion, l'avant du LE MALIN se casse et s'engloutit dans l'eau emportant avec lui une centaine de marins et communiquant le feu dans l'intérieur du bateau.

Quand le choc a eu lieu j'étais dans le poste 4 en train de manger. LE TERRIBLE a pris une gîte formidable le renversant presque. Nous sommes montés rapidement sur le pont malgré la grande difficulté que nous avions eu à sortir du poste 4 à cause de la porte qui s'était fermée.

En arrivant sur le pont nous avons préparé les radeaux car le bateau gardait une forte gîte et donnait l'impression qu'il allait sombrer. Le temps est assez houleux et le vent fort de l'ouest.

Nous sommes tous sur bâbord pour aider un peu à rétablir la gîte. Tout à bord est dans un grand désordre du à la déflagration.

Le vent souffle de tribord et quelques embruns embarquent par le pont milieu.

L'équipe de sécurité et l'infirmier recherchent les blessés qui après déblaiement sont au nombre de 5 et 9 morts dont 5 subsistants du LE FANTASQUE qui devaient aller en permission en arrivant à Toulon.

Nous arrivons à rétablir l'équilibre et nous pouvons retourner dans les postes.

LE MALIN a réussi à éteindre l'incendie de son avant ?

Nous regagnons Naples à une petite vitesse de 4 nœuds ce qui est un maximum car il n'y a presque plus d'eau pour la chaudière. LE MALIN est resté derrière nous et rejoins également le même port. Le résultat du choc sera sans doute effrayant.

Mardi 26 Décembre 1944


Arrivons à Naples vers 08 heures. Aussitôt nous faisons l'appel : il en manque 8. Les corps sont mis en bière et expédiés au cimetière. LE MALIN doit arriver cette nuit. Nous déblayons le pont milieu. Les américains nous aident ainsi que des soldats français du Maroc. 2 blessés de chez nous vont à l'hôpital (TINET et BRULE).

Le soir j'écris à la maison à Louis et Guieu.

Mercredi 27 Décembre 1944


Je suis de garde pour la surveillance des corps, je pars à 08 heures. À 15 heures, cérémonie au cimetière. LE MALIN n'a aucun rescapé : il totalise 62 morts. Ce qui fait 70 en tout et 6 blessés.

Je reviens du cimetière vers 17 heures. Nous avons changé de quart et nous devons aller demain au bassin.

Jeudi 28 Décembre 1944


Ce matin débarquement du reste des munitions. Vers midi le GEORGES LEYGUES et la JEANNE D'ARC arrivent. L'amiral RONARC'H vient à bord et nous fait un petit discours disant que :

« Nous serions rapidement réparés et que nous effacerons cette page de deuil sur le livre de gloire de la division. »

Vers 17 heures nous entrons en cale sèche.

Le soir RAS