MINERVE - sous-marin - Classe «MINERVE»
Chantier : Arsenal de Cherbourg (France)
23 octobre 1934 (Lancement)
31 décembre 1935 (Mise en service)
 17 septembre 1945
courriel Contacter l'association au sujet de cette unité...


Marins à bord... (4)

Date inconnue

A'WENG F. -  ABOULICAM R. -  BATAILLIE J. -  BECHLER A. -  BECKLER A. -  BENOIT M. -  BERAET R. -  BERGOT Y. -  BERNIGAUD J. -  BERNIGAUD J. -  BEUVE R. -  BIHEL J. -  BLONDEL A. -  BOUCHARD G. -  BOULANGER J. -  BOUVRANDE R. -  BRETON R. -  BROCHET C. -  BRUNET J. -  CANEAUX R. -  CARIOU F. -  CARN F. -  CHAILLOUX M. -  CHAPALAIN H. -  CHAPALAIN H. -  CHARLES -  CHARLES F. -  CHARLOT J. -  CLEQUEN (ou) CLEQUIN R. -  COLIN J. -  COLLIN L. -  CONAN J. -  COQUARD A. -  CORGNOU J. -  COROLLEUR A. -  CORON J. -  CORRION R. -  COURCY H. -  DEBOOS M. -  DEBRET M. -  DESPIERRES A. -  DOUARINOU P. -  DUBOURG A. -  DUPUY L. -  DUREL L. -  ELY M. -  ETCHEVERRY P. -  FALCHUN A. -  FILLIOL H. -  FOLLIE J. -  FORTOUL L. -  FROT M. -  FRUIT J. -  GAILLON F. -  GALLON M. -  GENEVELLE A. -  GILLARD P. -  GODESSART P. -  GOSSE P. -  GOUDIER G. -  GOURGUEN F. -  GRAEF R. -  GRANGE R. -  GUEGUEN G. -  GUEGUEN L. -  GUICHAUX B. -  GUIHOT J. -  GUILLAUME R. -  GUINGAMP P. -  GUIVARCH J. -  GUY E. -  HAMEL R. -  HAMON F. -  HENNEQUIN M. -  HERY R. -  HEUDE A. -  HEUZE J. -  HUON Y. -  INNOCENZI P. -  JEZEQUEL R. -  JÉZÉQUEL -  KERDRANVAT J. -  KERGOAT J. -  KERJEAN L. -  KERLOCH F. -  KOENIG J. -  L'HERMITTE J. -  LABBE A. -  LARGERON C. -  LARNICOL P. -  LASSABLIERE P. -  LAURENT A. -  LAURENT G. -  LE BIHAN Y. -  LE BORGNE Y. -  LE CAR M. -  LE FRANC J. -  LE GALL J. -  LE GOALLEC L. -  LE GUERN H. -  LE GUILLOU J. -  LE LANDAIS J. -  LE MOIGNE F. -  LEBEGUE M. -  LEBORGNE Y. -  LEGRAND J. -  LELIEVRE C. -  LEMAIRE R. -  LENAN L. -  LUCAS C. -  MARECHAL G. -  MARLIN G. -  MARTIN G. -  MAS M. -  MASURE R. -  MATHIEU A. -  MELINAT R. -  MONNIER G. -  N'GOMA A. -  NICOLAY A. -  ONFROY E. -  PELERIN G. -  PETROCHILO S. -  PHILIPPE A. -  PIAT A. -  PINEAU R. -  POSTEL L. -  POUPON A. -  QUEROUE H. -  RABANEL Y. -  RAOUL J. -  REVEL E. -  ROUSSEAU E. -  ROUSSEL A. -  SALAUN P. -  SEARLS G. -  SELLES A. -  SIMON-DUBUISSON H. -  SLANEY R. -  SONNEVILLE (alias) EQUILATERAL (alias) MONTROSE P. -  TAHORE H. -  TOUSSAINT H. -  TRIBOUT R. -  VALENTIN K. -  VASSEL G. -  VENANT P. -  VIBERT P. -  VIEILLE-RIBIERE J.

Embarquement pour l'année 1937

Avril : TURIN J.

Embarquement pour l'année 1940

BECHLER A. -  BECKLER A.
Juillet : BATAILLIE J. -  VIBERT P.
Août : SONNEVILLE P.
Septembre : CLAUDE R.

Embarquement pour l'année 1941

Février : VIBERT P.
Mai : VIBERT P.
Octobre : CHAPALAIN H.

Embarquement pour l'année 1942

Août : CONAN J.
Novembre : SIMON-DUBUISSON H.

Embarquement pour l'année 1943

Octobre : CHARLES F.

Groupement auquel cette unité a été intégrée...

1ÈRE DIVISION DE SOUS-MARINS

Journal de bord...

Dates Evènements
     Numéro de coque : Q185
Intégré au groupement : 1ÈRE DIVISION DE SOUS-MARINS
01/01/1931Contingent 1930 - Mis en chantier
17/06     Mis sur cale
01/04/1934Armement pour essais
23/10     Lancement
13/09/1935Présentation en recettes
31/12     Début d'activité
Armateur : Marine nationale (FRANCE)
Entrée en armement définitif
10/06/1936Clôture d'armement
03/07/1940JUNON (Remorquée à Plymouth par le MINERVE puis saisi par la Royal Navy)
ORION (Saisi par la Royal Navy à Portsmouth - Utilisé comme pièces de rechange pour les sous-marins JUNON et MINERVE)
01/08     01/10 1942Pierre SONNEVILLE (Commandant)
15/11/194215/03 1944Henri SIMON-DUBUISSON (Commandant)
10/10/1943Gravement endommagé par erreur par un Liberator néo-zélandais au sud de Plymouth - Parvient à rentrer au port - Irréparable, est placé en réserve spéciale
30/06/1944DORIS (Transféré aux FNFL, armé par l'équipage de MINERVE, il fait ses essais et son entraînement dans le bassin de la Clyde)
17/09/1945Fin d'activité (Coulé, fortune de mer)
Coulé accidentellement près de Portland pendant le remorquage de retour Angleterre-France - Ne sera pas renfloué



Photographie, numérisation, etc.

© 2006-2016 ALAMER



Caractéristique(s)...

 Déplacement : 597 tW - 662 tonnes en surface - 856 tonnes en plongée
 Dimensions : Longueur : 68,10 m Largeur : 5,62 m Tirant d’eau : 4,03 m
 Propulsion : 2 moteurs diesel Vickers - 2 moteurs électriques
 Puissance : Diesels : 1 800 cv Electriques : 1 230 cv
 Vitesse (en noeud) : 14 nœuds en surface - 9 nœuds en plongée
 Combustible : 60 tonnes
 Autonomie (en jour) : 2 000 nautiques à 10 nœuds en surface - 85 nautiques à 5 nœuds en plongée
 Effectif : 3 officiers - 8 officiers mariniers - 31 quartiers-maîtres et matelots


Armement(s)...

Artillerie principale
    1 canon de 75mm/35 Mod 28 et 150 coups
Artillerie antiaérienne
    2 mitrailleuses de 13,2 mm (2 canons simples)
Tube lance-torpilles
    6 TLT de 550mm (4 avants et 2 arrières) avec 12 torpilles 3 TLT de 400mm

(N°18164)

François A'WENG, Marin, Français Libre et haut-fonctionnaire de la Ve République

Auteur François-Louis a'Weng le 12 juillet 2016

Officier Français Libre à vingt ans


Né à Cannes (Alpes-Maritimes) le 20 avril 1920 était fils de Jean a'Weng, d'une famille d'origine bâloise zwinglienne (à Wengen), banquier et planteur au Sénégal puis au Cameroun et d'Anne de Buyer-Mimeure, d'une famille de maîtres de forges comtois.

Elève en classe de préparation à l'ÉCOLE NAVALE transférée en raison des hostilités à Saint-Jean d'Angély, il quitte, au fort de la Débâcle, en compagnie de son condisciple de Flotte, Paul Leremboure, Saint-Jean-de-Luz le 22 juin 1940 sur le paquebot BATORY (ou BATORIK[1]) qui touche Plymouth le lendemain[2].

Il rallie la France Libre à Londres le 1er juillet 1940. Il est dirigé sur Aldershot où il suit un cours de préparation militaire. Fin août, il est muté à la marine et embarqué sur le cuirassé COURBET. Il suit le 2e cours d'élève officier organisé en août 1940[3], en sort aspirant et embarque sur les sous-marins JUNON (fin 1940) puis MINERVE (1940-1942), effectuant patrouilles et missions sur les côtes de Norvège jusqu'au 15 décembre 1942 (quatre engagements contre l'ennemi). Il est promu enseigne de vaisseau de 2e classe le 15 avril 1942 et de 1ère classe le 15 avril 1943.

Il embarque ensuite sur le CURIE de décembre 1942 a novembre 1945 et participe à toutes ses missions en Méditerranée (onze engagements contre l'ennemi).

Décorations


Croix de guerre avec une citation à l'ordre de l'armée de mer en date du 20 février 1945[4], ainsi que trois citations à l'ordre du corps d'armée respectivement en date des 5 juin 1944[5], 23 février 1945[6] et 18 octobre 1945[7]. Chevalier de la Légion d'honneur le 21 mars 1946[8] au titre du Tableau Spécial de la Guerre 1939-1945, il est promu officier le 11 décembre 1957[9]. Cette nomination a été prise sur le rapport du Ministre de la Marine Marchande et en qualité de Conseiller Référendaire à la Cour des Comptes, Conseiller Technique au Cabinet du sous-secrétaire d'État à la Marine Marchande. Il est aussi chevalier de l'Étoile noire du Bénin, commandeur du Nichan-Iftikhar et titulaire de la Médaille militaire de 1ère classe de Tchécoslovaquie (le 8 mars 1946)[10].

Lors du défilé de juin 1945, c'est lui qui présente au public parisien, en naviguant sur la Seine, le sous-marin de poche n°90, pris aux Allemands, ce qui lui vaut des félicitations du ministre de la Marine le 17 juillet 1945[11] et un témoignage de satisfaction du préfet maritime le 14 août 1945[12].

Ingénieur de l'ÉCOLE NAVALE, après la fin des hostilités en Europe, il est attaché au cabinet du général Charles DE GAULLE, président du gouvernement provisoire, puis, du 1er décembre 1945 au 2 septembre 1946, à celui d'Edmond Michelet, ministre des armées.

Promu lieutenant de vaisseau le 22 décembre 1946 et prévu pour prendre le commandement du chaland de débarquement LST 508 en armement aux États-Unis, il est mis en route sur Norfolk le 14 février 1947, mais rappelé à la direction du personnel militaire à Paris le 15 juillet. Le 9 août 1947, il reçoit les remerciements du Ministre de la Marine[13].

Un énarque issu des rangs combattants


Candidat au deuxième concours spécial de l'École nationale d'administration, crée l'année précédente, où il est seulement admissible, il réussit le troisième concours spécial (14 octobre 1946) qu'il présente au titre de la section des affaires extérieures. Il est affecté à la section d'administration sociale. Élève (promotion Jean Moulin) du 1er janvier 1948 au 1er janvier 1950, il est doyen et délégué de sa promotion. Sorti 3e, il entre à la Cour des comptes en qualité d'auditeur et démissionne de la marine à la même date.

François A'WENG est rapporteur près le Comité central du contrôle des organismes subventionnés en 1950, rapporteur au Comité central d'enquête sur le coût et le rendement des services publics en 1951, conseiller référendaire en 1953, vice-président de la Commission consultative centrale des marchés de la marine marchande en 1958.

Au moment du retour du général Charles DE GAULLE, il devient en janvier 1959 directeur du cabinet de Roger Frey, ministre de l'information, et il reste à ce dernier poste jusqu'en août 1960, date à laquelle il est nommé président d'une société filiale d'Havas : Information et Publicité.

Officier de réserve, il est capitaine de corvette en 1960.

Famille


Il épouse en 1961 Béatrice de CHAMBURE, championne de France de tennis dès 1951, fille de Geneviève THIBAULT, musicologue.

Un ami des arts


Collectionneur de dessins anciens, lui-même dessinateur exercé, François A'WENG s'insère dans le renouveau des conservations des monuments anciens de l'époque d'André Malraux : Il rachète l'improbable château de Ballon et sauve de la démolition l'hôtel de Guénégaud, dans le quartier du Marais, qui deviendra le Musée de la chasse et de la nature.

Une fin prématurée


Promis à une brillante carrière à l'aube d'une Ve République alors sûre d'elle-même, François A'WENG meurt à Chartres (Eure-et-Loir) le 22 juillet 1961, victime d'un accident de voiture laquelle, précipitée contre un platane par son chauffeur Pierre Coirin, transportait également sa jeune épouse, enceinte de François-Louis.

Un service religieux a lieu le vendredi 28 juillet à midi en l'église Saint-Louis-en-l'Isle, paroisse dont dépend son nouveau domicile parisien. La presse du moment nous raconte : « Parmi les très nombreuses personnalités qui avaient tenu à assister à cet office, on remarquait la présence de M. Louis Terrenoire, ministre de l'information ; Louis Racine, directeur du cabinet de M. Michel Debré ; Yvon Bourges, directeur du cabinet de M. Roger Frey, représentant le ministre de l'Intérieur ; M. André Holleaux, directeur du cabinet de M. Edmond Michelet, Garde des Sceaux ; M. Maurice Papon, préfet de police ; l'amiral Georges CABANIER, chef d'État-major de la Marine ; l'amiral Paul ORTOLI, inspecteur général des Forces navales ; M. Olivier Guichard, directeur général de l'O.C.R.S ; M. Raymond Janot, directeur général de la R.T.F ; M. Henri Bourdeau de Fontenay, directeur de l'Ecole Nationale d'Administration ; M. Jean Ehrhard, directeur général de l'agence Havas ; une délégation de conseillers à la Cour des Comptes ; M. Pierre Lazareff, directeur général de France-Soir et M. Jean Marin, président-directeur général de l'Agence France-Presse. Tous les membres du Conseil d'Administration d'Information et Publicité, ainsi que les collaborateurs du défunt, étaient également présents à ce service. ».

_PAROLE_(…) Son intelligence, sa distinction, son humour, sa culture artistique, lui valurent immédiatement de nombreuses sympathies, puis de solides amitiés.(…) (allocution prononcée à l'audience solennelle tenue à la Cour des comptes le 26 septembre 1961)

Sources


- Cahiers pour une histoire de l'Éna N°4. Promotion Jean Moulin. Février 1948-décembre 1949. La Documentation française, 2011, p. 120, 140 et 141.
- CHALINE (E.), Historique des Forces navales françaises libres, 1994, t. I, p. 226, 299, t. II, p. 320, 321, t. III, p. 27.
- CORDIER (Daniel), Alias Caracalla, Gallimard, 2009, p. 100.
- GILLIOT (Henri), Bulletin du Cercle Généalogique d'Alsace, 1971-2, n°14. Généalogie de la famille AWENG, p. 31-34.
- GLOAGUEN (Jean-Louis), Le sous-marin Curie, Saint-Thonan, vers 1990.
- Livre d'Or de l'Amicale action, Paris, 1953.
- HUAN (Claude), Les Sous-marins français 1918-1945, Marines Edition, Bourg-en-Bresse, vers 1980-1990, p. 170.
- MORIZET (Jacques), Histoire de la promotion Jean-Moulin, in Cahiers pour une histoire de l'Éna N°4. Promotion Jean Moulin. Février 1948-décembre 1949. La Documentation française, 2011, p. 15.
- PASQUELOT (Maurice), Les Sous-marins de la France Libre, Presses de la Cité, Paris, 1981.
- SELLIER (André), De Dora… à la rue des Saints-Pères, in Cahiers pour une histoire de l'Éna N°4. Promotion Jean Moulin. Février 1948-décembre 1949. La Documentation française, 2011, p. 119.
- SONNEVILLE (Pierre), Les Combattants de la liberté Ils n'étaient pas dix mille, La Table ronde, Paris, 1968, p. 53, 100, 117, 127, 130, 192, 236, 239, 248, 250, 255, 261, 280, 309 et 310.
- WINGATE (John), The Fighting tenth The Tenth submarine flotilla and the siege of Malta, Leo Cooper, London, 1991.

Références


[1] Daniel Cordier, dans son autobiographie intitulée Alias Caracalla (Gallimard, 2009), parle plutôt du Batorik, sur lequel embarque aussi Raymond Aron, le célèbre philosophe qui deviendra, à Londres, le comptable de la compagnie des chars gaullistes.

[2] Le même Daniel Cordier évoque le départ de son camarade de classe Alain Rödel qui quitte Saint-Jean-de-Luz le même jour, embarquant sur l'ETTARIK, autre navire polonais qui débarque deux jours plus tard à Plymouth également.

[3] Il appartient à la promotion 1940 de l'ÉCOLE NAVALE (Grande-Bretagne) dont le commissaire est Leroux, avec notamment Jean BUTTIGIEG, Paul LEREMBOURE, Henry DE ROTALIER, François SCHLOESING.

[4] Par décision n°411 en date du 20 février 1945, le Gal Charles DE GAULLE, chef des armées, cite à l'ordre de l'Armée de Mer l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG : « Officier d'élite, a été magnifique d'ardeur combative, de sang-froid et de courage, sous le feu de l'ennemi, comme officier de manœuvre du sous-marin CURIE lors de l'attaque en surface d'un convoi escorté, le 2 octobre 1944, au cours de laquelle deux cargos chargés de troupes allemandes ont été coulés. » Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec palme de bronze. (J. O. du 14 avril 1945).

[5] Par décision n°564 E.M.G.3 en date du 5 juin 1944, le contre-Amiral, chef d'État-Major Général de la Marine, commandant les Forces Maritimes et Aéronavales, cite à l'ordre du Corps d'Armée l'Enseigne de vaisseau François A'WENG, du sous-marin CURIE : « Jeune officier ardent et courageux ; au cours de 22 patrouilles de guerre effectuées sur différents sous-marins et notamment lors d'un violent grenadage a contribué par son ascendant personnel à maintenir très haut le moral de ses hommes et à assurer le succès des bâtiments sur lesquels il était embarqué ».

[6] Par ordre n°147 E.M.G.3 en date du 23 février 1945, l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG du S. M. CURIE a été cité à l'ordre du Corps d'Armée : « Officier de manœuvre et adjudant de lancement, magnifique entraîneur d'hommes, a fait preuve de beaucoup de courage et de sang-froid, au cours de douze patrouilles de guerre, notamment lors du torpillage d'un cargo fortement escorté le 3 août 1944, étant l'un des principaux artisans des succès de son bâtiment. » Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec étoile de vermeil.

[7] Par décision n°962 E.M.G.O./REC. En date du 18 octobre 1945, le vice-Amiral, chef d'État-Major Général de la Marine, commandant les Forces Maritimes et Aéronavales, cite à l'ordre du Corps d'Armée l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG : « A fait preuve de courage et d'endurance au cours de la guerre 1939-1945 en effectuant dans des circonstances souvent périlleuses 48 mois de navigation en opérations. » Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec étoile de vermeil.

[8] Par décret en date du 21 mars 1946, est nommé chevalier de la Légion d'honneur (au titre du Tableau Spécial de la Guerre 39-45) : L'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG. « Embarqué sur le sous marin MINERVE, participe aux patrouilles et à la protection des convois de Russie. Puis sur le sous marin CURIE, patrouille en Mer du Nord, puis en Méditerranée. Participe aux opérations sur les côtes d'Italie et de France, à la destruction de batterie et au torpillage de deux transports de troupe. » Cette nomination ne comporte pas l'attribution de la croix de guerre.

[9] Par décret du 11 décembre 1957, pris sur le rapport du Ministre de la Marine Marchande, inséré au Journal Officiel du 14 décembre 1957, en qualité de « conseiller Référendaire à la Cour des Comptes, Conseiller Technique au Cabinet du sous-secrétaire d'état à la Marine Marchande ».

[10] Par décision n°74, en date du 8 mars 1946, le président du GPRF donne son accord à l'attribution des décorations tchécoslovaques suivantes : Médaille militaire pour le mérite 1ère classe. Enseigne de vaisseau François A'WENG, officier d'ordonnance de l'Amiral Paul ORTOLI.

[11] Par ordre n°136 M/CM en date du 17 juillet 1945, le Ministre de la Marine adresse ses félicitations à l'Enseigne de vaisseau François A'WENG pour le zèle et la compétence dont il a fait preuve dans la mise au point et la manœuvre d'un sous-marin de poche allemand.

[12] Par ordre en date du 14 août 1945, le contre-Amiral Gaston GRAZIANI, préfet maritime de la 1ère Région Maritime, témoigne sa satisfaction à l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe François A'WENG « pour l'activité, la compétence et le cran qu'il a montrés dans la récupération et la remise en état de sous-marins de poche ex-allemands à Dunkerque. »

[13] Par décision n°2629 P.M.l en date du 9 août 1947 le Ministre de la Marine accorde des remerciements aux États-Majors et Equipages des L.S.T. 508.177 et 223 pour l'enthousiasme, l'activité et la bonne humeur dont ils ont fait preuve au cours de la mise en état des L.S.T. 508.177 et 223 dans des conditions particulièrement difficiles apportant à la Marine trois bâtiments en parfait état, et contribuant à rehausser encore le prestige de la marine française à l'étranger. Dossier et calepin : L.V. Jacques MAZIERES - L.V. François A'WENG


(N°329)

« Les combats et l'honneur des Forces navales française : La sortie de Cherbourg le 18 Juin 1940 » (aux éditions le cherche midi)

Auteur Étienne SCHLUMBERGER le 11 novembre 2006

Mais inquiet, lorsque les allemands franchissent la Somme, je pense prioritaire que « mes » sous-marins alors en cale sèche pour l'entretien de la coque et des hélices soient au moins en état de flotter si jamais un malheur arrivait. Les tôliers sont donc réaffectés à la remise en état de la coque et des ballasts ; la modification des supports de batteries est suspendue.

Les ballasts entourent la coque épaisse d'une coque en tôle légère extérieure ; s'ils étaient isolés de la mer, ils ne résisteraient pas à la pression en plongée, Ils sont donc mis en communication avec la mer par des ouvertures obturables, en bas. Pour plonger les purges ouvertes permettent d'évacuer l'air; les ballasts se remplissent et l'équilibre des pressions se fait en plongée. Pour revenir en surface l'eau est chassée par l'envoi d'air comprimé.

Ayant décidé d'abandonner l'accorage, voilà les tôliers affectés aux ballasts dont il faut piquer et peindre l'intérieur pour les protéger de la corrosion. Dans l'inconscience du danger qui se rapproche, un ordre m'est donné de reprendre la modification de l'accorage des batteries.

Les allemands franchissent la Seine Je n'entends pas les ordres et je remets mon équipe sur les ballasts. Nouveau rappel à l'ordre. Écœuré par une telle absurdité, je persiste et demande ma mutation dans une unité combattante : l'entrée des allemands à Cherbourg m'a évité de nouvelles réprimandes et d'éventuelles sanctions. Mais les quatre sous-marins peuvent flotter.

Jusque-là, tout avait été calme, Seuls, presque tous les soirs, des avions, dit-on italiens, viennent jeter quelques bombes. Quand ils n'apparaissent pas avec une bande de copains, dont font partie Marie DETROYAT, Hubert AMYOT D'INVILLE, Jean LEVASSEUR, Élie-France TOUCHALEAUME, Jean DES MOUTIS, officiers de réserve (tous passés à la France Libre et devenus Compagnons de la Libération), nous parcourons les rues de Cherbourg en faisant des bruits de sirène pour affoler les populations et simuler l'arrivée des avions italiens. Nous étions encore bien jeunes ; c'était notre dernière facétie d'étudiants. La plaisanterie était douteuse. Les allemands approchent.

Je garde de ce début de juin 1940 des souvenirs contrastés, parfois dramatiques.

Un ingénieur de la direction des travaux de l'artillerie navale était parti vers la Basse Seine avec un canon pour en renforcer la défense. Nous le voyons revenir à Cherbourg avec son matériel : l'avant-garde allemande qu'il avait rencontrée sur la route lui avait dit de faire demi-tour et qu'elle le rejoindrait bientôt. Mais l'arsenal poursuit sa routine de temps de paix : installer le téléphone automatique qui fonctionnera le jour de l'arrivée des allemands.

De plus en plus inquiet, j'inspecte « mes » bateaux pour pousser les travaux. Dans un bassin j'entends le bruit sympathique des marteaux à piquer. Passant la tête par un orifice de remplissage pour m'assurer de la progression du travail, je vois les ouvriers jouant à la belote et bruitant avec un marteau fixé à leur pied. On a risqué une grève quand la sanction est tombée : l'affectation spéciale de ces ouvriers d'arsenal est levée et ils sont mobilisés comme de simples citoyens. Pendant quelques jours, nous recevons des exemplaires de « l'Humanité » imprimés à Paris sous l'Occupation Allemande.

Le désastre se rapproche. Cherbourg est sans défense, les allemands sont tout près. MONNERET, Ingénieur du Génie Maritime de réserve va bien mettre un canon de 75 en batterie sur la route avec quelques amis ; mais bien sûr, cela ne suffit pas pour les arrêter.

Les allemands sont à la porte. Les nuages noirs des incendies d'hydrocarbures du Havre remplissent le ciel mais nos sous-marins peuvent flotter et sortir des bassins.

Après l'évacuation de Dunkerque et devant l'avance rapide des allemands les anglais évacuent la région de Cherbourg et rapatrient toutes leurs troupes en abandonnant leurs matériels. Sur les quais du port de commerce, leurs éléments motorisés et leurs approvisionnements laissés sans surveillance font la joie des récupérateurs.

Le 17, la voix brisée et tremblante du maréchal PÉTAIN annonce l'acceptation de la défaite. Mais l'armistice n'est pas encore signé, il est temps d'agir dans l'urgence, L'amirauté donne l'ordre à tous les bateaux de partir pour l'Angleterre.

Débâcle


De cette vie antérieure au 19 juin 1940, je garde le souvenir d'un grand délabrement opérationnel et moral de la France, à tous les niveaux de la société ; quelques exceptions sont d'autant plus remarquables.

Certes, on pouvait reprocher aux ouvriers des chantiers navals leur laxisme devant les tâches essentielles et urgentes à accomplir ainsi que leurs lectures douteuses. Mais la hiérarchie qui les encadrait et leur attribuait des priorités contestables dans leur travail, était bien plus responsable et coupable d'inertie et d'inconscience devant le danger immédiat de l'occupation par l'armée ennemie. Dans son ensemble, la France n'avait pas cru à la guerre et à son imminence, malgré ses beaux discours :

« Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts. »

« La route du fer est et restera coupée. » (route du fer de Suède vers l'Allemagne par Narvik)

« Jamais nous ne laisserons la cathédrale de Strasbourg sous le feu des canons allemands. »

Dans ce contexte, j'ai quitté mon indiscipline de potache pour adopter une désobéissance réfléchie aux ordres inadéquats à mon éthique devant la menace environnante et l'imminence du drame.

Je mets quelques affaires dans ma vieille 4 CV Trèfle Citroën et file à l'arsenal où l'agitation gagne.

Certains bateaux légers en attente d'armes anti-aériennes n'ont pas encore reçu leur dotation. Le magasinier de l'artillerie navale du Homet, qui détient ces armes, refuse de les délivrer faute de bon de sortie. Comme chacun sait, « le règlement c'est le règlement ». Mais il est très content de céder sous une aimable et ferme menace. Je fais le tour des bureaux pour détruire les plans et les dossiers qui pourraient servir aux allemands mais laisse quelques documents dans certains tiroirs et de belles dames couchées sur papier glacé en tenue légère.

Le 18, dans la nuit, les bassins du Homet sont mis en eau et « mes » sous-marins, qui l'eût cru, flottent. Sur le quai s'amoncellent de lourdes pièces en cours de remontage pour les moteurs diesel Les grues sont bien là, mais sans grutiers. J'espérais pouvoir manœuvrer sans aide ces engins pour embarquer les pièces sur le pont des sous-marins mais devant l'impossibilité, il me faut renoncer.

En fin de matinée, sur ordre de la direction du port, les remorqueurs viennent tirer vers le large les sous-marins avec leurs équipages, puis les artificiers mettent en place les explosifs de destruction des portes de bassin.

« Mes » sous-marins sont partis et arriveront en Angleterre sains et saufs Toutes sortes de bateaux se dirigent vers les passes de sortie. Il règne une énorme pagaille, chacun agit à sa guise. Au grand désespoir d'une petite foule assemblée sur le quai de la Direction des Constructions Navales, ces bateaux se hâtent vers la sortie, vers l'Angleterre sans s'arrêter. Des bruits inquiétants viennent de terre. Il faut faire vite, les allemands approchent.

Le 19 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans la ville de Cherbourg qui s'est rendue à dix-sept heures, puis dans l'Arsenal.

Depuis la veille, tous les bateaux en état de naviguer partent vers l'Angleterre. Les candidats au départ se massent sur le quai. Devant une porte de bassin minée et prête à sauter se trouve une grande et belle vedette de la DCAN mais elle est difficile à manœuvrer Elle est normalement année par deux hommes, un patron et un mécanicien. Je tente de la manœuvrer seul. Le moteur démarre : je largue les amarres, mets en arrière toute, bondis à la barre et m'éloigne juste avant que la porte ne saute.

D'autres ont donné de Cherbourg à ce moment une description apocalyptique faite d'explosions de bombes, d'incendies gigantesques et d'enfer de feu. Oui, les dépôts du Havre brûlaient très loin, dégageant d'énormes fumées; non ce n'était pas la fin du monde mais la fuite éperdue et un spectacle de désolation.

Je fais le taxi entre le quai DCAN et les bateaux en route vers l'Angleterre. J'embarque ceux qui veulent partir, peut-être une trentaine de personnes : cinq ou six à chaque fournée et les débarque en route sur les petits bâtiments : chasseurs, patrouilleurs, chalutiers armés. Mais est-ce fuir que de quitter son pays envahi par l'ennemi ?

Un enseigne de vaisseau arguant de sa prééminence sur un ingénieur du Génie Maritime, me donne l'ordre de le conduire vers un autre point de l'arsenal. Je l'envoie promener.

Cependant, les premiers allemands se manifestent par des tirs sur l'Arsenal et quelques explosions. Le quai se vide. Quand je ne vois plus personne, je mets le feu à ma vieille Trèfle Citroën et seul en milieu de journée, conduis « ma » vedette vers la passe de sortie du Homet. Au loin, en mer, on aperçoit les derniers bateaux qui filent vers l'Angleterre. Quelques tirs ennemis continuent, mais ils ne sont pas méchants.

Dans l'après-midi, ma vedette et moi rattrapons l'un des sous-marins dont j'avais la responsabilité, Comme les trois autres, il est tiré par un remorqueur qui nous prend aussi en charge ; car j'ignore quelles sont mes réserves en carburant. Mer d'huile.

Je suis fier de moi ; si je n'avais pas enfreint les ordres, les supports de batteries des quatre sous-marins auraient été modifiés, mais ceux-ci auraient été incapables de prendre le large. Je ne puis pas imaginer alors que ce départ n'est que les prémices d'une éprouvante et passionnante histoire d'amour avec l'un d'eux :

« ma JUNON ».

L'arrivée en Angleterre a lieu dans la nuit puis le lendemain matin, à Portsmouth pour l'ORION, l'ONDINE et ma vedette ; la MINERVE et la JUNON vont à Plymouth. C'est le débarquement dans un autre monde.