Communiqué officiel relatif à la disparition du PHÉNIX

Auteur Gouvernement de la Cochinchine le 17 juin 1939 Le 15 juin au matin, les sous-marins PHÉNIX et L'ESPOIR prenaient part à des exercices devant Cam-Ranh. en collaboration avec le LAMOTTE-PICQUET et l'aviation. Le PHÉNIX, ayant plongé, n'a pas reparu. Les recherches faites immédiatement avec le concours de l'aviation sont restées vaines. Le fond, à cet endroit, étant de plus de cent mètres ; après plus de 24 heures de recherches infructueuses, la perte du PHÉNIX et de son équipage peut être considérée comme certaine. Le sous-marin PHÉNIX était commandé par le capitaine de corvette ; le lieutenant de vaisseau faisait office d'officier en second ; l'équipage était, en outre, ; composé de trois officiers, soixante-six officiers-mariniers, quartiers-maîtres et marins. La liste nominative des membres de l'équipage a été communiquée à Paris. La cause de cette catastrophe reste encore inconnue et une commission d'enquête s'attache à la découvrir. Les recherches continuent activement et tous les moyens dont dispose la Marine en IndoChine sont employés. Au nom du Gouvernement, M. DALADIER, président du Conseil, a fait la déclaration suivante : _PAROLE_La Marine nationale est en deuil. Le sous-marin PHÉNIX a disparu en plongée, au large des côtes d'Annam. Officiers, officiers-mariniers, quartiers-maîtres et marins, magnifiquement solidaires les uns des autres, unis jusqu'à la mort dans l'accomplissement de leur devoir, ont donné leur vie à la Patrie. Ils assuraient, sur des mers lointaines, la garde sacrée aux frontières de notre Empire colonial. Ils étaient les sentinelles de la paix et de la France. Ils sont morts au service de ce double idéal avec la simplicité des héros. La nation tout entière communie aujourd'hui dans une même pensée. Elle pleure ses morts. Elle s'associe pieusement au deuil des familles des soixante et onze braves du PHÉNIX, mais elle retrouve dans leur sacrifice l'exemple des vertus qui ont fait la France._