Extrait d'une note

Auteur VIDEAU (Commandant le MÉCANICIEN PRINCIPAL CARVIN) le 18 novembre 1947 Le 21 juin 1940, le MÉCANICIEN PRINCIPAL CARVIN était au mouillage au large de l'entrée de la grande passe de la Gironde, en attente des ordres. Réquisitionné par le commandant de la Marine à Saint-Nazaire, j'avais embarqué dans ce port, un important matériel du cuirassé JEAN BART, comprenant notamment des pièces de 380 mm. Des instructions verbales m'enjoignent de suivre le cuirassé, dont le départ était imminent mais, par suite du temps brumeux et de la vitesse insuffisante, je ne pus exécuter ces ordres. Ne recevant aucun ordre, et devant la menace constante d'avions ennemis survolant l'estuaire du fleuve, je décide, vers 13H30 d'appareiller. Alors que les dernières dispositions d'appareillage sont en cours, vers 14 heures, un groupe d'avions est signalé. A 14H05, un bimoteur allemand lance deux grosses bombes dont la première tombe sur l'arrière de la cale numéro 3 et la seconde explose en plein roof et le panneau machine, broyant un cylindre, avariant les chaudières et les tuyautages de vapeur. A son deuxième passage il mitraille le navire sur toute sa longueur, visant les servants des armes défensives. Le premier lieutenant Raymond CHEVRIER et le matelot canonnier FRIANT sont horriblement brûlés par l'explosion de la première bombe. Le chef mécanicien PRIGENT, le 4e mécanicien THOMAS et le chauffeur Saïd FADHEL sont très gravement blessés par l'explosion de le 2e bombe alors que le 2e mécanicien LALEOUSE, le 3e mécanicien BOUCHERON, les chauffeurs Mohamed NOTOUF, Laurent GONIN et Ouahed ABDEL sont moins gravement blessés. Le chauffeur Saïd FADHEL décède presque aussitôt; le chef mécanicien PRIGENT, le lieutenant Raymond CHEVRIER, le 4e mécanicien THOMAS ne survivront que peu de jours à l'hôpital de Royan, où les blessés avaient été transportés par le patrouilleur GALOPIN.