La Tragédie de Berlaimont : Le Pont d'ORIGNY-SAINTE-BENOÎTE

Auteur Lucien MORAREAU de l'ARDHAN le 09 novembre 2006 Le lendemain (NDLR le 20 mai 1940) et un premier temps d'abattement passé, les mécaniciens se mettent au travail pour remettre en état de vol le maximum d'appareils possible. Mais les dégâts importants, additionnés au fait que la quasi totalité des rechanges a été laissée à QUERQUEVILLE, ne facilite pas le travail. En fait, seules trois machines sont prêtes à reprendre l'air : les deux 411 de la section DE RODELLEC DU PORZIC de l'AB4 et le seul 401 de l'AB2 qui, la veille, a du faire demi-tour à la suite d'un un ennui mécanique. A 16H00, NOMY reçoit l'ordre de faire décoller tout ce qui est disponible, pour aller attaquer conjointement avec les Chance Vought de Guillaume BONNET, le pont d'ORIGNY-SAINTE-BENOÎTE sur l'OISE. Le point de rendez vous est le terrain de BERCK, les pilotes devront décoller lorsque les Vought arriveront à sa verticale. Les armuriers se mettent immédiatement à l'ouvrage sur les trois Loire en état, mais malgré leur célérité, les appareils ne sont pas prêts lors qu’arrive Guillaume BONNET. L'escadrille du LV MESNY fait deux ou trois tours de terrain, puis met le cap à l'ouest et part vers son destin. Ce n'est finalement que plus de 10 minutes après le départ des Vought que DE RODELLEC DU PORZIC (AB4) flanqués des seconds maîtres ELIOT (AB4) et HAUTIN (AB2) peut décoller. Compte tenu des performances plus modestes des Loire, il est illusoire de tenter de rattraper Guillaume BONNET et sagement le chef de la petite formation ne s'y essaie pas. Après une demi heure de vol sans histoire, l'objectif est en vue. Mais il est bien gardé et les alentours du pont sont truffés de pièces de flak légère qui se déchaînent dés que les appareils de la Marine sont en vue. DE RODELLEC DU PORZIC fait mettre ses deux ailiers en échelon refusé puis bascule son avion dans un piqué à 45°. Suivi de ses deux équipiers, il plonge sur le pont, largue sa bombe et entame une ressource serrée. D'un bref coup d’œil par dessus son épaule, il a vu une colonne de flammes et de fumée s'élever le long du tablier, quelqu'un a donc fait mouche. Lorsqu'il se rétablit hors de portée des armes allemandes, il constate que seul l'appareil de ELIOT l'a rejoint. Celui de HAUTIN ne reparaît pas, victime du piège mortel tendu par les canons de 20 millimètres à tir rapide.