« Des oeufs » (extrait "Libération de Paris")

Auteur Serge VEZ le 16 septembre 2007 Nous retrouvons le 3ème escadron du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM regroupé dans le même périmètre, faisant les pleins, réparant, « se retapant », dans l'attente de l'étape suivante. Il est question de Paris qui n'est pas dans les plans américains dans le moment. Les généraux Charles DE GAULLE et LECLERC interviennent énergiquement pour libérer la ville. Le 22 Août au soir, ils obtiennent gain de cause, l'ordre de départ immédiat est adressé à toutes les unités. La joie est générale. La perspective de délivrer Paris est enthousiasmante pour tous, même pour ceux qui n'y sont jamais allés. Jacques rie à l'idée de la surprise qu'il fera à sa mère, son oncle, sa tante, ses deux cousines, ses amis dont la serveuse Lucie. Tout le monde sait maintenant que Paris est en insurrection, mais il s'avère indispensable que l'armée intervienne au plus vite pour soutenir le mouvement. Sur les routes, panneaux indicateurs et bornes donnent des indications décroissantes : SEES - MORTAGNE - LA LOUPE - MAINTENON - CHARTRES - RAMBOUILLET - LONGJUMEAU - ANTONY - SCEAUX. Une colonne doit pénétrer la capitale par le pont de Sèvres, une autre par la porte d'Orléans ; Jacques et son LE TERRIBLE sont dans cette dernière. Tout ce chemin s'est fait dans le délire de la population, avec des accrochages fréquents avec l'ennemi, des succès locaux, des pertes, mais le 24 au soir la tour Eiffel est en vue. Le 25 au matin, la porte d'Orléans est franchie, dans un enthousiasme indescriptible. Au cours d'un bref arrêt, Jacques demande à un badaud si le téléphone fonctionne ; ça marche paraît-il, et le charge de prévenir que « Jacques est là ». LE FANTASQUE - LE TERRIBLE - AUDACIEUX - LE MALIN et leur protection rapprochée arrivent à l'église de Montrouge, descendent l'avenue du Maine, contournent la gare Montparnasse, puis s'arrêtent dans la rue de Rennes. Tous les véhicules sont envahis. Seul dans sa petite jeep, le grand lieutenant Philippe DE GAULLE est un peu délaissé, jusqu'au moment de son identification ; il doit alors se réfugier dans un couloir pour ne pas être déshabillé. Jacques entre au Gaz de France, appelle INV.46.08. pour avoir sa maman. C'est Mr BONNEFOY, cafetier d'en face, qui lui répond que sa mère a été prévenue de son arrivée, elle s'est absentée un moment. Il indique que le LE TERRIBLE est en face de Damoy, rue de Rennes. Dans l'heure, maman Germaine arrive, juchée sur le cadre du vélo d'un jeune garçon parfaitement inconnu. Les retrouvailles sont touchantes, l'équipage est présenté. Elle a eu des nouvelles indirectes de Nicole, toujours dans ses études à Charleville. Grand-père et grand-mère FOREST iraient bien aussi, sans précisions. Régalade de conserves US pour tous les badauds, arrosées de vins fins Damoy fournis par des FFI. Le PC Opérations du général LECLERC a été installé dans la gare, ce qui vaut aux équipages RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM d'assister à l'arrivée du général allemand VON CHOLTITZ pour reddition. Le 26, le général Charles DE GAULLE descend les Champs-Elysées, à pied, dans la liesse populaire. Jacques permissionnaire le soir, dîne en famille, chez maman Germaine, avec la tante Madeleine, l'oncle Maurice, les cousines Jacqueline & Jeannine. Les allemands s'invitent au dessert, en bombardant le quartier de la Chapelle, venant du Bourget. Le lendemain, est consacré à l'attaque et à la libération de cet aéroport. Dans cette affaire, le LE TERRIBLE s'illustre en tirant 24 obus, détruisant un véhicule blindé, contenant une contre-attaque ennemie. Le 3ème escadron du RÉGIMENT BLINDÉ DE FUSILIERS MARINS (ou) RBFM s'installe à Dugny-le-Bourget pour une dizaine de jours. Il se noue beaucoup de relations, on en reparlera.